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Camille Piquée (univ. Rennes 2) juge "globalement décevants" les effets des différents dispositifs d’aide aux élèves en difficulté mais attend "raisonnablement des effets positifs des CP à 12" (Note du Conseil scientifique de la Fcpe)

2 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Les Notes du Conseil scientifique
N°16 - septembre 2019
La lutte contre l’échec scolaire : les limites des dispositifs
Céline Piquée, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Haute-Bretagne (Rennes II)

Résumé
Cette note traite de la manière dont le système éducatif tente de remédier aux difficultés d’apprentissage des élèves. De nombreux dispositifs et aides spécialisées ont vu le jour, avec des résultats, semble-t-il, globalement décevants. Sans compter l’observation d’un certain nombre d’effets pervers : stigmatisation des élèves inscrits dans un dispositif d’aide, empiètement sur le temps scolaire, externalisation de l’aide posant la question de la cohérence pédagogique avec ce qui est fait en classe.Les chercheurs, ces dernières années, ont tenté de progresser dans la connaissance de ce que pourraient être des aides efficaces, et il en ressort que les progrès des élèves en difficulté sont plus sensibles à l’aide qu’ils reçoivent en classe avec leur enseignant qu’à une aide plus externalisée

(...) Les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté et leurs effets
Depuis ces quatre dernières décennies, de nombreux dispositifs et aides spécialisées à l’attention des élèves en difficulté ont vu le jour. D’abord le redoublement, puis les Groupements d’aide psychopédagogique (désormais réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), l’éducation prioritaire, les politiques de scolarisation précoce (maternelle à deux ans), les aides personnalisées / individualisées (l’aide personnalisée aujourd’hui activités pédagogiques complémentaires pour les élèves de primaire, les programmes personnalisés de réussite éducative, l’accompagnement personnalisé pour les élèves de collège et de lycée... ), l’accompagnement à la scolarité (« devoirs faits » et accompagnement éducatif au collège, aide aux devoirs hors école, stages de réussite pendant les vacances), les orthophonistes, les CP à 12 élèves, les maîtres surnuméraires..., pour n’en citer que quelques-uns. Si l’ampleur des dispositifs témoigne d’une certaine manière d’une volonté d’action, l’ampleur de la fréquentation est quant à elle beaucoup plus délicate à estimer.

(...) Conclusion : de la possibilité d’en finir avec l’échec scolaire ?
Si l’on considère la lutte contre l’échec scolaire du seul point de vue des dispositifs mis en place aux côtés des pratiques ordinaires de classe, force est de constater que le bilan n’est pas satisfaisant. Mais envisager l’aide à travers les pratiques quotidiennes des enseignants et l’organisation de la classe permet de retrouver un peu d’optimisme. C’est sans doute dans la classe, au plus près des besoins des élèves, que cette lutte pour réduire les inégalités de réussite est la plus susceptible de produire des effets. Concernant les mesures actuelles, on peut alors raisonnablement attendre des effets positifs de la réduction de la taille des classes dans les CP de l’éducation prioritaire. L’opération « devoirs faits » appelle davantage de prudence si elle se juxtapose au travail en classe plus qu’elle ne permet de faire le lien entre les deux espaces.

Extrait de fcpe.asso.fr de septembre 2019

 

Echec scolaire : échec des dispositifs ?
"De nombreux dispositifs et aides spécialisées ont vu le jour, avec des résultats, semble-t-il, globalement décevants. Sans compter l’observation d’un certain nombre d’effets pervers : stigmatisation des élèves inscrits dans un dispositif d’aide, empiètement sur le temps scolaire, externalisation de l’aide posant la question de la cohérence pédagogique avec ce qui est fait en classe". Dans une Note réalisée pour la FCPE, Céline Piquée (université de haute Bretagne) dresse un bilan très global et négatif sur les dispositifs d’aide. Pour elle seule l’aide en classe peut être positive. Une conclusion qui conforte la réduction de la taille des classes.

(...) L’éducation prioritaire a fait l’objet des mêmes attaques régulières. Récemment c’est la Cour des comptes qui a publié un rapport remettant en question la labellisation éducation prioritaire. Les arguments de la Cour ont été contestés par l’OZP qui travaille à sa propre évaluation de l’éducation prioritaire. Le ministre devrait s’exprimer prochainement à ce sujet. Il semble qu’on s’oriente vers l’abandon du label Rep au bénéfice d’une politique plus territoriale que sociale.

(...) Pour autant, et C Piquée le dit, l’évaluation des dispositifs est absente et surtout difficile. Elle explique par exemple qu’un fort pourcentage des élèves cumulent différents types d’aide ce qui rend impossible l’identification des effets de chacune.

(...) Les résultats décevants des dédoublements

C’est probablement la politique de dédoublement qui a fait l’objet des plus sérieuses évaluations. Le paradoxe, par rapport à la Note Fcpe, c’est que les résultats établis sont très décevants. On peut toujours espérer qu’ils soient meilleurs. Mais on peut dire qu’ils sont très en dessous des promesses. D’ailleurs après avoir communiqué sur des résultats "excellents", le ministère a fait machine arrière. JM Blanquer dit maintenant qu’il faudra du temps pour avoir des résultats...

Selon une étude de la Depp (division des études du ministère) publiée en janvier 2019, on constate une baisse de la proportion d’élèves en très grande difficulté dans les classes de rep+ dédoublées. "Le dispositif permet une baisse de cette proportion d’élèves de 7.8% pour le français et de 12.5% en maths", déclare l’étude. Autrement dit, sur 60 000 élèves de Rep+, 24 000 auraient du être en grande difficulté. Avec le dispositif il y a 2000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3000 en maths. Il en reste quand même 22 000 et 21 000 en grand difficulté.

Or une étude de A Bouguen, J Grenet et M Gurgand, publiée à la rentrée 2017, avait conclu à l’efficacité des dédoublements de CP. " Le dédoublement de la taille des classes (de 24 à 12 élèves par classe) conduirait, d’après les études recensées dans cette note, à une amélioration des performances scolaires comprise entre 20 % et 30 % d’un écart-type", disait-elle. Selon l’étude de la Depp publiée le 23 janvier on est très en dessous des résultats attendus. Sans compter que l’étude ne donne pas de résultats à long terme.

Une étude danoise récente sur l’effet des maitres surnuméraires , montre des résultats au moins aussi bons. " "Les effets des interventions des co-enseignants et des assistants sont très positifs en lecture", affirme l’étude. Les élèves qui bénéficient d’un co-enseignant augmentent leurs résultats au test de lecture de 8.6% en comparaison avec un groupe témoin. Ceux avec un assistant de 13.1%. En maths les résultats sont moins bons. Un suivi sur 30 mois montre que l’effet positif est durable jusqu’à au moins 30 mois". Or cette politique est au moins 5 fois moins couteuse. Surtout l’appel aux maitres surnuméraires met l’aide dans la classe. Et elle entraine les équipes enseignantes dans des dispositifs d’aide et de formation.

Extrait de cafepedagogique.net du 01.10.19

 

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