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"Inégalités sociales et migratoires". Nathalie Mons (Cnesco) et Louis Maurin (Observatoire des inégalités) reviennent sur l’évaluation du Cnesco sur l’éducation prioritaire de septembre 2016

10 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour la présidente du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) et professeure de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise, Nathalie Mons, “le Cnesco met sur la place publique les résultats réels de l’école française”, même si ses constats peuvent déranger.

[...] Vous dites que le Cnesco a reçu « des coups ». Lesquels et par qui ?
Comme tout lanceur d’alerte, le Cnesco dérange car il met sur la place publique, en toute transparence, les résultats réels de l’école française, ses forces mais aussi ses faiblesses et cette transparence n’est pas une tradition centrale de l’éducation nationale. Comme nos évaluations sont construites par des chercheurs très nombreux (22 équipes françaises et internationales sont intervenues par exemple sur notre rapport sur les inégalités sociales et migratoires à l’école) et reconnus, les coups sont portés discrètement et viennent d’horizons très variés, en off, parfois même après des commentaires publics saluant nos travaux.
Par exemple, à la suite de notre rapport sur l’éducation prioritaire et sur les inégalités sociales, et alors que tous les communiqués avaient souligné l’intérêt de nos travaux, sont intervenues les petites phrases du genre : « Si ça continue, peut-être que le Conseil va être supprimé », « Vous contribuez à déconstruire le service public au profit de l’enseignement privé », « Ne vous étonnez pas si le Front national est au pouvoir en 2017 avec de tels rapports »…
Pour sa part, tout récemment, dans son dernier rapport, le comité parlementaire de suivi de la loi de refondation de l’école a reproché au Cnesco d’être dans une « hypermédiatisation » de ses travaux. C’est intéressant de voir cela écrit noir sur blanc : il faudrait prioriser la diffusion au sein de la seule institution, qui a déjà toute notre attention, plutôt qu’auprès du grand public à travers les médias. J’ai aussi reçu, en mars, un projet de convention issu d’une direction de l’administration centrale du ministère pour un projet commun, dont un article prévoyait ce qui pouvait se passer en cas de « dissolution du Cnesco »… alors que le Cnesco est créé par la loi !

Extrait de acteurspublics.com du 07.04.17 : Nathalie Mons : l’évaluation indépendante et scientifique est salutaire pour le renouveau démocratique de notre pays

 

[...] Comment s’est imposée cette idée que notre école tendrait à accroître les inégalités sociales ?

En réalité, aucune donnée ne vient à l’appui de cette démonstration, mais cette idée a tellement pris racine dans les esprits que, voici quelques semaines, le CNESCO (Conseil National de l’évaluation du système scolaire), institution rattachée au ministère de l’Education nationale, a lui-même publié un rapport intitulé : « Comment l’école amplifie-t-elle les inégalités ». Un titre « vendeur » aussitôt repris et commenté à travers la presse comme une évidence, même s’il ne reflète pas réellement le contenu de ce rapport qui synthétise une vingtaine d’articles de recherche nettement plus nuancés, voire en contradiction avec un tel constat. [...]

Extrait de bibliobs.nouvelobs.com du 07.04.17 : Non, l’école française n’aggrave pas les inégalités sociales

 

Le rapport du Cnesco(déc. 2016)

Site OZP : une recherche sur le mot cnesco (voir à partir du 27 septembre 2016)

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