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Compte rendu par l’OZP de la Rencontre du 11 octobre 2017 : La rentrée 2017 en éducation prioritaire

23 octobre 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

— -LES RENCONTRES DE L’OZP-------
n°130, octobre 2017

Compte rendu de la 159ème rencontre du 11 octobre 2017

La rentrée 2017 en éducation prioritaire

Quels enjeux pour l’éducation prioritaire en ce début d’année scolaire ? Peut-on parler de continuité ou bien peut-on présager une prochaine rupture avec le changement de gouvernement ? Ce sont les questions posées à Pascale Petit, principale du collège Travail à Bagnolet, Nathalie Keller, principale du collège Rouault dans le 19e arrondissement de Paris, et Nicolas Leyri, coordonnateur du REP + à Orly.

Pascale Petit, principale à Bagnolet, précise que l’entrée en REP est récente, datant de deux ans. Si la première année a été consacrée à mettre différentes actions en place, la seconde s’est penchée sur la réforme du collège. Elle reconnait que le changement de gouvernement aurait pu arrêter l’engagement de l’équipe mais cela n’a pas été le cas. La dynamique n’a pas été impactée, tout ce qui avait été commencé a continué. Cela avait demandé aux professeurs une telle quantité de travail associée à une remise en cause de leurs pratiques que faire marche arrière n’était pas envisageable.
Si le second degré n’a pas été affecté, le bouleversement est venu du côté du premier degré puisque la ville de Bagnolet a choisi d’arrêter les APT. Cependant, cela n’a pas modifié les temps de travail entre les deux degrés.

Nathalie Keller, principale du collège Rouault, confirme les propos de sa collègue. Lorsqu’en juin, l’annonce du ministère a laissé l’assouplissement de la réforme à l’appréciation de chaque établissement, l’équipe a persévéré dans ses choix, convaincue des enjeux de la réforme du collège et des effets qu’elle peut avoir sur les élèves puisque les progrès concernent tous les enfants de ce collège quel que soit le milieu dont ils sont issus. En ce qui concerne la réforme de l’enseignement des langues, les professeurs ne s’en sont pas emparés. La diminution des horaires du latin et du grec a fait réfléchir les professeurs sur d’autres modalités de cet enseignement.
Aujourd’hui donc, les changements ne sont donc pas à l’ordre du jour et l’ensemble des professeurs ont envie de continuer ce qui a été commencé. Comme sa collègue, elle constate que le changement est davantage à observer du côté des écoles élémentaires avec notamment les CP à 12.
Le programme « Devoirs faits » avait déjà fait l’objet d’une réflexion puisque c’est une des inégalités les plus criantes. Ce n’est donc pas une nouveauté puisque les devoirs étaient inscrits dans les emplois du temps des professeurs. C’est un tel enjeu pour les familles qu’il était nécessaire de s’impliquer. Donc le programme est venu soutenir la réflexion collective et les modalités qu’il convenait de définir. Mené jusque-là par des assistants pédagogiques, le dispositif sera encadré par des enseignants et des assistants pédagogiques. Il faut également penser le lien avec les familles et ne pas faire croire aux enfants qu’ils n’auront plus rien à faire chez eux. Il va donc être important de travailler sur l’amont, « ce que je fais au collège », et sur l"aval, « ce que je dois faire à la maison ».
Comme il s’agit bien de développer l’autonomie des élèves, les équipes s’impliquent et ne considèrent en rien ce programme comme une prescription mais comme répondant au diagnostic fait. Cependant cela soulève des questions : comment va se faire la liaison entre professeurs ? Comment mesurer les progrès ?
Pour conclure, les deux intervenantes sont convaincues que, si la souplesse perdure dans les établissements, cela permettra aux équipes de s’organiser et n’affectera en rien la vie des réseaux.

Quant à Orly, c’est une quatrième année qui commence pour ce réseau qui a fait partie des REP+ préfigurateurs. Nicolas Leyri, en tant que coordonnateur REP+, considère que la rentrée n’a posé aucune difficulté particulière mais il ne s’est pas simplement attaché à son ressenti. Il a questionné quelques directeurs qui ont confirmé son impression.
Des explications peuvent éclaircir ce sentiment général. Tout d’abord, il précise que le plan de formation et de concertation était prêt en mai-juin car c’est à cette période que les équipes organisent la rentrée. Préparer en fin d’année scolaire la prochaine rentrée permet aux enseignants de se projeter. Cela sécurise tous les acteurs du réseau et de fait et favorise une rentrée dans de bonnes conditions.
Une autre dimension à prendre en compte est la très forte dynamique du réseau. De ce fait, cela donne la capacité aux équipes d’absorber en toute quiétude les annonces et les nouveautés, qu’elles soient jugées bonnes ou mauvaises. Tout ce qui pourrait déstabiliser, comme les CP à douze - même si on peut mettre ce dispositif au rang des bonnes nouvelles - n’a eu aucun impact sur les équipes. Celles-ci se sont immédiatement mobilisées.
Dans le primaire, les concertations et les formations sont organisées de manière rigoureuse par l’inspection de la circonscription avec des remplaçants affectés sur les classes, remplaçants qui deviennent les titulaires des classes à remplacer… Cela sécurise les enfants, les parents et permet aux enseignants d’être rassurés et de suivre formation et concertation en toute tranquillité.
Du côté des PDMQDC, les enseignants concernés sont devenus enseignants de CP à 12. Dans une école, deux formules ont été retenues : 1 CP à 12 et 1 CP à 24. En fin d’année, les effets de ce nouveau dispositif seront observés. Actuellement, ce sont les classes de CE1 à 12 qui sont à l’étude.
Le programme « devoirs faits » a eu le mérite de relancer la réflexion sur le travail personnel de l’élève. « Les devoirs font-ils progresser les élèves ? » avaient été le thème d’une des premières concertations du réseau. « Comment donner des devoirs », « À quoi cela sert-il ? », voilà ce qui va être réinjecté dans la réflexion du réseau Desnos de façon à ce que donner du travail aux élèves devienne un geste professionnel.

Les enjeux du cycle 3
Ces trois témoignages invitent à penser que l’année 2017/2018 n’est pas menacée. Pourtant, Marc Douaire rappelle que, lors de journées de l’OZP ou de formation à l’ÉSEN, les enjeux au cycle 3 étaient l’objet de réflexion avec des axes de travail qu’il était opportun de développer. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Dans les collèges, les temps de formation et de concertation sont organisés autour de l’axe 1 qui est celui de la maîtrise de la langue. Temps de partages et de construction du projet sont proposés avec des visites croisées pour aller vers une culture commune.
Nicolas Leyri rappelle que le réseau d’Orly, RAR depuis 2006, s’est construit grâce aux professeurs référents qui intervenaient dans les écoles élémentaires. Ce dispositif s’est arrêté l’an dernier et, de fait, les interventions quotidiennes dans les écoles se sont arrêtées. Mais des habitudes de travail ont été prises avec une reconnaissance mutuelle entre les professeurs du 1er et du 2nd degré.
Il a fallu se tourner vers d’autres propositions. Une formatrice académique, professeure de lettres classiques au collège, a été sollicitée. C’est elle qui va former les enseignants du 1er degré des classes de CM1 et de CM2 à la maîtrise de la langue et elle va co-intervenir dans les classes. Elle va donc faire l’accompagnement et le suivi dont parle le référentiel de l’éducation prioritaire.

Un vademecum de réseau
Ces élèves de fin d’école élémentaire vont prendre des habitudes de travail qu’ils vont retrouver en 6e, à l’arrivée au collège. Sur le réseau Desnos à Orly, l’harmonisation des pratiques a atteint un bon niveau. Raisonner par parcours est pour l’année scolaire 2017/2018 un objectif de tout le réseau. De la toute petite section jusqu’à la 3e, une formation sur la maîtrise de la langue a été dispensée à tous les enseignants, au total à 125 personnes.
Chaque cycle a rédigé un vademecum pédagogique. Pour le cycle 1, le « passage à l’écrit » ; pour le cycle 2, « lecture et compréhension » d’après les travaux de Roland Goigoux et Sylvie Cèbe ; pour le cycle 3, « lire, écrire parler pour apprendre dans toutes les disciplines » d’après les principes et les travaux de Roland Goigoux et Sylvie Cèbe et en cycle 4, la même chose. L’ensemble a produit le vadémécum de réseau, élaboré par tous les enseignants des 4 cycles sur les gestes professionnels en maîtrise de la langue que l’on peut mettre en place de la petite section à la 3e. Des outils communs qui concernent notamment les affichages ont été élaborés et on les retrouve également de la petite section à la 3e. Le pari est le suivant : si pendant toute sa scolarité, l’élève voit les mêmes affichages avec les mêmes pratiques, la même façon d’interroger les textes et de produire de l’écrit, de l’oral, on peut espérer avoir un peu plus de réussite et un peu moins d’échec scolaire.
Il faut aussi être patient et consolider. Une formation d’un jour et demi n’est pas suffisante. Il faut revenir sur les gestes professionnels pour que le travail ne se perde pas, que l’on ne zappe pas d’une année à l’autre. Et cette continuité est surtout l’affaire d’un bon pilotage de réseau parce que tout reste fragile.
Compte rendu rédigé par Brigitte d’Agostini

 

Voir le compte rendu ToutEduc de la même Rencontre

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