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Second tour : des syndicats enseignants se mobilisent contre le Rassemblement national : Fsu, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Sud-Education

12 avril

Additif du 14.04.22

DÉFENDRE LA DÉMOCRATIE ET LES VALEURS FONDAMENTALES D’ÉGALITÉ ET DE JUSTICE SOCIALE

À l’attention des adhérentes et adhérents du Sgen-CFDT

Bonjour à toutes et tous,

Les partis d’extrême-droite ont rassemblé au premier tour de l’élection présidentielle le tiers des voix de nos concitoyens et concitoyennes. Une fois de plus, Marine Le Pen est qualifiée pour le second tour. Nombre d’électrices et électeurs, fatigué.e.s par des années de crises sociales et sanitaire, exaspéré.e.s par une manière d’exercer le pouvoir que la CFDT a contestée dès 2017 et tout au long du quinquennat, hésitent encore sur leur vote au second tour. Certains et certaines d’entre vous s’interrogent sans doute, ayant en mémoire des désaccords que la CFDT, le Sgen-CFDT ont eu avec les gouvernements ces cinq dernières années, ayant en tête ce qui dans le programme d’Emmanuel Macron ne nous convient pas.

Il y a, dans notre société, de la colère, de l’exaspération, des haines fortes. Nous les connaissons.

Nous fondons notre engagement sur des valeurs, des convictions fortes sur lesquelles nous ne transigeons pas…

En adhérant, en militant à la CFDT, nous cherchons en permanence par nos débats, nos réflexions, nos actions collectives à transformer les colères et les exaspérations en projets, en revendications, en actions pour changer la société, pour améliorer la société, pour construire un avenir porteur de justice sociale, dans lequel nous prenons au sérieux de l’urgence écologique qui s’impose à nous. En adhérant et en militant à la CFDT, nous refuserons toujours de faire de la haine un fond de commerce. Nous fondons notre engagement sur des valeurs, des convictions fortes sur lesquelles nous ne transigeons pas :

la démocratie,
l’émancipation,
la solidarité au sein de notre société et à l’international,
la lutte contre les inégalités, contre toutes les formes de discriminations, et donc le refus du racisme, du sexisme, des LGBTphobies.
Nous sommes à l’heure de défendre les principes démocratiques, l’Etat de droit, à l’heure de refuser l’instauration de la discrimination légale.

Au regard de ce qui nous fonde, au regard du programme de Marine Le Pen et du Rassemblement national, FHaine, nous ne sommes pas à l’heure du choix pour un programme politique. Nous sommes à l’heure de défendre les principes démocratiques, l’Etat de droit, à l’heure de refuser l’instauration de la discrimination légale.

Le ripolinage du programme et de l’expression publique de Marine Le Pen et des cadres du RN ne doit pas faire illusion et je vous engage chacune et chacun à en débattre autour de vous afin de rappeler ce qu’ils veulent mettre en sourdine pour séduire.

Un projet de société totalement incompatible avec notre projet pour l’école et le système de formation.

Leur projet de société est foncièrement réactionnaire, discriminatoire et attentatoire aux institutions qui préservent les libertés individuelles et collectives. Leur objectif est bien de soumettre très rapidement par référendum une loi qui instaurera la discrimination légale entre français et étrangers dans l’accès au logement, à l’emploi, aux aides sociales, à un certain nombre de services publics.

Ce projet de société est totalement incompatible avec notre projet pour l’école, pour le système de formation. Toutes nos résolutions sont tendues vers la réduction des inégalités, l’éducation à la solidarité et la non discrimination, l’émancipation par l’accès au savoir. Toutes nos résolutions sont tendues vers la capacité de notre société, ouverte, à produire des connaissances nouvelles dans tous les champs pour construire un avenir collectif humaniste et porteur de progrès.

Un vote de défense de la démocratie, de valeurs fondamentales d’égalité, de justice sociale, de refus des discriminations.

Empêcher que le projet réactionnaire du Rassemblement national, empêcher que ces idées nauséabondes accèdent au pouvoir ou soient trop proches de l’être, ne peut passer aujourd’hui que par le vote Emmanuel Macron : un vote de défense de la démocratie, de valeurs fondamentales d’égalité, de justice sociale, de refus des discriminations. Nous en dirions de même pour n’importe quel autre candidat républicain face à tout candidat d’extrême-droite.

Ni validation du bilan du quinquennat, ni approbation de programme du candidat Macron.

Ce vote n’est pas une validation du bilan du quinquennat, ce n’est pas une approbation du programme du candidat. Ce vote est l’affirmation de notre indéfectible attachement aux valeurs et principes qui fondent notre engagement. Cet engagement se poursuivra par notre action collective, construite, réfléchie, continue pour une société plus juste, pour améliorer les conditions de vie, de travail de toutes et tous, pour une société qui s’engage résolument dans la transition écologique, dans laquelle la solidarité s’incarne aussi par l’attention réciproque que nous nous accordons et par le refus de toutes les formes de discriminations.

Ne pas renoncer au pouvoir d’agir que constitue le droit de vote.

Nous savons que la tentation de l’abstention ou du vote blanc est forte. Une telle option revient à laisser le choix aux autres, à renoncer au pouvoir d’agir que constitue le droit de vote. Nous ne devons pas nous y résoudre.

Votons, faisons voter autour de nous, convainquons que le FHaine ripoliné en RN n’est pas une option pour qui est attaché.e à la démocratie, aux droits humains en France et dans le monde.

Catherine Nave-Bekhti
Secrétaire générale du Sgen-CFDT

Extrait de sgen-cfdt.fr du 14.04.22

 

Benoît Teste : On doit se préparer à une forte mobilisation
Déplorant à la fois le haut niveau de l’extrême droite et le programme d’E Macron pour l’éducation, Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu, première fédération syndicale de l’éducation, invite dès maintenant les enseignants à se mobiliser. D’autant que le programme d’E Macron, par exemple la réforme des retraites, sera présenté dès cet été.

Votre première réaction aux résultats du 1er tour ?

"Le scénario redouté est là. L’extrême droite au second tour c’est la pire chose qui pouvait arriver", nous dit Benoît Teste, secrétaire général de la Fsu. "On voit dans la profession des "tout sauf Macron" qui montent. Il y a une forme de détresse et une volonté de ne pas participer au 2d tour qui sont très inquiétants.

E Macron a joué un jeu pervers en particulier sur l’éducation en tapant d’une façon populiste sur les enseignants après un quinquennat qui a laissé les enseignants, et la Fonction publique, exsangues.

Il y a eu à la fin de la campagne des choses positives à savoir le retour de la question sociale : retraite, salaires, pouvoir d’achat. On a beaucoup parlé éducation avec Mélenchon, Roussel, Hidalgo, Jadot. On a des alternatives au projet dévastateur d’E Macron. Mais on a aussi au second tout deux projets dévastateurs. On doit se préparer à une forte mobilisation.

On est dans l’état d’esprit de continuer la mobilisation quoiqu’il arrive, de dénoncer les idées d’extrême droite et de préparer la suite. On va faire exister un mouvement social qui, quand il est atone, est facteur de progression des idées d’extrême droite. C’est l’incapacité à organiser de larges mobilisations, la perte des collectifs de travail, le développement de la précarité qui aboutissent aussi au vote d’extrême droite et à la montée de l’individualisme. On prendra notre part. Et cela commence dès ce soir. On va voir ce que feront les autres organisations. On ira aux réunions pour un cadre unitaire.

Faut-il se préparer à un 3ème tour social ?

Inévitablement. Le contexte de cette campagne en trompe l’oeil, où il y a des idées d’extrême droite à un haut niveau et les idées d’E Macron qui veut aller plus loin dans ce qu’il a mis en oeuvre, nécessite une mobilisation forte.

Il y aura le 1er mai. L’agenda présidentiel va nécessiter une mobilisation rapide. La réforme des retraites c’est cet été. Le nouveau pacte pour les enseignants c’est pour la rentrée 2023. Donc c’est dès maintenant que les discussions doivent commencer. La seule bonne nouvelle c’est l’absence de JM Blanquer depuis quelques semaines. Mais va t-il ressortir du chapeau après la campagne ? On le redoute.

Propos recueillis par François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 11.04.22

 

Stéphane Crochet : On appelle les collègues à se mobiliser
" L’extrême droite, ça ne s’essaie pas. C’est un terrible péril". Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-unsa, appelle à écarter la candidature de M Le Pen. Mais il appelle aussi à se mobiliser le 1er mai sur les revendications des enseignants.

Votre réaction au résultat du 1er tour ?

C’est une très mauvaise nouvelle de voir l’extrême droite qualifiée pour le second tour avec un nombre de voix qui bat les records. L’extrême droite, ça ne s’essaie pas. C’est un terrible péril. Il faudra donc l’écarter. Mais on est une organisation syndicale et nous partageons avec nos collègues notre analyse de l’extrême droite. On l’a fait aussi à propos du programme d’E Macron qui nous promet de nombreux chantiers syndicaux.

Vous préparez un troisième tour social ?

Il y aura d’abord les législatives. On verra quelle sera la parole d’E Macron s’il est réélu. Après la question sera de continuer de faire entendre ce qui n’est pas entendu puisque les difficultés du quotidien poussent une partie des français à un vote de colère. On est triste de ne pas avoir d’alternative et de voir progresser l’extrême droite.

E Macron annonce des changements radicaux pour l’Ecole. Comment allez vous sous positionner ?

On a exprimé nos désaccords avec sa vision de l’Ecole. Elle ne comprend pas les réalités de l’Ecole, de ses besoins et des besoins de la société envers l’Ecole. On a déjà largement fait savoir ce qu’on en pense et on continuera à le faire.

Le 1er mai sera un moment important pour cela ?

L’Unsa appelle à une mobilisation pour le 1er mai en priorité autour du pouvoir d’achat. On fera entendre les préoccupations des salariés et des enseignants. On appelle les collègues à se mobiliser pour faire entendre leurs attentes.

Propos recueillis par François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 11.04.22

 

LA CFDT APPELLE À BATTRE LE RASSEMBLEMENT NATIONAL
Par la commission exécutive de la CFDT
La CFDT demande à toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et aux valeurs de la République -liberté, égalité, fraternité- de se mobiliser dimanche 24 avril pour battre la candidate du Rassemblement national en votant pour Emmanuel Macron. Cet appel ne vaut ni approbation du bilan du président sortant ni adhésion à son programme.

Malgré une volonté affichée de dédiabolisation, le Rassemblement national n’a fondamentalement pas changé. Son programme politique centré sur la discrimination entre les citoyens, le repli sur soi et le rejet de l’autre, y compris en modifiant la constitution, ses accointances internationales avec les autocrates, sa détermination à saper l’Europe sont un danger pour la démocratie. La guerre en Ukraine préfigure des turbulences géopolitiques pour les années qui viennent : qui peut croire que le monde ira mieux si Marine Le Pen assume la présidence de l’Union Européenne dans deux semaines ?

Les exemples récents de leaders populistes ou extrémistes accédant au pouvoir (Donald Trump aux Etats-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Viktor Orban en Hongrie…) nous ont enseigné une chose : une fois en poste, chacun d’entre eux a tout mis en œuvre pour installer un régime autoritaire en révisant l’histoire à leur profit, limiter les libertés individuelles, museler la presse et abattre les contrepouvoirs que constituent les médias, les organisations syndicales et les corps intermédiaires dans leur ensemble.

L’échec de Marine Le Pen ne sera possible que par la mobilisation de tous les partisans de notre pacte républicain.

Cette mobilisation ne doit pas s’arrêter au lendemain de l’élection présidentielle. Notre société est fracturée, fatiguée. Elle a besoin d’apaisement et non d’une période de tumulte qui s’ouvrirait avec l’accession au pouvoir de l’extrême droite. Le pays fait face à des périls inédits, il a besoin de se ressouder, de faire appel à l’intelligence collective, de mobiliser toute la société civile, associations et partenaires sociaux autour de politiques publiques qui permettent de construire une société plus juste, respectueuse de l’environnement et ouverte au dialogue.

La CFDT continuera avec détermination de faire entendre la voix des travailleuses et des travailleurs, de défendre leurs intérêts.

Mais pour cela, il faut d’abord battre l’extrême droite et donc Marine Le Pen. L’heure n’est plus au choix d’un programme mais à la défense de la démocratie.

Extrait de cfdt.fr du 10.04.22

 

SUD éducation
@SUD_education
👊🏾La lutte contre l’extrême droite est un combat syndical car le rôle d’un syndicat de l’éducation est de défendre les intérêts matériels et moraux des personnels, or l’extrême droite porte un projet de société et des propositions qui leur sont radicalement opposés.

Extrait de twitter.com du 11.04.22

 

"Inadmissible", "scandaleuse", "inappropriée" : la circulaire électorale de Macron aux établissements
Sans complexe, l’équipe de campagne d’E Macron a utilisé les adresses professionnelles des établissements et des enseignants pour faire parvenir, le 6 avril une lettre destinée aux lycées professionnels, le 8 avril aux collèges, lycées et écoles. Cette lettre du président de la République reprend l’argumentaire de campagne, promettant par exemple aux enseignants "la progression de vos rémunérations". "Une communication scandaleuse et inappropriée", a réagi le Snpden Unsa, premier syndicat de personnels de direction" demandant aux chefs d’établissement de "ne surtout pas relayer ce message". Même réaction pour l’autre organisation de personnels de direction, l’ID FO. "Ce mélange des genres n’est pas pensable pour les personnels de direction". La FSU aussi réagi en dénonçant "une méthode honteuse et déplacée vis à vis de personnels qui n’ont jamais autant été méprisés et malmenés".

Extrait de cafepedagogique.net du 11.04.22

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