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Laïcité : J.-M. Blanquer annonce de "nouvelles" mesures : concours de recrutement, engagement des parents (Le Café, ToutEduc)

15 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Laïcité : Les fausses annonces de JM Blanquer
Clôturant le 9 décembre le colloque organisé par le Conseil des sages de la laïcité, une institution qu’il a crée, JM Blanquer a insisté sur la place centrale de la laïcité. Il a fait plusieurs annonces qui ne devraient pas être difficiles à réaliser. Le ministre promet de mettre en place ce qui existe déjà...

Une épreuve aux concours qui existe déjà

"Les deux mamelles de l’Education nationale c’est la science et la République. On a besoin de re-scientiser la maison et de la républicaniser". Evidemment les deux mamelles évoquées par JM Blanquer dans son discours du 9 décembre devant le Conseil des sages de la laïcité sont le Conseil scientifique de l’Education nationale et ledit Conseil des sages. Deux créations du ministre dont il fait l’oriflamme de son action politique.

Après avoir évoqué la loi contre le séparatisme et défendu l’interdiction de l’instruction en famille, JM Blanquer a annoncé un "évolution structurelle" en matière de laïcité à la rentrée.

La première c’est l’enseignement de la laïcité dans la formation initiale des enseignants. "Les principes de la République et de la laïcité ont vocation à être très fermement enseignés aux futurs professeurs", annonce t-il. Cet enseignement sera systématisé dans les Inspe sous la houlette des inspecteurs généraux Mark Sherringham et Tristan Lecoq. M Sherringham a été conseiller de R Barre, de F Fillon et de X Darcos. T Lecoq a conseillé de Villepin.

"A partir de la session 2022 les concours de recrutement apprécieront les connaissances des candidats sur les valeurs de la République et la laïcité. Leur formation sera adaptée pour les préparer", affirme JM Blanquer.

Une affirmation qui ne devrait pas trop changer les habitudes des Inspe. De 2011 à 2014, la formation initiale des enseignants comportait une épreuve "agir en fonctionnaire de l’Etat" qui incluait les valeurs de la république, la laïcité étant expressément nommée. Depuis 2015 les concours de recrutement des enseignants comportent toujours une épreuve sur les valeurs de la République et la laïcité.

Dans le concours des professeurs des écoles l’oral d’admission 2de partie "permet d’évaluer la capacité du candidat à prendre en compte les acquis et les besoins des élèves... et à se représenter de façon réfléchie la diversité des conditions d’exercice du métier, ainsi que son contexte dans ses différentes dimensions et les valeurs qui le portent dont celles de la République". La formule est reprise pour l’épreuve sur dossier du concours d’admission du Capes, principal concours du second degré. JM Blanquer vient donc d’annoncer la création d’une épreuve installée depuis au moins une décennie dans les concours de recrutement.

Un engagement des parents qu’ils prennent déjà

La seconde annonce ministérielle est présentée comme la nécessité "de mobiliser la société civile et en premier lieu les parents d’élèves". "Il y a un immense sujet de ce coté", dit JM Blanquer. Il annonce la mise en place d’une "charte des droits et devoirs qui sera signée entre les parents et l’école". Celle-ci existe déjà. Depuis 2015 la Charte de la laïcité, voulue par V Peillon et portée par N Vallaud-Belkacem, est présente dans tous les carnets de correspondance et signée par les parents.

Sur twitter, Christian Chevalier, ancien secrétaire général du Se-Unse et actuellement membre du CESE, parle de "revêtir les habits de l’intransigeance pour enfoncer des portes déjà ouvertes"...

F Jarraud

Le discours du ministre

Extrait de cafepedagogique ;net du 14.12.20

 

Laïcité : J-M Blanquer annonce que la question sera inscrite dans les nouveaux concours de recrutement et évoque une charte que les parents devraient signer

Concluant, hier 9 décembre, une journée organisée au CNAM autour du thème "Laïcité, la loi, les normes et les habitus", et après un débat sur la question de savoir si la "discrétion" en matière d’affirmation des convictions religieuses s’inscrit dans notre habitus ou si elle doit entrer dans le droit, au besoin par voie référendaire, Jean-Michel Blanquer, pour qui la laïcité est "le ciment de notre pacte social" a fait un certain nombre d’annonces, qu’il a placées sous l’égide d’une formule de Marx, "rien de plus pratique qu’une bonne théorie", mais aussi de Jean Zay dont il faudrait "retrouver l’esprit". Il a aussi affirmé son souci de "rétablir au centre du système éducatif le professeur, figure de l’autorité intellectuelle par excellence, celle qui fait autorité".

Il a tout d’abord évoqué sa volonté de structurer davantage la formation initiale et continue des enseignants en ce qui concerne la laïcité. Il a demandé à Mark Sherringham de visiter tous les INSPE, mais aussi à Tristan Lecoq, également inspecteur général et aux "sages de la laïcité" un "travail permanent" avec ces instituts de formation des enseignants. En effet, à la session 2022 des concours de recrutement sera appréciée la connaissance qu’ont les candidats de la laïcité et leur formation doit les y préparer, ce qui sera précisé avec le CSP (conseils supérieur des programmes). Quant à la formation continue, elle est "insuffisante" et le ministre de l’Education nationale a demandé à l’IH2EF (l’institut de formation des cadres, ndlr) et à Réseau Canopé de concevoir des formations "plus fortes et plus adaptées". Il a également demandé à l’IH2EF de concevoir une offre de formation concrète sur l’approche laïque du fait religieux.

Jean-Michel Blanquer a également évoqué "l’éducation aux médias et à l’information" dont l’EMC (enseignement moral et civique) "n’a pas l’exclusivité" et dont il estime qu’elle doit être "systématisée". Il a cité à cette occasion le travail du CLEMI.

Mais il a surtout appelé à la "mobilisation de la société civile autour de ces enjeux". Il voit "une équipe autour de l’enfant" et il pense surtout aux parents. La réussite des élèves dépend d’une "convergence des valeurs et des buts" avec l’école et il envisage de demander aux parents la signature d’une charte de leurs droits et de leurs devoirs. Pour lui en effet, il convient "d’expliciter davantage" leur rôle et celui de l’institution, puisque "l’école n’est pas une usine à transmettre des savoirs".

Il considère enfin le "Conseil des sages de la laïcité" pourrait se voir adjoindre de nouveaux membres tandis que ses travaux sur les valeurs de la République pourraient intéresser les domaines de la Jeunesse et des Sports, dont il est également en charge, et pourquoi pas, d’autres domaines... Il a d’ailleurs appelé à une action à l’international, pour faire mieux connaître le principe de laïcité.

Extrait de touteduc.fr du 10.12.20
 

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