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« Les voraces » du lycée Le Corbusier à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) présentés lundi 17 mai à la télévision

18 mai 2010 Version imprimable de cet article Version imprimable

« Un beau pied de nez à ceux qui véhiculent des clichés sur les jeunes de banlieue, supposés rétifs à tout enseignement » analyse « Le Monde Télévision »

Sur France 0 à 20 h 35, lundi 17 mai 2010

Le site du Lycée Le Corbusier

La présentation des « Voraces » sur le site du lycée

 

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1 Message

  • Bonjour. J’ai apprécié cette émission qui aurait pu être programmée à une autre heure et sur une autre châine plus faciles d’accès. J’ai trouvé un commentaire (de je ne sais qui exactement) qui donne mon sentiment. Je vous le recopie :

    Le commentaire de Quartiersc.canalblog.com

    Nom du documentaire : Les Voraces. Ce n’est ni un cours de cuisine, ni une bande de joyeux paillards du Sud-Ouest savourant les spécialités régionales. Il s’agit d’un projet, mené au lycée Le Corbusier d’Aubervilliers (93), par une équipe de professeurs. Au menu, (entre autres), un sociologue, une médecin, une pianiste, un avocat. Tous viennent s’entretenir avec un groupe d’élèves de terminale volontaires. S’ajoutent à cela des sorties culturelles dans des lieux parisiens prestigieux, comme la Comédie Française ou Le Louvre.

    Le documentaire s’ouvre sur le constat intelligent de la proviseure. Malgré leurs efforts, ses élèves n’arrivent pas « à faire leur métier d’élève ». Après les émeutes de 2005, il est, selon elle, devenu urgent de trouver une solution. Son discours ne sent pas la vulgate lyophilisée, mais plutôt le pragmatisme de quelqu’un qui a vécu une expérience d’enseignement dans le 93. D’autant plus qu’il est accompagné -et c’est rare- d’actes. Deux heures sont dégagées pour le projet dans les emplois du temps de Terminale, le mercredi.

    La cheffe d’établissement prend soin de révéler la part d’innocence des élèves dans leur propre échec : une incapacité à entrer dans les clous. Comme si ces clous nécessitaient un capital particulier. Bourdieu n’est plus très loin. Volontairement ou non, le projet s’inscrit plus ou moins dans cette veine théorique : donner à des élèves peu favorisés un capital culturel nécessaire à la réussite scolaire.

    Si le décor est une salle de classe, on est bien loin d’Entre les murs. Fini la langue française écorchée et les maladresses professorales accumulées. Ici, nous avons, pour une fois, une situation proche du réel. Oui, ces élèves sont parfois, même souvent, maladroits, dans leur langage notamment, mais finalement pas plus que n’importe qui se retrouvant dans un autre milieu social que le sien. S’ils pataugent un peu dans la mare aux codes sociaux, on ne peut pas leur en tenir rigueur. La banlieue des « petits sauvages, racailles » est loin, très loin.

    Le film met particulièrement bien en valeur l’émulation créée par le projet. La dynamique qui unit, qui permet au groupe de faire classe. Il n’est pas niais ici de dire qu’il y a une vraie solidarité entre les élèves, et ce, même au-delà du projet. Cette cohésion gagne les profs également (ou émane d’eux, on ne sait), qui respirent le dynamisme et l’espoir.
    Alors, bien sûr, le récit laisse peu d’écho aux difficultés : tenir la distance sur l’année est ardu. Surtout en terminale, surtout quand on se base sur le volontariat. Cette médaille a toujours un revers. On ne saurait dire si, obligatoire, le projet aurait fonctionné sur une classe. Parmi les déceptions possibles du public -enseignant notamment-, manquent des détails sur la conception du projet. On aurait voulu en savoir plus.

    Même si ce n’est pas son objet, le documentaire montre bien que même entre enseignants et élèves motivés subsistent des incompréhensions multiples, inhérentes à la confrontation de milieux sociaux si différents. La norme de virilité, notamment, encercle et isole les protagonistes masculins. Le projet culturel ne peut, en une année, résorber le fossé.

    Si je n’avais pas peur de passer pour la niaise de service, je dirais que certains passages sont à mi chemin entre la forte émotion et la féerie. A la Comédie Française, les yeux des élèves contiennent plus de lumières que les facettes du lustre en cristal. L’émotion de l’élève - turc d’origine - est plus forte que celle du lauréat de l’agrégation. Une émotion soulignée par une mise en scène sans violon ni voix off béate. Tout professeur encore empreint de motivation rêve de ces instants, alors chapeau. « Des professeurs ont proposé à des lycéens de Seine Saint Denis d’aller contre un cliché », c’était l’objectif, c’est plutôt réussi. Une note d’espoir. Enfin.

    Les Voraces de Jean Rousselot, lundi 17 mai à 20h35 sur France Ô et RFO.

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