Je suis assez frappée par la teneur des articles ou message qui traitent de la fin des RAR. Ce dispositif a de tout évidence donné des enthousiasmes profonds, comme rarement une réforme ne me semble en avoir apporté ces dernières années : Les liaisons réellement effectuées entre établissements, les pédagogies mises en cohérences, les ressources humaines explorées plus intensément, les relations partenariales posées plus près des élèves...
Bien sûr, tout n’a pas été ni rose, ni égal partout, mais c’est vraiment la lecture des différents textes qui m’étonne (sans me surprendre) dans leur "positive reconnaissance" vis à vis de ce dispositif.
Quel dommage que le Ministre n’ait pas accès à tous ces articles, tous ces comptes rendus, tous ces espaces de dialogue et d’échange ... il aurait su, et peut être pas tout bousculé en un Eclair !
Bonjour,
Effectivement, il n’y a peu de réactions, et surtout pas de réaction organisée des coordonnateurs (sauf erreur de ma part). Nous ne sommes pas organisés en réseau professionnel. Pourquoi ? ça serait intéressant d’y réfléchir et permettrait de comprendre pourquoi on oublie aussi facilement le "coordo". J’ai coutume de dire qu’il est plus reconnu "institutionnellement" à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’éducation nationale. En tout cas il est vrai qu’il reste un acteur "localisé" qui tire souvent sa légitimité de son enracinement et/ou de son engagement : proximité réelle avec ses collègues mais aussi avec les cadres locaux et distance relative avec l’appareil administratif. Bref le coordo, au bout de 20 ans ne rentre dans aucune case, au nom du fait sûrement que le dispositif était appelé à disparaître...
Certes l’OZP met en lumière l’éducation prioritaire et la "défend" en quelque sorte mais ne représente pas spécialement les coordos, chacun le sait. Peut être que la qualité de l’engagement des membres actifs de l’association a inhibé toute autre initiative dans ce domaine. Aujourd’hui en cette fin d’année les coordos sont en action avec des conditions de travail très diverses. Ils essaient de faire vivre ou de consolider l’action pédagogique et éducative sur leur terrain...cela explique aussi ce silence relatif.
(comme l’indique une collègue dans un autre commentaire)
Le système (é)clair s’organise autour du collège or il semble qu’une majorité de coordos restent issus du premier degré, voilà un élément explicatif de la disparition dans ce document "vademecum" qui - à ma connaissance - n’a pas de valeur "officielle".
L’éclair fera-t-il table rase de l’existant ?, de l’expérience avec les avancées et les limites ? et donc de la mémoire et de l’expertise des acteurs actuels de l’éducation prioritaire ?
Aucune naïveté de ma part, le concept éclair repose sur un management organisé autour de recrutements "durables" et profilés. Il s’appuie sur une mise en concurrence des personnels nourrie par la perspective d’avantages et de promesses diverses. Cette stabilité obtenue pour de mauvaises raisons ne garantit en rien qu’on évitera les malentendus (rapport aux élèves de milieu populaire, représentations par rapport aux familles mais aussi conceptions sur les apprentissages scolaires)
Il est vrai que le défi demeure : Comment améliorer/développer/qualifier les relations pédagogiques et éducatives dans les établissements et dans les réseaux avec ambition et réalisme ?... tout cela avec des femmes et des femmes et des hommes "ordinaires" et pas uniquement avec des militants ou avec des individualités animées par un plan de carrière
Il faut donc continuer à réfléchir pour faire évoluer les dispositifs et les moyens d’actions de l’éducation dite "prioritaire" pour améliorer la réussite scolaire de tous les élèves.
Merci à Paris d’oser citer clairement les "coordonnateurs de réseau" puisqu’il s’agit là tout de même de la plus grosse révolution du programme ECLAIR vu au travers de la lunette Education Prioritaire : la disparition totale du coordonnateur et la re-distribution de ses missions (lien péda- educ ; formation ....) à coup de bons vouloirs (décharges "si possible") ou de primes au mérite.
Et aucun, même sur ce site, ne semble réagir. Il est vrai qu’à cette période de l’année, ils sont en bilans pédagogiques et éducatifs, en accompagnement de fins de projets, de fêtes d’école, en montage de dossier financiers pour la rentrée, en réécriture des politiques de villes avec les partenaires, en décarcasse pour inventer de la formation disparue au plan institutionnel et même peut être en conception du projet ECLAIR pour leur réseau ...
Vous semblez mal connaître l’OZP et son site.
Un an avant la circulaire de rentrée 2011, en mai, juin et juillet 2010, à mesure que les déclarations ministérielles apportaient des précisions sur les contours de Clair, l’OZP a publié successivement trois communiqués critiques à l’égard du dispositif.
http://www.ozp.fr/spip.php?rubrique33
Après la publication de la circulaire le 22 juillet 2010, l’OZP a été le premier à réagir, le 3 août, en plein milieu des vacances d’été, pour dénoncer dans une longue analyse au titre explicite (« La circulaire Clair : une éducation prioritaire vidée de son contenu ? ») le risque de substitution de Clair à l’éducation prioritaire.
http://www.ozp.fr/IMG/pdf/commentaires_JPT_Clair__definitif_3.pdf
En espérant vous compter désormais plus souvent parmi nos lecteurs
Cordialement
L’OZP
Bonsoir,
Cela fait un moment que l’on se bat contre ces programmes CLAIR et ECLAIR ; on n’a pas attendu la circulaire de rentrée : quelques syndicats ont bien anticipé, comprenant bien que ces dispositifs remplaceraient les RAR... Mais vous, on croirait que vous tombez des nues !!!! Incroyable !
Ceci dit, mieux vaut tard que jamais :-)
« Quelle confiance peuvent encore avoir dans la parole ministérielle ceux qui ont travaillé à la réussite des RAR et ont réellement innové ? » dites-vous dans le communiqué de l’OZP. La lecture du vademecum ministériel sur le projet ECLAIR amène à se reposer la question. En effet, (malgré de nombreuses réserves et surtout les non-dits), on trouve beaucoup de bonnes choses dans ce texte, de celles qu’écriraient un ministère décidé à agir. Mais quand on le confronte à ce que vivent de nombreux acteurs de terrain, on a le sentiment d’être dans la « communication » ou même dans le mensonge à l’état pur ! Ils nous prennent nos mots, ils les vident de sens et ils s’en servent pour masquer les régressions qu’ils organisent dans la réalité.
La réalité quotidienne, ce sont les stages annulés massivement, faute de remplaçants, ce sont des réformes- le socle commun et l’approche par compétences- lancées sans formation et sans accompagnement, c’est le sabotage des cycles dans les écoles, ces ont des débutants ou des remplaçants affectés sur les postes de professer référent. Etc…Etc…
Il ne reste qu’à espérer qu’une fois encore l’engagement personnel d’un certain nombre d’enseignants et d’acteurs de terrain, avec aussi, parfois, l’appui de la hiérarchie ou de l’inspection, ne s’empare de l’outil et retrouve le sens de l’éducation prioritaire. F R G
Bonjour,
les propos du Directeur de la DGESCO sont pour le moins surprenants :
"sauf quelques rares exceptions", certains RAR "ne souhaitant pas" y entrer"
C’est ainsi qu’est justifié le sort réservé au collège Vaillant de Gennevilliers...
Sauf qu’on ne compte plus le nombre de collèges qui, dans de nombreuses académies, ont fait connaître leur refus du label CLAIR et sa cohorte de déréglementations. Dans l’académie de Versailles, par exemple,. Sarcelles, Argenteuil, Grigny, Bagneux et tant d’autres - qui ont d’ailleurs dû batailler ferme pour exprimer leur refus en CA
Vaillant.ne sera donc pas CLAIR, mais ne sera plus RAR. Pour quelle raison, au juste ? Le Ministère refuse de le dire !
A quel moment a-t-il donc été question de critères ?
Bonjour.
Une question pour le collègue de Marseille.
Est-ce que votre passage en CLAIR a du coup été maintenu ?
Un commentaire global. Ce matin j’ai entendu qu’un nouveau projet de la majorité actuelle serait de regrouper les élèves des centre villes et de banlieues dans des collèges qui se partageraient les niveaux 6ème-5ème et pour d’autres 4ème-3ème.
Est-ce que ce n’est pas la fin annoncée de l’éducation prioritaire, sous couvert d’une très grande mixité sociale ???
Un enseignant.
Le collège Lucie Aubrac de Dunkerque n’a pas été retenu pour entrer dans le dispositif ECLAIR à la rentrée 2011 mais garde ses moyens RAR à la rentrée prochaine, les moyens supplémentaires étant retirés à partir de la rentrée 2012.
D’après votre article, il n’y a plus aucun RAR en France à la rentrée 2011. Le RAR Lucie Aubrac entre-t-il alors dans un nouveau dispositif OVNI ?
Oui, à Marseille, c’est exactement de cette façon que l’inspection académique a tenté de nous forcer à accepter le passage en CLAIR :
"si vous refusez de passer en clair, vous allez perdre tous vos moyens ambitions réussite..." "j’ai une enveloppe pour vous" etc..
Il ne faut surtout pas céder à ce chantage ignoble, ce qui reviendrait à accepter la démolition de l’éducation prioritaire en France.
Cordialement,
un enseignant.
Bonsoir.
Juste pour préciser que lors d’une récente réunion, notre inspecteur d’académie nous a précisé que si nous refusions le CLAIR pour la rentrée prochaine, notre collège perdrait son label RAR, puisqu’il ne doit plus y en avoir à la rentrée 2011.
Il a précisé également qu’il fallait compter environ 2 à 3 ans pour faire glisser progressivement le collège dans sa forme actuelle (RAR) vers un collège de type classique sans moyens supplémentaires.
Est-ce que d’autres collègues dans d’autres académies ont également eu ce son de cloche ?
Merci pour tous vos articles.
Cordialement.
Un enseignant.
Pour sa 10 ème édition, le Prix lycéen du livre de Sciences Economiques et Sociales 2011 a été attribué à "La loi du ghetto. Enquête sur les banlieues françaises" de Luc Bronner (Calmann-Lévy, 2010) - information transmise par Philippe W.
Bonjour, pour information, la série FAIRE FACE - 6 films documentaires sur l’EDUCATION DANS UN MONDE EN CRISE - est diffusée sous forme d’un coffret de 6 DVDs.
Coproduction Ligue de l’enseignement, Milan Presse, Cap Canal (Philippe Meirieu 2010).
http://www.creadev-productions.com/CREADEV/rencontres.html
Lien sur le site de Claude Lelièvre, philosophe, professeur d’histoire de l’éducation à Paris V, expert reconnu de l’histoire du système éducatif français, membre de la Commission nationale sur l’avenir de l’école.
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/190509/portiques-et-corps-de-garde
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/200511/une-cause-nationale
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/160511/une-grande-cause-nationale-2012?onglet=
Merci de nous aider à sa diffusion.
Cordialement.
Armand Bernardi / Philippe Ploton
06 07 08 13 11
Bien que non cités en tant que RAR, les enseignants 1er degré de ce réseau là ont beaucoup réfléchi, échangé et finalement décidé ... voir ici : http://www.charentelibre.fr/2011/05/18/les-enseignants-opposes-au-livret-scolaire-numerique,1036538.php l’article qui s’intitule : "Soyaux : les enseignants prennent la tête d’un mouvement de fronde contre un nouveau « livret personnel de compétences » numérique qui suivrait l’élève toute sa vie "
Bonjour,
Je m’élève vigoureusement contre ce projet de banalisation de l’école à deux ans.
Ne pouvez-vous donc pas rechercher auprès de scientifiques et autres spécialistes non assujettis à une idéologie (féminisme notamment) quels sont les besoins d’enfants de cet âge ?
Les dommages subis par les enfants du premier âge sont déjà considérables du fait ,de la séparation beaucoup ,trop précoce. C’est là que prennent naissance les pathologies psychiques des adultes tout comme la révolte des adolescents. Vous voulez donc aggraver cette situation déjà désastreuse ?
Il faut au contraire réduire le temps d’école, libérer le temps des parents (pères comme mères) après avoir réhabilité la famille et recherché la vérité sur les besoins des enfants.