Le professeur Montagner a sûrement raison de dénoncer la charge insupportable que représente pour des enfants l’instauration de la semaine de quatre jours et celle de l’aide personnalisée pour les élèves en échec, même si cette mesure a recueilli l’assentiment de la majorité des parents... et des enseignants.
Mais le droit à la désobéissance pour les fonctionnaires chargés d’appliquer la politique d’un gouvernement régulièrement élu, s’il était invoqué abusivement (exception faite de cas graves d’atteintes aux droits fondamentaux), pose la question de l’autorité de l’Etat et de la déontologie du service public dans un Etat de droit.
En ces temps de libéralisme et d’attaques répétées (et plus encore avant la crise financière) contre le rôle de l’Etat, porter de fait atteinte à l’autorité de celui-ci par des refus d’obéissance, fussent-ils motivés par la défense de bonnes causes, ne risque-t-il pas assez vite de pénaliser en priorité (comme cela se passe bien souvent) ceux que l’Etat justement a la charge de défendre contre les intérêts privés et particuliers de toutes sortes, c’est-à-dire les populations les plus démunies ?
Coordo pendant 8 ans à Poitiers, je passe la main aujourd’hui après la suppression de 50% du poste. Poitiers n’est pas en RAR (c’est justifié) mais la carte de l’EP définissant le RRS est complètement incohérente et n’a pas été harmonisée avec le classement politique de la Ville. Elle n’a pas bougé depuis 1997 et la relance des ZEP alors que les évolutions liées aux différentes ORU ont considérablement modifié la donne en terme de population.Un quartier en CUCS 1 comprenant 3 groupes scolaires est absent de l’EP alors que 2 groupes scolaires bénéficiant d’ORU ont considérablement évolué vers la mixité et la réussite et pourraient en sortir. En 2005, l’IA de l’époque s’était mis d’accord avec la Ville pour monter un projet de redéfinition de la carte EP. Il était même question à l’époque d’un réseau de 6 écoles sans collège (les collèges de Poitiers étant composés d’un quart d’enfants des quartiers et de 3 quarts d’enfants des communes - aisées- de la banlieue, réussissent la mixité). Ce projet est arrivé en 2006 sur le bureau du recteur... et il y est (peut-être) toujours. Alors je pense qu’il serait bien (pour Poitiers mais aussi pour les autres) que la situation des RRS soit clarifiée. Que dire des RRS pour lesquels il est demandé d’écrire un nouveau COS pour 3 ans alors que la reconduction en EP (avec les quelques moyens supplémentaires qui lui restent) est prononcée d’une année sur l’autre ? Comment conserver une dynamique collective quand on navigue à vue ? Je pense que la redéfinition de la carte des ZUS est l’occasion pour harmoniser tout ça mais j’ai des doutes sur la volonté politique du gouvernement.
D’un point de vue plus personnel, je souhaite faire valider les acquis de mon expérience de 8 ans dans la politique de la ville notamment, mais l’IA à qui j’ai posé la question "Comment comptez vous utiliser mes compétences acquises ?" s’est bornée à me répondre que je pouvais prendre une classe...
Si on veut faire un métier où la reconnaissance du travail bien fait est de mise, c’est pas la bonne adresse !
Jacques Clavaud
Cette archive indique où en était le ministère de l’Education Nationale en 1993 : il avait décidé, sous l’impulsion du ministre d’alors et du recteur Joutard se s’attaquer à cette question nouvelle de la prise en compte des situations de grande pauvreté. Il y eut des suites... mais pas tout de suite.
En effet, ce rapport a été rangé dans un placard par le ministre qui arrivait alors. Pourtant, l’existence d’élèves en situation de précarité et de pauvreté, hors territoires prioritaires, avait enfin été démontrée. C’était le complément nécessaire au dispositif territorial de l’éducation prioritaire.
Le retour de cette question se fit par deux voies parallèles : d’une part, la mise au point de la Loi de lutte contre les exclusions, d’autre part la relance des ZEP de 1997-1998.
La loi de lutte contre les exclusions, décidée par les gouvernements Juppé et Balladur, fut longue à établir. Curieusement, tous les départements ministériels y prirent part sauf celui de l’Education nationale. Le ministre qui avait rangé le rapport Joutard dans un placard ne souhaitait pas le ressortir. Le projet de loi fut donc bouclé sans chapitre éducatif. Si ! Si ! C’est vrai ! Et puis, en 1997, patatras ! la dissolution arriva et Jospin exigea qu’il fut ajouté un chapitre scolaire in extremis. Ce qui fut fait (les 10 derniers articles de la loi sur 150 ont été rajoutés à la hâte). Pour les enseignants, l’article 142 est capital puisqu’il indique que chaque projet d’école, de collège ou de lycée, quel que soit son lieu d’implantation, précise les moyens par lesquels l’école, le collège ou le lycée entend lutter contre les exclusions.
L’autre voie a été celle de la relance des ZEP en 1997 et son aboutissement en juin 1998 à Rouen avec les Assises nationales des ZEP. Lors de ces journées, différents groupes de travail annexes aux travaux généraux sur l’éducation prioritaire ont été constitués (par exemple "MathenZEP"). L’un d’eux portait sur le sujet traité par le rapport Joutard. Dans les années qui suivirent, le groupe de travail continua et des productions furent diffusées sur Eduscol. Mais, là encore, le nouveau ministre de l’Education nationale en 2002, laissa végéter cette question et le suivant, en 2004, supprima le groupe de travail.
L’approche de BNP Paribas est totalement cynique sur son engagement sur les banlieues.
A présent que s’achève la troisième année de la mise en place des réseaux "ambition réussite", il semble pertinent de regarder vers la sortie.
Si les évaluations des progrès réalisés seront menées au niveau des établissements concernés, la question est posée quant au devenir des enseignants supplémentaires recrutés pour les besoins du réseau. Les textes officiels semblent assez lacunaires à ce sujet...
– Promotion à la hors-classe ? cela fut évoqué... mais personne n’y croit réellement. Beaucoup de professeurs d’appui sont assez jeunes et ne remplissent pas forcément les conditions nécessaires...
– Bonus en terme de points ? pas évident non plus... que diront les syndicats ?
– Affectation favorisée dans une autre académie ? dans un autre département ? dans un établissement de son choix ? encore moins évident...
– Agrégation interne par liste d’aptitude ?... on n’ose imaginer les grincements de dents !
– Remise des palmes académiques ? ... après tout, cela ne coûterait pas très cher, puisque les récipiendaires doivent acheter leur médaille eux-même...
– Une accolade virile ? un lopin de terre ? une bourriche d’huîtres ?
Qu’en est-il au niveau de ces enseignants ?
Il semble assez consensuel de dire que la plupart n’a pas ménagé ses efforts et a joué le jeu des réseaux...
Certains voudront sans doute regagner un rythme plus "traditionnel", avec un emploi du temps classique de professeur des écoles ou de professeur de collège... mais qu’en est-il de ceux qui ont pris goût à travailler autrement ? ceux qui ont pu développer l’usage des TICE, participer à une politique de découverte et d’apprentissage des langues étrangères, établir des partenariats avec des entreprises ou des institutions culturelles, animer des groupes de travail et de réflexion interdegré ?
Ceux qui ont souvent accepté de ne plus pouvoir toucher d’heures supplémentaires (étant à temps réduit face aux élèves)... ceux qui ont affronté l’hostilité de certains de leurs collègues (inquiets, à juste titre, de cette politique consistant à bien habiller le collège A pendant que les collèges B, C, D, E et F perdaient chacun entre 8 à 15 postes)
Il semble étonnant que le sujet de l’ "après" soit si "RAR"ement évoqué...
Doit-on attendre un laconique : "c’est bien : vous avez travaillé durement ! vous avez réussi... donc vos postes sautent et vous pouvez vous inscrire au mouvement intra"...
Monsieur le ministre, si l’un de vos conseillers a la chance de lire cette modeste participation, il serait vraiment apprécié que vous rassuriez un peu vos troupes, au risque de voir s’éteindre par les effets d’une étouffante anxiété, la motivation des professeurs du premier et du second degré qui se sont efforcé de relever le défi.
Le Ministère, en affichant son désintérêt "des questions d’organisation administrative"renonce en fait à atteindrel’objectif qu’il fixe à l’éducation prioritaire :"réduire les écarts avec le reste du système éducatif."
Comment développer ces pratiques sans affecter sur les postes d’encadrement (Principaux de collèges et IEN) et sur les postes spécifiques à l’éducation prioritaire, des personnels volontaires pour les développer ?
F R Guillaume
Cet ouvrage me semble devoir faire date.
J’approuve pleinement, au mot près, les leçons à tirer sous forme de conclusion à la page 121 de cet ouvrage.
iI me paraît incontournable que chacun, quel que soit son positionnement , accepte de remettre à plat son point de vue sur trois enjeux qui ressortent sous une nouvelle lumière par la lecture attentive de cette conclusion :
1) La pertinence de la LOLF à la lumière des paragraphes 1et 2 de cette page.
2) La pertinence du socle commun de connaissances et de compétences à la lumière des paragraphes 3 et 4.
3) La pertinence de la revendication "15+3", non pas seulement en terme de "confort" des enseignants , mais comme traduction des conditions nouvelles implicitement requises dans le 3ème paragraphe. Accessoirement l’adéquation du dispositif professeur "référent" avec "l’auto-évaluation socialisée dans le groupe de pairs".
4) La pertinence d’aller plus loin que le décret de 84 dans l’autonomie des établissements scolaire et de renforcer le "pilotage" des chefs d’établissement, à la lumière du 3ème et du dernier paragraphe (à la lumière aussi des précisions sur le contenu du concept d’autonomie telles que formulées de manière concordante ici etlà, valables pour tous les établissements publics, pas seulement le supérieur.
Je ne comprends pas la différence entre "pour une part égale à 50% de leur temps de service" et "s’ils ne travaillent qu’à mi-temps". Je suis coordo pour la quatrième année (mi-temps coordo+ mi-temps classe et suis rattachée à l’IEN sur ma fiche de paye, sur deux villes différentes). Je ne touche que 15 points d’indice et pas de poste fractionné (réponse de l’IA : quand je suis coordo je ne suis pas face aux élèves !). Y-a-t-il un texte officiel qui définisse clairement ces points d’indice ?
Les articles du dossier sont en ligne :
http://www.humanite.fr/2009-04-11_Societe_Fin-de-la-carte-scolaire-quels-degats
Ce livre, à la fois clair et complexe, supérieurement documenté, présente toutes les caractéristiques d’un ouvrage de référence sur les questions de l’école à deux ans et de la territorialisation éducative en France. Grâce à ce livre, j’ai vraiment beaucoup appris sur ces questions, bien problématisées et expliquées.
Bonjour,
Le compte rendu se trouve dans la rubrique "Comptes rendus des rencontres de l’OZP"
Cordialement
L’OZP
Bonjour...
Ce messae bien longtemps apès la rencontre du 23/01/08 sur " les effets scolaires de la grande pauvreté " pour savoir si un compte rendu la rencontre est disponible et ou ?
Merci d’avance.
Antoine d’Argenlieu
IUFM Amiens Beauvais UPJV
Brighelli a parfaitement raison. J’ai des élèves en soutien scolaire qui me disent (ils sont en 4e) : "ah ! bon, on met un s au pluriel ?"
Les élèves savent écrire, mais on ne leur apprend pas à faire un plan ordonné, enchainer leurs arguments, développer et structurer leur pensée.
Alors, oui, les programmes sont très complexes, les profs s’amusent bien, et ce sont bien les seuls
Je crois que vous êtes devenus fous à l’éducation nationale.
Pierre-Emmanuel Bonhomme
Bac mention Bien
Lauréat du concours général
DESS de gestion à Paris IX
Désolé !
Merci !
Cela a été corrigé par un ERRATUM dans la revue presse de ce matin.
Cordialement
L’OZP
Bonjour,
Je voulais simplement vous signaler que les Entretiens de l’Excellence auront lieu cette année le 11 avril et non pas le 16 avril comme indiqué par erreur dans votre titre en gras violet.