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Les associations complémentaires de l’école (CAPE) veulent intervenir dans la formation des enseignants (source Tout Educ)

28 novembre 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

"En matière de formation des enseignants, un certain nombre de points ne sont pas très bien engagés". Alors que Vincent Peillon a reconnu le rôle des assocations du Cape dans l’élaboration et le suivi de la loi de Refondation (lire ToutEduc ici), des représentants de ces associations ont rappelé ses insuffisances dans plusieurs domaines. Au cours d’une table ronde organisée au Salon de l’Education, jeudi 22 novembre, Philippe Watrelot a rappelé que la formation des enseignants est un enjeu "systémique" dont la Refondation ne semble pas entièrement tenir compte. "Il faut proposer des solutions de formation qui correspondent à nos valeurs", a expliqué le rédacteur en chef des Cahiers Pédagogiques.

Légitimité

Pour atteindre cet objectif, le Cape voudrait intervenir dans le cadre des futures ESPE (écoles supérieures de professorat et d’éducation). "Les associations et mouvements pédagogiques sont des acteurs légitimes de la formation initiale et continue des enseignants !" s’exclame René Bouillon, secrétaire général des AROEVEN [ (associations régionales des œuvres éducatives et de vacances de l’éducation nationale)], pour qui "il ne peut y avoir de refondation de l’école sans refondation de la formation". A la suite des directeurs d’IUFM, qui craignent que les ESPE séparent "le disciplinaire et le professionnel" (voir ToutEduc ici), R. Bouillon a réaffirmé que ces domaines sont indissociables. Il a plaidé pour "l’alternance et la logique action-recherche dans la formation des enseignants".

Selon lui, le volet professionnel "doit etre effectif sur toutes les questions". La formation au travail en équipe devrait ainsi pouvoir s’apprendre, sans pour autant correspondre à une formation magistrale. Les associations pourraient jouer un rôle important dans ce type de dispositif. "Les associations ont souvent été innovantes, elles savent apporté leur savoir dans un certin nombre de domaines. La formation en équipe et le travail partagé font partie de leur domaine d’expertise".

Les associations n’ont pas seulement vocation à intervenir sur le terrain : dans le domaine de la recherche, elles se positionnent aussi comme un interlocuteur de premier plan, selon Philippe Gauémé, professeur de sciences économiques et sociales. Pour lui, "la recherche est avant tout une démarche : il faut etre en état de se questionner sur ses propres pratiques". Les associations d’éducation populaire ont donc une légitimité à intervenir dans ce domaine, car "elles n’ont jamais été intégrées à une institution, et ont donc toujours été en mesure de s’interroger sur le pourquoi, le comment de leur action".

Sortir les enseignants de leurs "charentaises universitaires"

Pour cet ancien président de la FEPSI (Fédération des établissements scolaires innovants), la logique action-recherche doit déboucher sur le développement de la formation continue, "presque plus importante que la formation initiale". Elle devrait non seulement être valorisée, mais "obligatoire". Une position que soutient aussi Jacques Bernardin, docteur en sciences de l’éducation, avec un certain sens de la formule. "Il faut agir avec les collègues enseignants comme avec les enfants, qui ne peuvent pas aimer la soupe tant qu’ils n’y ont pas goûté". Il faudrait donc une obligation de formation, pour que les enseignants ne soient pas tentés de "rester dans leurs charentaises universitaires".

La formation continue des enseignants permettrait de leur faire côtyer d’autres environnements que les salles de classe. Pour René Bouillon, "il faut encourager les diversités de parcours professionnel, en invitant les futurs enseignants à avoir une, deux ou trois années d’expérience dans les mouvements associatifs". La création d’un "statut de mise à disposition" serait la meilleure solution pour favoriser ce genre de dispositif.

Un diplôme de "professorat éducatif" ?

A défaut de convaincre les enseignants de s’impliquer dans des mouvements associatifs, de nombreux acteurs éducatifs dénoncent le côté "scolaro-centré" de leur formation initiale.Comme leur nom l’indique, les ESPE devrait former à la fois les enseignants et les personnels qui interviennent en-dehors de l’Ecole. "Tous les professionnels de l’éducation doivent être considérés comme des collègues", affirme le secrétaire général des AROEVEN, qui regrette que les enseignants soient souvent placés au-dessus des autres éducateurs.

Selon lui, pour remettre à plat cette hiérarchie, les acteurs de l’éducation devraient bénéficier de lieux et de moments de formation communs. "Il ne faut pas que le "E" se limite à accueillir les CPE dans les ESPE. Les différents professionnels de l’éducation doivent bénéficier d’une formation commune pour partager les mêmes valeurs et agir en cohérence sur le territoire."

Philippe Goémé imagine même "une formation au ’professorat éducatif’ " qui décloisonnerait les statuts des personnels. "L’enfant est un tout : on ne peut pas le saucissonner entre d’une part les savoirs et de l’autre l’éducation". Pourtant, comme le regrette Philippe Bernardin, animateurs et enseignants s’échangent trop rarement des informations, même lorsqu’ils s’adressent aux mêmes enfants. Les associations complémentaires déplorent le maque de reconnaissance dont souffrent les éducateurs périscolaires.

"Un trésor est caché dans les jardins de la maison Education nationale, et les gardiens de ce jardin ne le savent pas", s’exclame l’auteur de Comment les enfants entrent dans la culture écrite (Retz, 2002). "Il faut que les enseignants prennent conscience de la richesse des apports des animateurs".

Extrait de touteduc.fr du 28.11 :12 : Les associations du CAPE veulent intervenir dans la formation des enseignants

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