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Le numérique à l’école : des mythes aux réalités : bibliographie (André Tricot dans Eduveille)

7 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Le numérique à l’école : des mythes aux réalités ?

Apprendre et faire apprendre, aussi et surtout à la maison : une situation devenue quotidienne, depuis un an, pour les élèves et leurs parents, et bien sûr aussi leurs enseignant‧es. L’essor de la pratique des classes virtuelles a notamment réactivé des interrogations anciennes portant sur l’efficacité des outils numériques au service des apprentissage scolaires.

André Tricot, psychologue cognitiviste et professeur des universités (université Paul Valéry Montpellier 3), a coordonné le dossier « numérique et apprentissage scolaires » du Conseil national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco) mis en ligne en octobre 2020. Comme le montre sa bibliographie, ses nombreuses publications et interventions s’appuient à la fois sur des synthèses de la littérature empirique et ses propres travaux de recherche.

À quelles réflexions pédagogiques et didactiques la lecture de quelques-unes de ses publications récentes conduit-elle ? Comment les situer pour mieux les lire et les comprendre ? Et, au final, pourquoi et comment les mobiliser, pour sa propre activité et/ou celle d’autres professionnels de l’éducation ?

[...] Le numérique côté élèves : des apprentissages plus exigeants

En classe ou à la maison, les situations d’apprentissage mettant en œuvre des outils numériques exigent en effet des élèves « plus d’attention, d’autonomie et d’efforts. (…) En déportant les contraintes gérées par l’enseignant ou enseignante vers celles autorégulées par les élèves, les outils numériques peuvent pénaliser les élèves les plus fragiles, les moins compétents pour gérer eux-mêmes leur temps, leur lieu et leur manière d’apprendre. » (Tricot, 2021)

Pour s’entrainer, faire des exercices, acquérir des automatismes, la rétroaction d’un logiciel, qui peut être immédiate, parait prometteuse… mais « les limites des exerciseurs numériques sont celles des exerciseurs : ils ne concernent que les apprentissages visant à renforcer des savoir-faire, relativement simples et bien définis. » (ibid.).

Planifier, autoévaluer et autoréguler d’autres types d’apprentissages s’avère plus difficile. Ainsi, les informations fournies par un document multimédia (animation vidéo, fichier audio, etc.) peuvent s’avérer trop riches et trop ouvertes aux interactions potentielles avec l’interface à disposition (téléphone portable, clavier et écran d’ordinateur, etc.). Selon la théorie de la charge cognitive (Tricot, 2020b), passer d’une présentation permanente de l’information (sur un support écrit) à une présentation transitoire et dynamique peut se révéler contre-productif – les élèves devant à la fois comprendre le sens du document, répondre aux consignes fournies par l’enseignant‧e et prendre de multiples décisions (appuyer sur pause, revenir en arrière, réécouter, etc.).

Extrait de eduveille.hypotheses.org du 05.05.21

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