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Cités éducatives : Localtis rend compte de l’intervention de Benjamin Moignard à la Journée de l’OZP du 27 novembre 2021 (source ToutEduc)

12 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Comment les cités éducatives appuient l’ambition des territoires
Lors d’un récent colloque organisé par l’Observatoire des zones prioritaires, le chercheur Benjamin Moignard a mis en exergue le rôle des cités éducatives dans le développement de politiques éducatives locales à travers une logique de dispositifs de plus en plus ciblés et fragmentés.

À chaque colloque sur l’éducation prioritaire, la question revient : "Comment se fait-il qu’en 1981, à la création des zones prioritaires, il y ait eu douze ZEP dans la Nièvre ?" Fin novembre 2021, lors de la table ronde intitulée "Géographie de l’éducation prioritaire et pilotage politique" organisée par l’Observatoire des zones prioritaires (OZP), Marc Bablet, ex-inspecteur pédagogique régional, la remet sur le tapis. Taquin, l’ancien enseignant de lettres modernes rappelle que le président de la République de l’époque, François Mitterrand, avait longtemps été député de ce département pas vraiment concerné par la question des banlieues "sensibles". En pointant cet épisode, Marc Bablet avance une conviction : "L’éducation prioritaire a été une histoire de décisions politiques." Et de décisions politiques locales en particulier.

Pour savoir ce qu’il en est aujourd’hui de l’influence des élus locaux sur l’éducation prioritaire, l’OZP a également et très intelligemment convoqué Benjamin Moignard, professeur des universités en sciences de l’éducation à l’université Cergy-Paris. Intelligemment, car ce dernier mène actuellement une recherche collective sur ce que certains considèrent déjà comme l’après-éducation prioritaire : les cités éducatives.

Neutralisation des enjeux ?
Instaurées en 2019, actuellement au nombre de 126, et bientôt de 200, les cités éducatives visent à intensifier les prises en charge éducatives des jeunes de trois à vingt-cinq ans avant, pendant, autour et après l’école dans les territoires qui en ont le plus besoin. Le tout par le biais d’une alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et piloté par une "troïka" composée de la préfecture, de l’Éducation nationale et des collectivités.

Une fois le décor planté, le chercheur estime que les cités éducatives ne s’inscrivent pas dans les politiques d’éducation prioritaire telles qu’on les entend traditionnellement, en particulier, en matière d’accompagnement au sein des établissements scolaires. "L’enjeu de savoir ce qui se passe dans la classe n’est pas du tout le registre d’intervention des cités éducatives, plutôt orientées sur ce qui se passe en dehors de la classe", pointe-t-il.

Benjamin Moignard note également que les cités éducatives entraînent une forme de neutralisation des enjeux liés aux politiques éducatives locales, laquelle amène à considérer que les membres de la troïka "seraient relativement d’accord du point de vue politique sur ce qui se fait dans la cité éducative", partant du principe qu’"il suffirait d’être en bonne entente pour trouver les bonnes solutions et que le terrain est capable à lui tout seul de porter ces bonnes solutions en harmonie". "Évidemment, rectifie-t-il aussitôt, ce n’est pas tout à fait aussi simple que ça." En réalité, et sous réserve de l’avancée des travaux en cours, on peut observer trois postures dans la manière dont les villes s’approprient ces cités éducatives.

Compenser les manques de l’État [...]

Extrait de banquesdesterritoires.fr du 10.01.22

 

Les cités éducatives, “après-éducation prioritaire“ au service des politiques locales (Localtis)

"On peut organiser dans un établissement un dispositif de prise en charge des élèves en situation de décrochage sans avoir à déranger le ministre“, expliquait Benjamin Moignard dans un colloque organisé par l’Observatoire des zones prioritaires.

Les dispositifs éducatifs, comme dans cet exemple, témoignent pour le chercheur de "l’ambition très forte des territoires sur les questions éducatives" car ils s’adaptent au contexte local et s’inscrivent dans la montée de l’individualisation des politiques publiques.

Ainsi la logique de dispositifs, tendance observée depuis les années 2010, se retrouve dans la manière dont les villes s’approprient les cités éducatives, estime l’universitaire (U. Cergy, sciences de l’éducation) qui distingue 3 postures. Il y a celle d’un “label“ servant à promouvoir une politique éducative antérieure, celle d’une “logique de guichet“ pour accumuler et faire ressortir une multiplicité de dispositifs et d’interventions présentes surtout en dehors de l’école, et enfin celle d’une priorisation d’actions spécifiques via le chef d’établissement ou l’inspecteur d’académie pour tenter de faire de la cité éducative "un outil d’intervention dans l’école et dans les classes."

"Dérogatoire à la forme scolaire ordinaire", le dispositif est ciblé et "consiste à concentrer des moyens sur quelques-uns", à prendre en charge "ce qui pose problème", poursuit le chercheur. Aussi, face aux politiques éducatives nationales, “qui vont d’abord chercher à affronter des enjeux contextuels, à transformer et à lutter contre les inégalités sociales de réussite à l’école", se développerait un 3ème âge des politiques éducatives, basé sur des logiques de programmes et de fragmentation très forte de l’action publique.

“Ce qui pèse, ce ne sont pas tant les contenus des programmes que leurs conditions d’implémentation." Benjamin Moignard considère malgré tout que “si vous avez un programme de lutte contre le décrochage scolaire, peu importe la façon dont il est configuré et ce qu’on y fait. Ce qui va compter le plus sera la stabilité des équipes éducatives, la formation des enseignants sur des pédagogies coopératives, etc."

En outre, il considère que les cités éducatives “entraînent une forme de neutralisation des enjeux liés aux politiques éducatives locales“ et qu’elles ne s’inscrivent pas dans les politiques d’éducation prioritaire telles qu’on les entend traditionnellement, en particulier, en matière d’accompagnement au sein des établissements scolaires, ajoutant que "l’enjeu de savoir ce qui se passe dans la classe n’est pas du tout le registre d’intervention des cités éducatives, plutôt orientées sur ce qui se passe en dehors de la classe"

Pilotées par une "troïka" (préfecture - Éducation nationale - collectivités), les cités éducatives, désormais au nombre de 200, ont pour but d’intensifier les prises en charge éducatives des jeunes de trois à 25 ans avant, pendant, autour et après l’école dans les territoires qui en ont le plus besoin, en favorisant l’alliance des acteurs éducatifs.

Extrait de touteduc.fr du 11.01.22

 

Notes du quotidien des ZEP (QZ)

Le compte rendu écrit de l’intervention de Benjamin Moignard manquait aux Actes publiés par l’OZP Journée OZP 2021. "40 ans d’éducation prioritaire : et après ?". Les actes complets, avec les enregistrements audio, dans l’ordre du programme

Le Café pédagogique a rendu compte également des interventions d’Elisabeth Bisot
et de Jean-Yves Rochex

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