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Journée OZP 2022. Introduction, par Marc Douaire, président de l’association

22 novembre

Journée nationale OZP du 19 novembre 2022.

Introduction de la Journée par Marc Douaire

Aujourd’hui, nous sommes réunis dans le cadre de la 23ème Journée nationale de l’OZP intitulée « Quelles évolutions pour la politique d’Education prioritaire aujourd’hui ? ».
Notre Journée nationale de novembre 2021 saluait les 40 ans de l’Education prioritaire en France. Il s’agissait de tracer des perspectives à partir d’une analyse de l’histoire de cette politique et d’une évaluation de ses principaux effets. La politique initiée par Alain Savary en 1981 constituait une politique de rupture avec l’idéologie de l’égalité des chances et la doctrine administrative de répartition égalitaire des moyens. Cette politique de rupture reposait sur des principes clairs :
Une politique territoriale : là où les conditions sociales sont telles que le service public ordinaire ne peut assurer ses missions ; ce qui visait principalement les quartiers ségrégués.
Une politique inter-degrés : pour assurer la continuité et la cohérence des démarches d’apprentissage et des actions éducatives tout au long de la scolarité obligatoire.
Une politique de projets fédérant sur la durée l’action collective des acteurs de l’éducation prioritaire.
Une politique partenariale associant sur un territoire donné l’ensemble des acteurs en responsabilité éducative.

Cette politique fondatrice a rarement pu bénéficier du temps nécessaire à la mise en œuvre de ses principes. En effet, l’histoire des quarante années de l’éducation prioritaire est à la fois marquée par les discontinuités du pilotage national (sous des gouvernements de gauche comme de droite) et par des ruptures idéologiques dans la conception même de politique d’éducation prioritaire. Tout ceci a uns signification et révèle à quel point la question de la lutte contre les inégalités sociales et scolaires ne va pas de soi et constitue un défi politique permanent. La refondation de l’éducation prioritaire engagée en 2013/2014, dans la continuité de la refondation de l’Ecole en 2012, a pris à bras le corps cette question. Cette nouvelle relance de l’éducation prioritaire devait être évaluée en 2019, il n’en a rien été.

L’OZP a entrepris, en 2018/2020, une enquête concernant les effets de cette refondation de l’éducation prioritaire. Cette enquête a permis de mettre en évidence un certain nombre de questions qui doivent être approfondies et débattues collectivement :
 La politique des dédoublements de classes et la question de la continuité pédagogique
 L’approfondissement du référentiel.
 Les collectifs professionnels des réseaux.
 La formation des personnels.
 Le pilotage à tous les niveaux.
 Les liens entre l’école et les familles ; la question du partenariat et des Cités éducatives.
 La gestion des ressources humaines c’est-à-dire comment l’institution prend en compte, forme, accompagne, reconnait les personnels de l’éducation prioritaire.

L’OZP a ouvert certains de ces chantiers au cours de ces derniers mois ; qu’il s’agisse de la question des Cités éducatives ou de la construction de la carte de l’éducation prioritaire.
Aujourd’hui, dans le cadre de cette journée, il s’agira d’interroger d’autres questions importantes :
 La politique des dédoublements et ses effets obtenus.
 La question de la tension entre l’autonomie pédagogique et la prescription pédagogique à l’heure du discours officiel prônant l’autonomie et l’innovation.
 Les évolutions du travail collectif et des pratiques professionnelles des réseaux.
 Les enjeux et perspectives pour la politique d’éducation prioritaire, sur fond de crises (écologique, sanitaire, sociale, démocratique), dans un contexte d’engagements successifs et précipités de dispositifs et politiques (dédoublements de classes, contrats locaux d’accompagnement, Cités éducatives, « Ecole du futur »), jamais évalués mais tendant à escamoter la politique d’éducation prioritaire et la question sociale.

Marc Douaire

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