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PROPOSITION OZP : des Projets exceptionnels provisoires (PEP) pour des Sites urbains prioritaires en éducation (SUPE)

28 mai 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

une proposition de l’OZP

25/04/2005

Devant le flou qui règne actuellement sur l’avenir des ZEP, l’OZP a décidé de lancer une proposition de réorientation du dispositif d’éduction prioritaire.
Ce texte a été approuvé par le conseil d’administration de l’association fin avril.
Un forum est ouvert sur ce texte : chacun est appelé à participer.

 

Au centre des débats internes qui traversent l’OZP depuis plusieurs années sur l’avenir de l’éducation prioritaire, on trouve un constat : des situations extrêmes ne sont pas vraiment prises en compte qui appellent des solutions plus radicales que les actuelles ZEP.

 

I - Des territoires en déshérence
Le dispositif ZEP, beaucoup trop étendu, masque l’existence de territoires très minoritaires où le service public est défaillant, où l’exclusion se transmet d’une génération à l’autre et où se forment des ghettos ethniques.
Dans ces territoires on constate à la fois des performances scolaires très faibles (mesurées par les évaluations nationales et par les parcours scolaires), la disparition de toute mixité sociale (les enfants des classes moyennes et des catégories intermédiaires qui subsistent dans ces zones « évitent » leurs établissements scolaires) et la fuite des enseignants, qui demandent leur mutation.
La population de ces territoires en déshérence peut représenter, en première approximation, entre 2 et 5% de la population des écoles et collèges publics, alors que les ZEP et REP scolarisent 22% des élèves.

 

II - Les carences des ZEP
Le dispositif ZEP, tel qu’il fonctionne le plus souvent, ne permet pas de faire face aux besoins des populations de ces territoires. Non piloté, il se réduit à l’octroi de quelques moyens supplémentaires (d’un montant d’environ 10%) et de quelques primes qui sont perçues comme des compensations aux conditions de travail difficiles et rarement comme ce qu’elles devraient être : des leviers de mobilisation autour d’un projet.
L’énergie ici ou là d’acteurs de terrain, souvent peu soutenus par l’institution, ne suffit pas à sortir ces territoires de leur marasme. Les exemples, nombreux, de « ZEP qui réussissent » ne se situent pas dans ces territoires en déshérence car les conditions de la réussite, plus exigeantes qu’ailleurs, sont aussi plus difficiles à réunir dans les cas extrêmes.
Il est donc nécessaire de concevoir une nouvelle politique pour ces territoires en déshérence, politique qui tirerait la leçon de vingt-trois ans d’éducation prioritaire avec ses impulsions, ses relances mais aussi ses périodes d’abandon et de perte de sens.

 

III - Des initiatives plus radicales
Alors que dans ces territoires le service public est souvent défaillant, il s’agit au contraire d’offrir le meilleur du service public (plutôt que de donner seulement plus). Pour cela il faut réunir les conditions de la réussite : le travail en équipe, un tutorat pédagogique pour tous les élèves, la mise en œuvre d’une pédagogie différenciée pour des classes hétérogènes

Ce qui nécessite :
- 1. un projet mobilisateur fondé sur un diagnostic partagé ;

- 2. la nomination de personnels volontaires, pouvant se mobiliser autour d’un projet et solidaires de populations « en grande difficulté » ;

- 3. une équipe de direction mobilisatrice ;

- 4. du temps pour le travail en équipe accompagné, le suivi des élèves, les relations avec les familles, le partenariat. Les personnels bénéficieraient d’un service aménagé prenant en compte ces objectifs et ces charges ;

- 5. un accompagnement dense des enseignants, implanté dans la zone.
A titre d’exemple, le dispositif suivant d’accompagnement peut être proposé : dans ces territoires, des enseignants, à raison d’un professeur pour vingt, seraient, après avoir reçu une formation, déchargés à tiers temps pour écouter et observer leurs collègues, organiser des formations, animer un travail collectif sur les pratiques et l’élaboration de projets. Ce dispositif dans l’établissement serait complété au niveau académique avec implication de l’IUFM.

- 6. l’affectation des moyens supplémentaires en priorité aux conditions de développement du travail collectif et du partenariat et à un accompagnement dense des enseignants plutôt qu’à la diminution du nombre d’élèves par classe, déjà réalisée largement.

Dans ce nouveau dispositif, nous proposons d’appeler ces territoires « Sites urbains (*) prioritaires en éducation » (SUPE), appuyés sur des « Projets exceptionnels provisoires » (PEP).
Pour éviter une nouvelle dérive inflationniste du nombre des sites concernés, il sera essentiel que les critères objectifs qui rendent nécessaire la création d’un SUPE soient précisés et appliqués au niveau national.
Les projets des sites retenus seront établis à partir d’un diagnostic initial et déboucheront sur la mise en oeuvre d’un programme d’action sur cinq ans incluant des modalités d’évaluation régulatrice interne et externe.

 

IV - L’avenir des ZEP actuelles ?
L’OZP ne se bat pas pour l’attribution de primes de pénibilité aux enseignants qui exercent dans un environnement difficile ou pour l’attribution à la marge de quelques moyens supplémentaires. L’OZP n’a pas non plus de raisons de s’y opposer, ces primes ou ces moyens sont souvent justifiés, mais ils ne changent pas la situation des élèves scolarisés dans ces zones et c’est ce changement qui est notre objectif premier.
L’OZP souhaite que soient appliqués dans tous ces territoires les principes suivants, fondateurs des ZEP : une corrélation de droit entre les moyens attribués et la composition sociale de la zone, le partenariat avec le milieu environnant, la coopération entre écoles et collèges.
L’OZP souhaite aussi que soient préservés et développés les acquis des zones d’éducation prioritaires qui se sont mobilisées autour de projets ou de contrats de réussite. Un bilan devrait être établi et les conclusions tirées.
Enfin, nous réaffirmons la mission d’une Ecole « ordinaire » adaptée à la diversité des élèves et de tous les quartiers y compris les quartiers populaires, ceux-ci n’ayant pas a priori vocation à entrer en ZEP.

(*) le cas des zones rurales relève d’autres dispositifs

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2 Messages de forum

  • quelle instance va établir les critères pour déterminer les SUPE ?
    quelles instances vont les appliquer dans les départements ?
    est-ce que les personnels auront la parole ?

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  • Il me semble que cette proposition a déjà été faite il y a trois ans par votre association. Le découragement auquel vous faites allusion est peut-être davantage dû à une absence de volontarisme institutionnel qu’à un constat d’inefficacité dont on sait très bien qu’il repose sur des indicateurs contestables. Lorsqu’on sait le poids des problématiques sociales sur le devenir scolaire des élèves (cf rapport Hussenet-Santana) et l’accroissement de ces difficultés dans le contexte socio-économique actuel, il est difficile de s’attendre à des évolutions notables.
    Quant au positionnement du plan de cohésion sociale, il vise à mon avis un public finalement peu pris en compte ces dernières années, celui de très grande difficulté sociale et scolaire.

    Cordialement,

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