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Séminaire professionnel OZP 2016 : Atelier n° 2 "Pratiques, expériences et innovations pédagogiques"

13 décembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Séminaire OZP : Le cycle 3
Paris, 10 décembre 2016

Atelier "Pratiques, expériences et innovations pédagogiques"
Animateur de l’atelier : Alexis Lebert

Note : L’atelier n° 2 a le même thème que l’atelier n°1, dont le compte rendu sera publié prochainement

L’animateur invite les participants venus de six académies différentes à expliquer le contexte dans lequel ils travaillent et à décrire ce qu’ils ont pu réaliser à propos du cycle 3, puis, pour amorcer le débat, expose la situation de son REP+ situé à Paris (où il est principal adjoint après avoir travaillé dans un REP+ de l’académie de Versailles).

L’interdegrés dans un REP+ à Paris
Depuis cinq années, la nécessité de liens forts entre notre collège et les CM2 était admise par l’ensemble des acteurs concernés. Dans notre REP+, il y a trois écoles élémentaires et trois maternelles. Un net avantage ici est la proximité dans ces ensembles scolaires, permettant des rencontres rapides sans longs déplacements.
Pour la mise en place du cycle 3, nous avions déjà repéré qu’il fallait d’abord un temps institutionnel à chaque rentrée scolaire afin de savoir « qui est qui » : aussi, un rassemblement des acteurs du REP est organisé en début d’année. Cela étant fait, il fallait que le comité de pilotage et tous ceux qui prennent des responsabilités dans le processus puissent se rencontrer de façon festive une ou deux fois par an, en début et en fin d’année.

Cet aspect humain étant institué, le travail effectif réside dans des temps de réunions : comité de pilotage, conseil école-collège et des commissions mises en place, issues de celui-ci. Tout donnant lieu à des comptes rendus. Ainsi diffusés, ces textes permettent à tous de suivre les débats et d’avoir des informations détaillées. J’insiste sur cet aspect des choses : faire vivre le cycle 3 nécessite de la communication, et si celle-ci est efficace, elle évite les temps de réunion multipliés et le risque d’épuisement des collègues.

Les comptes rendus sont donc des éléments essentiels. Ils émanent de quatre commissions dont le thème varie selon les années. Pour cette année, il s‘agit de français, mathématiques, sciences et EPS. Le choix est fait à partir des thèmes et des volontés des enseignants. Le choix des objectifs par chaque commission est le résultat de constats partagés des difficultés entre professeurs des écoles et professeurs du collège. Suite à la alors une discussion précise pour trouver les solutions, tant dans les contenus à transmettre que dans la pédagogie à développer. Les commissions ont une durée de vie d’une année scolaire avec un renouvellement possible et des objets nouveaux.

Le comité de pilotage, où siègent les trois directeurs d’école et des représentants du collège, de l’Inspection et des personnalités qualifiées, peut demander des modifications minorer dans leurs les objectifs aux des commissions s’il apparaît que le travail entrepris est trop lourd important.
Cette année, les commissions Français et maths travaillent sur le lexique les langages pour communiquer et employer par les professeurs dans leur enseignement : les visions communes, dans ce domaine, sont moins habituelles qu’on ne le pensait. Les débats sont soutenus car, de part et d’autre, on avance sa propre évidence et admettre que d’autres évidences existent est difficile. Mais l’adhésion à l’objectif commun permet d’avancer positivement.
La commission maths a estimé, pour sa part, que c’est le cycle 3 dans son ensemble, donc dès le CM1, qui devait être concerné par cette unification lexicale après avoir listé les difficultés rencontrées par les élèves dans la compréhension des énoncés

 

L’interdegrés entre 4 REP de l’académie de Versailles
Le témoignage suivant provient d’une coordonnatrice de quatre REP de l’académie de Créteil, un ensemble beaucoup plus vaste, comprenant quatre collèges sur deux communes, avec quinze écoles élémentaires et quinze maternelles. L’élément positif ici est la stabilité des personnels. Au négatif, quelques collèges recrutent des élèves non issus du REP et des actions de liaison mises en place..
Au départ, il y a les projets des quatre REP notamment, dans la mise en place du cycle 3 (les 4 principaux et l’un des IEN sont impliqués) L’objectif d’établir une progression commune à tout le cycle 3. En pratique, le travail a été partagé entre les quatre collèges, avec la participation des écoles leur correspondant de rattachement. Les professeurs (1er et 2d degrés) qui y travaillent sont tous volontaires. L’IA-IPR référent soutient activement ce travail ainsi, bien entendu, que les deux coordonnatrices. Le travail part du constat des résultats obtenus lors des évaluations et établit les progressions les plus efficaces, du début à la fin du cycle, pour atteindre de meilleurs résultats.
Les résultats de ces travaux dans les commissions sont transmis aux autres collèges afin de mutualiser les apports et les écoles qui ont travaillé sur d’autres thèmes font de même. Une évaluation sera faite en fin d’année scolaire et il est prévu de continuer encore ce travail sur deux autres années scolaires.

 

La question du temps
Le témoignage suivant provient de l’académie de Reims et montre la difficulté de faire travailler ensemble deux collèges dont les attentes sont totalement différentes. La question de prendre le temps nécessaire pour éviter les injonctions et mettre tout le monde en confiance est posée. Sans doute, aurait-il fallu qu’une sorte de contractualisation implicite se fasse dès le début afin de clarifier les buts et le mode opératoire.

 

Ne pas multiplier les réunions est aussi une condition nécessaire observée dans un REP d’Auvergne. Il semble donc utile de réserver au comité de pilotage du réseau la politique générale mais pas la « machinerie et l’outillage ». Les commissions s’en occupent. Pour que ça marche, il faut des échanges écrits constants entre les uns et les autres et que ce soit totalement ouvert à tous pour susciter les volontaires.

 

Des conflits entre pilotes
D’un autre coin de la banlieue parisienne, dans l’académie de Versailles, un témoignage rapporte l’impossibilité de travailler sur cette mise en place du cycle 3 à cause de conflit entre les pilotes alors que le REP voisin, en revanche voit le 1er et 2d degrés collaborer utilement, principal et IEN ayant la réussite des élèves comme but commun. On voit à cette occasion les dégâts que peuvent causer des responsables hiérarchiques opposés ou mal disposés. Curieusement, c’est dans le REP bloqué que les collègues du 1er degré sont « épuisés » par les demandes de leur IEN (alors que rien en se fait) et dans l’autre REP que tout « coule mieux » et ce malgré une mobilisation réelle et des actions travaillées. Le fait que la coordonnatrice du REP soit professeure de collège n’améliore pas les choses.

 

D’autres cas de blocage
Un autre témoignage de blocage est alors décrit, provenant d’une autre académie : celui fait par un principal, dans un ensemble de REP où se trouvent trois collèges. Ça tourne bien pour deux d’entre eux mais il n’y a rien dans le troisième. Le travail inter-degrés est donc mené dans deux REP et uniquement dans le premier degré dans le troisième. On trouve donc encore des « baronnies locales ».

L’animateur propose une solution pour ces cas de blocage : faire tourner des commissions de travail qui annoncent haut et fort qu’elles ne s’occupent que de « la machinerie et de l’outillage », la politique du REP restant bien du seul ressort des responsables hiérarchiques. Ce sera malaisé mais, en bout de course, les élèves profiteront quand même des résultats.

 

Travailler avec des collègues hors éducation prioritaire
Un autre témoignage aborde une nouvelle difficulté : chaque collège de ce REP reçoit des élèves issus d’écoles hors REP et inversement. On a donc commencé le travail avec un professeur délégué par école en REP (ce qui fait sept) et autant de professeurs de collèges. Il a fallu d’abord s’approprier les programmes du CM1 à la sixième puis commencer à élaborer des progressions communes, diffusées à tous. Au mois de mars, une première évaluation sera faite. De plus, une plateforme collaborative ( Viaéduc pour les académies de Créteil et de Versailles ) est utilisée pour ce travail sur le cycle 3.
Le territoire où le travail est mené est complexe : 2 REP dont un seul réseau dans une des villes dont une grande partie n’est pas en REP. Il faut donc travailler, pour ce cycle 3, avec des acteurs qui ne sont pas concernés par l’éducation prioritaire. Heureusement, tout le monde travaille ensemble.

L’animateur souligne l’empilement des projets et l’importance d’une cohérence entre eux et ce malgré des temporalités différentes : celui de l’académie, le PEDT, celui du REP et, à l’intérieur, les projets d’écoles et de collèges.

 

Les problèmes d’un REP rural
C’est le témoignage d’un REP rural qui est ensuite rapporté. Le REP est récent et réunit de nombreuses bonnes volontés mais n’a pas acquis les pratiques partenariales et interdegrés que l’on voit dans les REP qui sont d’anciennes ZEP. De plus, dans l’académie de Nantes, l’enseignement privé est très présent et les logiques d’inscriptions par les parents sont spécifiques. En zone rurale la question des déplacements est primordiale. Il faudrait penser à utiliser Skype pour communiquer et éviter les trajets, propose l’animateur.
La liaison école-collège est difficile à gérer quand un élève de CM2 public sur deux va en sixième dans le privé.
Sur cette liaison, le point positif est l’accompagnement par l’ESPE et de la recherche action à propos des « échelles descriptives » du CM1 à la sixième. L’option prise a été « d’expliciter nos enseignements ». On notera que des professeurs de collège assistent dorénavant aux animations pédagogiques du 1er degré.

 

Le rôle du coordonnateur et la stabilité des pilotes
Pour débuter la seconde partie de cet atelier, l’animateur aborde la question des diagnostics : il faut, dit-il, les poser puis engager une réflexion mutualisée en rassurant les enseignants devant les manques découverts et en soulignant les aspects positifs émergents. Le rôle du coordonnateur est alors important car, lui, connait le collège et les écoles, les pilotes et les partenaires et il a sous la main le projet de réseau. ; de plus, il n’est pas hiérarchiquement au-dessus de ses collègues.
Le pilotage, ajoute-t-il, passe certes par les pilotes mais surtout par la conviction des équipes et même dans le cas où l’un des pilotes faiblit ou bloque, les équipes d’enseignants peuvent avancer dans leur travail pour le cycle 3. Il remarque que la stabilité des pilotes est utile et que, dans les REP+, il est demandé aux principaux et aux IEN de rester en place plus de trois années scolaires.

 

Le témoin d’une « vieille ZEP » de la banlieue parisienne indique que s’il est vrai qu’il y a dans les REP+ des heures de concertation, son REP+ voit le nombre d’heures de concertation effectives demandées par la hiérarchie bien plus important que ces heures officielles.

 

Référentiel et ressources
Le coordonnateur d’un autre REP éloigné de la capitale demande à l’atelier rassemblé quelle est la place du référentiel de l’éducation prioritaire dans cette question du cycle 3. Chez lui, le référentiel est l’outil de base de son REP. Ya-t-il, se demande-t-il, des invariants parmi les commissions de travail, par exemple sur l’explicitation des actes d’enseignement ? Idem pour les langages : comment faire comprendre ces différents langages et comment cela se construit-il ?

L’animateur l’invite à utiliser toutes les banques de données qui existent aujourd’hui sur internet et cite les CAREP, le site CANOPE, Expérithèque mais aussi le Centre Alain Savary, le site Education prioritaire du ministère, le site de l’OZP… Une récolte d’informations et de comptes rendus d’expérience est possible dans la plupart des domaines : le coordonnateur peut assurer cette recherche et la diffusion de ses trouvailles.
Compte rendu rédigé par Alain Bourgarel

 

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