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Les enseignants et les inégalités de genre : un rapport de l’Ocde (Le Café)

9 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Quand les garçons fatiguent les profs...
"Que peuvent faire les écoles et les enseignants pour aider les garçons à réduire leur infériorité en lecture ?" L’OCDE tente de répondre à cette question en s’aidant des résultats de l’enquête internationale Talis. Malheureusement, pour l’OCDE, aider les garçons implique une hausse de la charge de travail pour les enseignants. Les garçons sont-ils une calamité ?

Les garçons réussissent moins que les filles dans les classes indisciplinées

C’est un classique des systèmes éducatifs : les garçons sont meilleurs en maths et les filles plus compétentes en lecture. Cet écart ignore les frontières et s’impose dans la plupart des pays, du moins là où les filles vont à l’école autant que les garçons.

La question posée par l’OCDE est celle du "que faire" face à cet handicap masculin. La première constatation faite par Talis c’est le lien entre les résultats des garçons et les problèmes de discipline dans la classe. Plus ils osnt importants, plus l’écart entre filles et garçons augmente. "Peut-être que les garçons sont plus affectés par des conditions d’apprentissage dégradées", écrit l’OCDE. "Peut-être sont-ils ceux qui perturbent les cours". Une certitude : dans une classe agitée les garçons sont moins capables d’apprendre que les filles. Or on sait que les classes françaises sont nettement moins disciplinées que la moyenne de l’OCDE.

Multiplier les évaluations : positif pour les garçons ?

Seconde constatation de l’OCDE : l’écart de réussite entre filles et garçons diminue dans les classes où l’enseignant déclare des relations positives avec les élèves. La qualité de la relation personnelle avec l’enseignant aurait davantage d’impact sur les garçons que les filles. L’OCDE en tire comme conclusion que les esneignants devraient paser du temps avec les élèves dans des activités complémentaires des cours de façon à en gagner lors des cours...

Dernière constatation : l’écart entre les genres diminue aussi dans les écoles où les évaluations sont fréquentes. Multiplier les évaluations serait particulièrement positif pour les garçons. L’OCDE a aussi calculé qu’il y a une corrélation entre l’évaluation externe des enseignants et les résultats des élèves. Un vrai encouragement à multiplier les évaluations des élèves et des adultes.

Le poids des stéréotypes de genre

Que retirer de tout cela ? D’abord qu’il est intéressant de voir l’OCDE s’occuper de la réussite des garçons. Car il est vrai que les garçons sont plus sujets au décrochage et plus nombreux à abandonner l’Ecole avant le bac. Mais il ne faudrait pas oublier qu’au final, ce sont eux les vainqueurs du système éducatif. Ce sont eux qu’on retrouve majoritaires dans les filières d’excellence. Ce sont eux qui, à niveau égal, n’hésitent pas à les demander quand les filles n’osent pas. S’intéresser autant aux garçons ne doit pas faire oublier cette réalité.

Le lien entre la relation personnelle et la réussite des garçons fait écho à des recherches françaises sur ce que Debarbieux appelait "la fabrique des garçons". Il a montré , dans "L’impasse de la punition à l’école", que les punitions encouragent les transgressions plus qu’elles ne les découragent et que c’est particulièrement vrai pour les garçons. Arriver à utiliser d’autres armes relationnelles ne peut que favoriser la réussite des garçons.

Une autre mention renvoie à l’image que les garçons ont d’eux mêmes : il s’agit des évaluations. D’autres études ont montré que les garçons souffrent moins de la compétition que les filles et y sont meiux préparés.

Derrière toutes ces constatations ce qu’on entend surtout c’est le poids des stéréotypes de genre. Ils sont à l’oeuvre chez les garçons mais aussi chez les enseignants et dans le système lui-même. C’est dans cette lecture que nous partageons la conclusion de l’OCDE qui dit que "trouver lemoyen d’améliorer la discipline dans les écoles et les relations avec les élèves peut aider à diminuer l’écart entre filles et garçons en lecture".

François Jarraud

Teaching in Focus n°39
Debarbieux

Extrait de cafepedagogique.net du 09.06.21

 

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