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Pour que la démocratie entre à l’école, Quelques amoureux de l’école observent, s’interrogent, débattent et proposent...", collectif sous la direction d’E. Charmeux, éditions du Croquant, octobre 2021

29 octobre 2021

Pour que la démocratie entre à l’école, Quelques amoureux de l’école observent, s’interrogent, débattent et proposent...", collectif sous la direction d’E. Charmeux,
Editions du Croquant, octobre 2021

Un ouvrage peu ordinaire.

À la fois sorte de récit épistolaire, longue conversation écrite entre six amoureux de l’école, d’âges, d’origines et de statuts différents, et ouvrage militant qui, racontant les trois premières années d’un ministre de l’Éducation nationale, pas ordinaire non plus, part d’un constat pour poser des questions et leur apporter des éléments de réponse concrète.

Le constat est que, depuis qu’elle est républicaine, l’école en France et la démocratie se cherchent, se tournent autour, se rapprochent parfois l’une de l’autre, d’assez près à certains moments, pour se trouver finalement séparées, chaque fois, par des événements divers.

Questions : comment une école républicaine peut-elle n’être pas démocratique ? Pourquoi faut-il qu’elle le soit ? Comment s’y prendre pour qu’elle le devienne ?

Le lecteur trouvera des réponses précises aux deux premières, et pour la troisième, des pistes concrètes, inspirées de tentatives réelles, ayant eu des réussites intéressantes et parfois durables.

Table des matières

Avant propos : l’École et la démocratie, quelles relations ?

Il a donc fallu préciser

I-Prologue
L’école, des turbulences d’hier au désastre d’ aujourd’hui

Ce désastre, il vient d’où ?

 

II- L’ An 1 de l’ère Blanquer : mai-septembre 2017

Les « Six » face à une pluie de brochures et une cascade de réformes

 

III- L’école dévastée : en trois ans, des dégâts, partout !

L’ ahurissante innovation des « 2S2C »

Erreurs et confusions dans la prétendue querelle des méthodes d’enseignement de la lecture

Erreurs et confusion dans l’ approche de l’écrit, qui, présent partout dans l’environnement de chacun, n’est plus à découvrir, mais s’ apprend par une observation réfléchie, sans passer par l’oral

Erreurs et confusion dans la notion de « lecture » : « déchiffrer oralement » n’est pas « lire »

Erreurs et confusion dans la place de la relation lettres-sons, ce qu’on appelle parfois « la combinatoire ». Celle-ci n’est ni le déchiffrage, ni « de la lecture »

Erreurs et confusion dans la notion de « lecture à haute voix » : « déchiffrer oralement », n’est pas « lire à voix haute ».

Erreurs et confusion dans la notion de « fluence » : « vitesse de lecture » n’est pas « accélération du déchiffrage oralisé ».

Erreurs et confusions dans la notion de « compréhension » : « reconnaître » n’est pas « comprendre »

Erreurs et confusions dans la notion d’évaluation : en pédagogie « évaluer », ce n’est ni « mesurer », ni « juger »

Erreur et confusion dans la symbolique de l’école : l’école n’ a pas à développer « l’esprit de confiance », mais « l’esprit critique »

Erreurs et confusion dramatiques : on ne traite pas un enfant de 3 ans comme un élève de collège

Et, recouvrant toutes ces erreurs, erreurs et confusion dans la conception du métier d’enseignant : « enseigner » ne signifie pas « dresser pour obtenir le résultat »

Est-ce à dire que tout est foutu ?

Pause historique : depuis quand le souci de changer l’école existe-t-il ?

Non ! Tout n’est pas foutu !

 

IV- Une fois tout déblayé, reconstruire…

Une école rêvée ? Une école de rêve ?

Donc, les rêves mis de côté, pour bâtir un vrai projet, le travail, le travail, commence par des lectures et relectures des grands maîtres à penser

Réfléchir ensemble sur les « six propositions » de Philippe Meirieu

Réfléchir ensemble sur le travail de Charles Pepinster : la question de l’évaluation par notes chiffrées

Des exemples vécus, en France pour comparer

Le premier pas : qui a osé le faire ? Et comment ?

En quoi ces deux exemples peuvent-ils aider les collègues à faire ce difficile premier pas ?

Par quoi on commence ? Une Déclaration des Droits de… qui ?

Quelques éléments de commentaires sur ces articles dont on espère qu’ils deviendront un jour articles de loi

Après les droits, les « devoirs », ou plutôt les conditions qu’il faut installer pour que ces droits puissent exister.

Les idées forces qui se dégagent de tout ce travail d’information et de clarification

Comment CONCRÈTEMENT agir sur le « politique » ?

Et si la première cause des difficultés, ici, était au fond d’ordre pédagogique ?

Entre la population et le politique, un lien à trouver

Des pistes, à suivre en équipe, pour lancer l’ « ébranlement », qui ouvrira la porte…

Quel(s) mots de la fin ?

Bibliographie

 

Les auteurs de l’aventure :

Un inspecteur de l’Éducation nationale en retraite, Simon, souhaitant garder l’anonymat.

Deux anciens instituteurs, Jean-Louis Briand et Alain Miossec.

Un psychologue scolaire, retraité lui aussi, Laurent Carle.

Un professeur des écoles en activité, David Sire.

Une femme, professeure honoraire d’école normale, puis d’Institut universitaire de formation d’enseignants, Éveline Charmeux, qui a coordonné l’ouvrage.

Extrait de editions-croquant.org

 

Dialogues et controverses autour de l’école (ouvrage coordonné par Eveline Charmeux)

"S’il est bien vrai que seul, le politique peut faire changer les choses, alors que, pour mille raisons bien connues, il n’a aucune envie de le faire, et n’en voit pas l’intérêt ; s’il est bien vrai aussi que ceux qui en voient l’intérêt, ce sont ceux de la base (...) ; alors la solution repose sur les épaules de ceux qui peuvent être les intermédiaires entre les deux, et faire remonter les demandes, jusqu’aux politiques." Tel est le projet de l’ouvrage coordonné par Eveline Charmeux, "Pour que la démocratie entre à l’école".

Ancienne élève de l’ENS, agrégée de lettres, ancienne formatrice en école normale et IUFM, figure du militantisme pour un autre enseignement de la grammaire, de l’orthographe et de la lecture, le domaine pour lequel elle est surtout connue, elle anime un blog, "l’amie scolaire" sur lequel elle réagit avec toute la force de ses convictions à l’actualité, surtout depuis que Jean-Michel Blanquer est revenu comme ministre "rue de Grenelle". Chacun de ses billets provoque des commentaires, le plus souvent mais pas toujours amicaux, qui provoquent à leur tour d’autres commentaires... L’ouvrage propose un choix de ces dialogues et controverses, où se mêlent émotions, réactions à l’actualité des réformes et réflexions de fond sur plusieurs thèmes, les notes et leur possible suppression, la poésie et la place, trop faible, faite dans l’Ecole à la culture,"l’enseignement explicite" et ses illusions, les tests de CP considérés comme "une espèce de crime contre l’humanité enfantine", la note sur l’École maternelle qui a plongé le groupe "dans un profond désespoir"...

La querelle des méthodes de lecture occupe une place importante dans les diverses contributions. Pour E. Charmeux, "enseigner le déchiffrage est un crime contre l’intelligence des enfants du peuple", d’autant qu’ "on entretient aussi bien chez les élèves que chez les parents le fait que lire ce serait faire du bruit avec sa bouche". Et surtout, il convient de distinguer "méthode" et "démarche". La première "rigide, servie clés en mains (...), la même pour tous et tous les ans" et "où tout est prévu (...), à commencer par l’absence évidente de l’enfant". La seconde est "un outil souple qui s’adapte aux variations des situations de classe". Pour les contributeurs, il est clair qu’ "enseigner la reconnaissance des mots et la compréhension comme deux concepts distincts rend les élèves nuls en lecture".

Ils s’inquiètent du fonctionnement de l’Ecole à la française qui "est censée instruire par mémorisation sans agir, sans échanger, sans donner, sans partager et sans faire : apprendre à lire sans lire, sans bibliothèque et sans correspondant épistolaire, à écrire sans écrire et sans communiquer avec un interlocuteur distant, à faire des opérations de calcul sans rien produire de quantifiable pour personne (...). Dans l’école à la française, rien ne doit être appris qui n’ait d’abord été enseigné. Nul ne doit faire avant d’avoir appris à faire. Aucun enfant ne doit lire avant d’avoir appris à lire."

Mais dès lors, que serait "une école démocratique" ? Comment associer au triptyque "liberté, fraternité, égalité", les mots "solidarité, partage, souci des autres, lesquelles impliquent un fonctionnement largement horizontal" alors que "son fonctionnement reste ’vertical’ : les ordres viennent d’en haut, pratiquement sans que la base n’ait réellement le pouvoir de ’faire remonter’ des propositions venant d’elle", alors qu’ "elle ignore la séparation des pouvoirs : les inspecteurs dont la fonction est de juger les enseignants sont en même temps des formateurs, et le ministre s’arroge le droit d’imposer des méthodes qui sont hors de ses compétences".

Mais "depuis qu’elle existe, l’École (n’est-elle pas) agitée de turbulences, nées d’un conflit, tantôt sourd, tantôt éclatant au grand jour, celui qui oppose deux modèles : celui qui vise l’instauration d’un monde d’adultes libres, riches culturellement, et capables de protéger une démocratie toujours plus ou moins en danger ; celui qui vise l’instauration d’un monde d’adultes bien formés et bien adaptés aux exigences, notamment économiques, de la Société où ils vivent." Et les auteurs en appellent à un sursaut démocratique. ils combinent les formules d’Héraclite et d’Edgar Morin : "Eveillés, ils dorment. Alors, il faut les réveiller, n’est-ce pas ?..."

"Pour que la démocratie entre à l’école, Quelques amoureux de l’école observent, s’interrogent, débattent et proposent...", collectif sous la direction d’E. Charmeux, éditions du Croquant, 256 p., 18€

Extrait de touteduc.fr du 28.10.21

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