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Un rapport du Cesp sur Parcoursup (Le Café, ToutEduc)

17 février

Additif du 02.03.22

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2022/03/02032022Article637817999058176805.aspx

 

Parcoursup : des progrès mais des questions de fond restent à résoudre (rapport du CESP)
Seul un quart des formations de l’enseignement supérieur "ne sont ni sélectives ni en tension", puisque "la moitié des formations sont sélectives, et parmi les formations non sélectives, la moitié sont en tension". Au total, "l’offre de formation est aujourd’hui stabilisée à hauteur de 838 300 places, dont 85 200 en apprentissage". C’est l’un des enseignements du rapport 2021 du "Comité éthique et scientifique de Parcoursup" qui vient d’être publié (et qui porte sur 2020).

Les auteurs considèrent que le dispositif "est aujourd’hui bien installé dans le paysage", d’autant qu’il "regroupe désormais l’ensemble (des) offres de formation accréditées par l’État, soit plus de 17 000 formations" et que le nombre de candidats utilisant la plateforme dépasse maintenant le million. "Cette montée en puissance fait de Parcoursup un écosystème complexe", ce qui "impose la plus grande vigilance quant au respect des critères qui fondent (s)a légitimité" : son efficacité, la transparence des procédures, l’équité de traitement des candidats, la sécurité et la sûreté de l’ensemble du processus. Mais s’ils saluent "le remarquable travail effectué par les équipes de Parcoursup", ils n’en estiment pas moins qu’ "un certain nombre de grandes questions demeurent à résoudre à cet égard".

Ils considèrent notamment "que la procédure principale est trop longue" : "le pourcentage de néo-bacheliers finalement admis qui attendent plus de deux mois avant de recevoir la proposition qu’ils accepteront ne s’améliore pas : entre 5 % et 7 % des admis, soit 25 000 en 2018, 21 000 en 2019, 30 000 en 2020." Ils ne recommandent pas "la réintroduction générale de la hiérarchisation des vœux", mais proposent "de rendre obligatoire, une semaine environ après les résultats du baccalauréat (soit mi-juillet), le classement des vœux en attente par les candidats, ce qui donnera lieu à la mise en place immédiate d’un répondeur automatique pour tous procédant aux affectations quasi immédiatement et permettant un traitement équitable des candidats". A noter, s’agissant de l’attractivité des formations en ce qui concerne les licences, deux exemples choisis par le CESP : "près d’un tiers des places des licences de lettres sont vacantes alors que les licences STAPS font le plein."

Le comité émet "une alerte sur la procédure complémentaire, qui fonctionne pour les formations non sélectives selon une règle du ’premier arrivé, premier servi’ (...), il serait possible de demander aux formations une dernière réunion de leur commission pour admettre ces nouveaux candidats sur classement."

Il salue "la souplesse et le caractère innovant" du dispositif qui a su s’adapter "aux nouvelles normes" concernant l’apprentissage et il recommande "une valorisation active de ces possibilités de poursuite d’étude". Il "apprécie les progrès importants réalisés d’année en année en matière de transparence", mais la majorité des formations opèrent "un pré-classement des candidats selon des critères quantitatifs sans que les candidats ne le sachent toujours ni n’en connaissent précisément les barèmes". Elles devraient donc publier leur barème de pré-classement ainsi que "la liste des critères qualitatifs pris en compte par la CEV (commission d’examen des voeux) pour l’élaboration de son classement final". Il ne faudrait d’ailleurs pas que la "quantification nuise à la diversité des recrutements. Il s’agit là d’une question essentielle, il n’y a pas d’avenir démocratique pour une société qui normaliserait les désirs de sa jeunesse. Les licences sont notamment, et à raison, attachées à recruter des profils diverses, et cette possibilité est une liberté pour les futurs étudiants.
Il importe de les préserver (...). Sans intervention humaine, (un classement fondé uniquement sur des critères quantitatifs) peut conduire à une standardisation des recrutements, donc à terme à un appauvrissement de la diversité et du renouvellement créatif."

Il souligne par ailleurs "l’importance du nombre d’étudiants qui, à l’issue de la campagne annuelle, n’ont reçu aucune proposition (41 000 candidats en 2020)", mais note, s’agissant des lycéens boursiers, que des "quotas à la fois réalistes et volontaristes" ont permis "d’augmenter la proportion de boursiers parmi les lycéens admis, qui est passée de 20 % à 25 %. En revanche, les progrès sont encore insuffisants dans la poursuite d’études des bacheliers professionnels et technologiques, pour partie du fait du déficit de l’offre de formations professionnalisantes, notamment en IUT."

Il demande que "l’Île-de-France fasse l’objet d’une attention particulière", l’offre de formation y est "insuffisante, et surtout déséquilibrée par une surreprésentation des formations ’d’élite’ et une sous-représentation de l’offre pour les bacheliers technologiques et professionnels".

Le site ici (PDF)

Extrait de touteduc.fr du 16.01.22

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