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Les compétences sociales et comportementales à l’école française, adaptation à l’entreprise ou démocratisation ? (blog Médiapart de Jean-Pierre Véran)

29 septembre

L’école, le capitalisme et les savoirs : comment échapper au piège immobiliste ?
Jean-Pierre Veran
Mediapart
On accorde peu à peu plus d’importance aux compétences sociales et comportementales dans l’école française. Faut-il y voir une adaptation dangereuse de l’école à l’entreprise ou, au contraire, un levier pour réduire l’injustice scolaire ?

Les ouvrages, travaux et articles consacrés aux liens entre l’école et le système économique dominant ne manquent pas : si Freinet estimait en 1924 que « l’école est fille et servante du capitalisme[1] », Christian Baudelot et Roger Establet publient L’école capitaliste en France en 1972[2] et Francis Vergne, Guy Dreux, Pierre Clément, Christian Laval, en 2011, La nouvelle école capitaliste[3]. Un article récent du Monde, titré « "L’élève sera le client " : aux Etats-Unis, l’école selon Jeff Bezos, Mark Zuckerberg et Elon Musk » nous en rappelle l’actualité[4].

Dans Libération aujourd’hui, un article de Clémence Mary, intitulé «  A l’école, être ou ne pas être soi-même[5] », examine, à partir des résultats d’enquêtes internationales témoignant du mal-être des élèves français plus fort que celui des élèves d’autres pays, la tendance à donner place désormais, dans les apprentissages scolaires à des compétences douces (soft skills). Là encore, l’école française serait à la traîne, les compétences sociales et comportementales y étant moins travaillées qu’aux Etats-Unis ou au Canada. De ce fait, l’estime de soi qui peut être un facteur de réussite contre l’autocensure et les inégalités sociales, fait défaut aux élèves qui n’en ont pas hérité familialement. Renforcer le travail en petit groupe, favoriser l’expression de soi qui vise l’autonomie, voici quelques pistes rappelées par l’article, qui ne s’embarrasse pas de distinguer les formes de travail de groupe. On a observé depuis longtemps en effet, avec Philippe Meirieu, qu’il ne suffit pas de mettre quelques élèves autour d’une table pour qu’ils apprennent mieux et plus : le plus souvent, dans ce cas, chacun choisit un rôle : celui de leader, celui d’exécutant, celui d’indifférent, celui d’opposant. Pour que les élèves apprennent individuellement et collectivement, il faut organiser entre eux une activité coopérative où chacun apprend aux autre et apprend d’eux, comme l’a montré notamment Sylvain Connac.

[...] Cultiver explicitement à l’école ces compétences, est-ce donc un objectif de démocratisation de l’accès à ces compétences sociales et comportementales, ou le projet de « former des gens adaptés à l’entreprise, souples, comme si l’école devait se transformer en incubateur de leaders », selon les propos rapportés de Bernard Lahire ?

Selon la journaliste, pour lui, le débat est tranché par la question suivante : « plutôt que d’adapter l’école à l’entreprise en rajoutant une couche d’évaluation informelle, pourquoi ne pas s’en tenir aux compétences disciplinaires ? »

Extrait de mediapart.fr du 19.09.22

 

L’article de Libération

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