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Pap Ndiaye prend discrètement ses distances avec les réformes Blanquer ( ToutEduc)

4 août

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Pap Ndiaye prend discrètement ses distances avec les réformes Blanquer

Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Orientation le mercredi 03 août 2022.

L’un des grands mérites de la réforme du lycée est qu’ "elle est perfectible", tout comme ParcourSup d’ailleurs, déclare Pap Ndiaye aux députés de la commission des affaires culturelles, hier 2 août. Le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse ajoute que "nous n’avons pas d’évaluation solide" de cette réforme. D’ailleurs, de façon plus générale, les réformes initiées par son prédécesseur sont "de grande ampleur", mais leurs évaluations ont été "impactées par la crise sanitaire".

Il a été "frappé" par "l’état de fatigue" des personnels, du fait de cette crise, mais aussi des "tensions générées par les réformes" et il "ne souhaite pas précipiter le lycée ou le 1er degré dans un cycle nouveau de réformes sans une évaluation précise et sérieuse" de ce qui a été fait. Il doit aussi prendre en compte "l’état des troupes". Il ajoute toutefois, "nous travaillons sur la question du collège". Il n’a donné qu’une indication à ce sujet , éviter que "l’entrée en 6ème ne représente une marche trop haute" pour les élèves en difficulté.

Pap Ndiaye a également pris ses distances avec la politique de Jean-Michel Blanquer tout à la fin de cette audition, à propos des jardins d’enfants. C’est par "un effet indirect" que la loi sur le respect des principes de la République qui institue l’obligation scolaire a provoqué leur "fragilisation" : "Nous essayons de trouver un chemin pour préserver les jardins d’enfants (...). Ce n’est pas facile." (voir à ce sujet ToutEduc ici). Il avait précédemment répondu à une question sur l’instruction en famille. Il indique que 53 % des demandes introduites au titre de l’article 49 ont reçu une réponse positive, mais il ajoute qu’il a constaté "des contrastes très forts" entre les départements, certains les refusant toutes, d’autres étant "plus ouverts" : "Nous devons équilibrer les choses, il nous faut harmoniser."

Pour le reste, le ministre a surtout cherché à rassurer et à situer son action dans le cadre "des engagements du président de la République" pris au moment de sa campagne électorale. Sur le lycée professionnel par exemple, il affirme que celui-ci "reste dans le giron de l’Education nationale", que la double tutelle EN-Travail permettra d’avancer sur "la question des stages" et qu’une loi "sera proposée" au Parlement prochainement. Il ajoute qu’il y aura "des choix à faire" en ce qui concerne "certaines filières".

Sur l’école élémentaire, il s’inscrit avec quelques nuances dans la continuité de la politique de son prédécesseur. Comme lui, il insiste sur les "savoirs fondamentaux", mais ajoute aussitôt qu’ils "ne sont pas exclusifs d’autres savoirs". Il évoque l’extension de l’expérience marseillaise, et un processus de sélection des projets d’école, les "plus aboutis" étant susceptibles de recevoir, en 2023, un financement spécifique. Il veut associer à ce processus les élus locaux et la représentation nationale.

Interrogé sur la rentrée, il reconnaît qu’elle sera "délicate" indique qu’il a été proposé aux candidats au CRPE inscrits sur listes complémentaires dans les académies proches de l’Ile-de-France, Reims, Rouen, Amiens, de rejoindre les académies de Créteil et Versailles. Il reconnaît également "une grave crise d’attractivité", avec 18 000 candidats là où, les autres années, on en comptait 30 000 et où il en faudrait 50 000 (il ne précise pas quels concours sont concernés), même s’il évoque un effet mécanique du passage du concours en M1 et M2 qui a, explique-t-il "provisoirement tari le vivier de recrutement". La hausse des rémunérations ne devrait pas concerner les derniers échelons puisque les enseignants qui y sont arrivés peuvent passer à la hors-classe. La revalorisation passe aussi par des "missions nouvelles", et elle n’est pas "seulement financière", mais aussi "sociale et morale" : "je serai très attaché au respect de l’autorité (des enseignants)", ajoute-t-il. Il pense aussi aux secondes carrières, pour lesquelles la question de l’obligation de mobilité (pour le 2nd degré) doit être "prise en compte", de même qu’il faut "réfléchir à des portes de sorties" (pour les enseignants). Autre élément qui pourrait contribuer à renforcer l’attractivité des métiers de l’éducation, le travail en équipe.

Et le ministre pose alors la question du concours des PE (professeurs des écoles). "Est-ce une bonne idée de les recruter à bac+5 ?" Il précise que pour lui, la masterisation est un "acquis", et il ouvre donc, implicitement, la voie à un concours à bac+3" suivi de deux années de formation professionnelle. Il faut "repenser le métier de professeur".

Ce n’est pas le seul sujet qu’il ouvre ainsi. Il y a, dit-il, "une réflexion à mener" sur l’accompagnement des élèves en situation de handicap. "La meilleure solution" n’est pas "forcément une AESH", on peut "imaginer une diversité de réponses".

A noter encore que les décrets d’application de la "loi Rilhac" sont "encore en préparation" et qu’ils "vont être publiés après concertation". L’ARS (allocation de rentrée scolaire) sera augmentée de 4 %, des "aides spéciales" sont de plus prévues pour l’outre-mer. Quant au vote électronique pour l’élection des représentants des parents d’élèves, ce ne sera pas pour cette année, le ministère n’ayant pas les moyens d’en garantir la fiabilité.

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