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Les mesures scolaires et éducatives du « Plan banlieue » annoncées ce matin

8 février 2008

Extrait du site de l’Elysée, le 08.02.08 : Le discours du Président de la République

Les intertitres sont du « Quotidien des ZEP »

[...]

Pour les décrocheurs : des écoles de la deuxième chance

Le premier échec c’est le décrochage scolaire, c’est la sortie de l’école, chaque année, de 150 000 jeunes sans aucune qualification. Je ne veux plus qu’on laisse les « intermittents des collèges », ces jeunes si souvent absents, disparaître à 16 ans.

Lorsqu’on les retrouve quelques années plus tard, c’est parmi les chômeurs ou les délinquants.

Aujourd’hui personne ne se sent responsable de ces jeunes. Je demande à l’Education Nationale, dont c’est la mission, d’identifier ces jeunes qui ne sont inscrits dans aucun établissement l’année suivante.

Je veux que tous les moyens soient mobilisés pour qu’à partir de 16 ans tout jeune sorti du système scolaire sans aucune qualification puisse être accueilli dans une école de la 2ème chance. Là où elles existent, ces écoles sont un succès. Je veux qu’elles soient généralisées sur tout le territoire. Je veux que l’école de la 2ème chance devienne pour notre République en ce début de XXIe siècle une priorité comme l’école primaire le fut jadis pour la IIIe République.

Je ne veux pas qu’on le fasse à moitié, juste pour quelques-uns, juste pour se donner bonne conscience. Je veux que la deuxième chance devienne un droit pour tous. Je veux que ces écoles puissent bénéficier de la taxe d’apprentissage. Je veux que l’Etat s’engage financièrement. Parce que ce qui coûte le plus cher à la société, ce qui coûte le plus cher à l’économie, c’est de laisser une partie de la jeunesse à la dérive, sans aucun repère, sans aucune formation, condamnée à la marginalité parce qu’à un moment, à 12 ans ou à 14 ans, elle a décroché de l’école.

Le développement de la deuxième chance, ce sera l’une des priorités de mon quinquennat. Il faut du temps parce qu’il faut former les enseignants, il faut créer les structures, mais l’on va s’y mettre, c’est un dossier que je suivrai personnellement parce que beaucoup de choses se jouent sur cette idée de la deuxième chance, parce que l’on sait que ce type d’école permet d’obtenir des résultats mais qu’aujourd’hui, il y en a encore trop peu par rapport aux besoins et que les parents, les éducateurs se trouvent désemparés face à ce vide.

La deuxième chance, c’est aussi celle que l’on offre à celui qui n’a pas le bac et qui veut poursuivre des études supérieures. Celui qui pour une raison ou une autre a décroché du lycée et qui veut reprendre ses études. Le système de la capacité en droit doit être élargi à d’autres disciplines. Il faut créer des passerelles, développer des systèmes comme celui du Conservatoire National des Arts et Métiers.

La deuxième chance c’est un projet de société.

Pour les élèves défavorisés « aptes » : des internats d’excellence

L’autre grande priorité c’est de faire en sorte que la première chance puisse être réellement saisie. Je veux que dès le plus jeune âge les enfants des milieux défavorisés qui montrent de bonnes aptitudes scolaires, qui ne peuvent pas étudier chez eux dans de bonnes conditions et qui risquent d’être happés très vite par un environnement qui les détourne de l’étude, puissent se voir proposer un hébergement dans des internats, pas les austères internats de jadis mais des internats d’excellence, modernes, où il ferait bon vivre et étudier, où les enfants seraient totalement pris en charge pendant la semaine et où ils bénéficieraient d’un accompagnement scolaire et éducatif.
Ce serait un instrument de mixité et de promotion sociales. Ce serait une bonne façon d’aider les familles et d’offrir aux enfants une vie plus équilibrée, d’échapper à l’attraction de la rue et des bandes. Il faut là encore faire des internats d’excellence non un outil à la marge mais l’instrument d’un véritable projet de société où la promotion sociale retrouve toute sa place. Je veux que l’Etat s’y engage massivement à côté des communes, des départements et des régions.

L’école et les enfants d’immigrés

[...]
Pour que tous les enfants aiment la France, pour qu’ils prennent sa culture, sa langue et son histoire en partage, la première condition est que l’école de la République leur apprenne.

En relevant ce défi, je sais que notre système scolaire trouvera un nouveau souffle.
La panne de l’intégration des enfants nés dans les banlieues, c’est là qu’elle se trouve. Parce que les enfants dont les parents ne savent pas écrire partent dans la vie avec plus de handicaps que les autres. Pour que grâce à l’éducation, ces enfants puissent avoir l’espoir réel de changer leur condition, ils doivent avoir la meilleure école, celle voulue par Condorcet et par Jules Ferry.

Pour la mixité scolaire : fermetures de collèges, « busing » et 30 sites d’excellence

C’est l’école de l’excellence pour tous, car l’élitisme républicain est la condition de la promotion sociale. C’est l’école de la citoyenneté, du respect et de l’autorité qui transmet le savoir, mais aussi le savoir-être. Mais lorsque dans notre pays on a scolarisé les enfants des paysans, on ne les a pas rassemblés en plein champ ! On a créé des internats, on a mis en place des transports scolaires pour que les enfants de la campagne soient dans la même école que ceux des villes et qu’ensemble ils construisent l’avenir de notre pays.

Je veux faire la même chose avec les enfants des cités. On ne peut plus accepter qu’ils soient scolarisés dans des établissements dont on sait qu’ils ne conduisent qu’à l’échec. Je veux donc casser les ghettos scolaires en fermant les collèges les plus dégradés. Car la différence entre un collège de centre ville et un collège au pied des barres, c’est que dans le premier, il faut être le meilleur de sa classe, alors que trop souvent dans le second, réussir c’est faire autre chose que d’être le meilleur.

Et cet enfant qui ne veut pas progresser, même le maître le plus expérimenté ne saurait l’aider. Cet enfant, je veux lui redonner l’envie d’être le premier dès le plus jeune âge.

C’est pourquoi, dans les écoles primaires des quartiers, Xavier Darcos va renforcer les équipes éducatives et étendre aux jeunes orphelins de 16h les mesures d’accompagnement éducatif. Mais je veux aller plus loin, en appliquant ce qui a tant réussi dans quelques écoles primaires pionnières, comme celle de la Saulaie à Oullins : les élèves de classes entières sont scolarisés dans d’autres écoles de la même ville pour y découvrir un autre environnement, d’autres camarades, d’autres enseignants. La mixité est une condition de la réforme de la carte scolaire. Je demande par conséquent à tous les inspecteurs d’académie de faire des propositions aux communes pour l’expérimenter aux écoles primaires les plus en difficulté.

Je veux que la République redevienne une incitation à imaginer des pratiques courageuses, pas une excuse pour ne pas agir. Je veux donner à tous les enfants le goût d’apprendre en leur offrant des formations qui les motivent.
Dans des collèges et lycées des quartiers, dont des lycées professionnels, 30 sites d’excellence vont être créés. Ils auront des classes d’élite rassemblant les meilleurs élèves et bénéficiant d’un enseignement d’excellence. L’encadrement sera renforcé et une banque de stages sera créée pour que la recherche d’un stage en entreprise par les jeunes qui sont en 3ème ne soit plus jamais vécue par eux comme leur premier échec professionnel.

Nous aurons réussi le jour où il y aura plus de diversité à Henri IV, mais aussi des classes d’élite dans le collège République à Bobigny, le jour où des établissements privés prestigieux s’implanteront dans les quartiers en difficulté. Certains comme l’Ecole alsacienne sont prêts à le faire. L’Etat doit les y encourager.

5 % des élèves de tous les lycées vers les classes préparatoires

C’est ainsi que je veux donner de l’espoir aux jeunes, en leur ouvrant les filières qui leur sont fermées, l’ENA, HEC et les universités. J’ai donc demandé à Xavier Darcos de veiller à ce que tous les proviseurs présentent chaque année 5 % de leurs élèves les plus méritants en classe préparatoire. La demande formulée par ces élèves sera automatiquement acceptée. Pour avoir toutes les chances de réussir, ils bénéficieront d’un accompagnement personnalisé ainsi que d’une priorité d’accès aux internats et aux logements étudiants.

Ensemble, nous devons bâtir une France vivante, fière de sa diversité, capable de se regarder telle qu’elle est et de se rêver telle qu’elle peut devenir, une France qui participera au monde de demain fait de mélanges, d’ouverture et de rencontres entre toutes les cultures.

(...)

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1 Message

  • Merci Monsieur le Président

    De vouloir encore et encore.

    De vouloir pour ceux qui sont motivés à s’en sortir, de les amener dans les quartiers où ils pourront intégrer un établissement où ils travailleront sereinement, voire de transplanter des classes dans les (beaux) quartiers tranquilles et besogneux.

    De faire de l’école de la deuxième chance, une de vos multiples priorités.

    Mon cerveau travaillant en ZEP a dû perdre l’usage de quelques synapses, mais j’ai des questions bêtes, d’instit de maternelle :
    Les élèves motivés, dès le plus jeune âge, progressent ET contribuent aux progrès de leurs camarades de classes. Je le constate tous les jours. Qu’adviendrait-il sils sont envoyés dans un autre établissement ? Le souci quotidien de l’enseignant (en ZEP ou pas) est l’élève non motivé (ou dévoré d’anxiété), vous ne voulez rien pour celui-ci ? Est-ce que les élèves non motivés du centre ville seront intégrés en ZEP ?
    Je ne comprends pas le sens de l’école de la deuxième chance, si celle de la première est inexistante.

    Je ne comprends pas que vous n’entendiez pas les demandes des personnes qui travaillent et/ou habitent dans ces quartiers, pour faire des propositions. Puisque ces personnes ont déjà constaté les bienfaits des effectifs de classe allégés, des actions culturelles, des services de transport urbain, des services et des commerces de proximité, pourquoi enlever petit à petit tout cela et le remplacer par des mesures plus coûteuses. Plus coûteuses pécuniairement, humainement, psychologiquement. Beaucoup de familles ont été logées ici, ce qui signifie qu’elles n’en n’ont pas fait le choix, donc qu’elles subissent cette situation. Et vous voulez en plus imposer que les plus "solides" partent ?

    Rappel : l’Education Nationale ne concerne pas que le collège. Il y a aussi l’école primaire, dont la maternelle, dont on ne parle que fort peu et fort mal dans les médias. Or, à l’école maternelle, les élèves font de réelles acquisitions, tangibles, ils progressent au niveau de leurs connaissances, compétences et attitudes. Et quand on considère les conditions de vie actuelle et pour beaucoup, la vie que leurs familles ont dû fuir, on ne peut que penser que l’école accomplit sa mission : les enfants ont envie d’apprendre, de bien vivre ensemble et ils y travaillent.

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