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13/04 - Un collège ZEP à La Réunion : du pire au meilleur en 12 années

14 avril 2005

Extrait de « Clicanoo » du 13.04.05 : l’électrochoc avant la prise en main

C’était au printemps 1993. Un climat d’insécurité tendait l’atmosphère depuis quelque temps déjà et un matin, la violence larvée explose.
Une bande de jeunes caillasse des professeurs d’éducation physique, puis pénètre sur le terrain et “massacre” les quatre enseignants et un surveillant d’internat. Bilan : des fractures ouvertes, des contusions multiples, plusieurs jours de grève et surtout un immense traumatisme. “C’est l’histoire d’une bagarre qui a débordé. Ça a ouvert les yeux à tout le monde. Toute la communauté éducative et ses partenaires se sont mobilisés”, se souvient Jean-Yves Vacher-Chicane, conseiller principal d’éducation et présent au moment des faits. Lors de son arrivée dans l’établissement au début des années 90, “on ne laissait pas un véhicule sur le parking et les adultes du collège se faisaient caillasser quand ils traversaient la rue”, poursuit-il. Douze ans après cet événement dramatique, le collège est plutôt apaisé. “Depuis cet incident, nous avons commencé à travailler dans un esprit ZEP avec l’élaboration d’un diagnostic sur les difficultés que rencontre le collège et les moyens qu’il faut mettre en œuvre pour les surmonter”, ajoute le CPE.

Aujourd’hui, sur 58 classes, 42 ont des projets pédagogiques particuliers. Certains visent à professionnaliser les élèves qui le souhaitent, d’autres ont un caractère sportif, d’autres artistique ou encore de valorisation de l’environnement... Des élèves en voie de déscolarisation sont également orientés vers des classes d’insertion, ceux qui rencontrent des problèmes de lecture sont pris en charge et des classes relais sont mises en place.

“ici, on ne compte pas ses heures”

Tout le monde retrousse ses manches et les enseignants s’impliquent particulièrement, car la lutte contre l’échec est un élément essentiel de la lutte contre la violence. “Ici, on ne compte pas ses heures. J’ai rarement vu un établissement qui fonctionne comme ça”, témoigne Raymond Bonnet, principal du collège. Avec 1 400 élèves boursiers, le collège Mille Roches est le plus grand de France. Il concentre également le plus grand nombre d’enfants boursiers au taux maximum. En essayant d’impliquer, d’intéresser “des enfants qui n’ont aucune envie d’aller au collège”, l’équipe essaie de les sortir de la masse, d’individualiser les relations. “On connaît les familles, on est en relation avec les associations de quartier, on tisse des liens. Il n’y a pratiquement plus d’élément déstabilisateur dans l’établissement”, ajoute Jean-Yves Vacher-Chicane. Un travail de fond et de chaque instant déclenché par un événement dramatique.
Aujourd’hui, l’équipe pédagogique est soudée et le collège Mille Roches affiche le taux de « turn over » des enseignants le plus bas de l’académie.
Une réussite pour les élèves aussi : ceux interrogés se disent heureux de travailler dans ce collège. Pourtant l’image du collège reste celle d’un établissement sensible. Mais les mécanismes pédagogiques mis en place ont permis de développer un “esprit boutique”. Et une ambiance plus calme.

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