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Sur le site La Zep, une série d’articles de témoignages d’enfants victimes du racisme. "Pourquoi il faut parler du racisme avec les enfants"

8 août

Dès l’enfance, Faith a été harcelée et mise à l’écart. D’abord parce qu’elle est noire, ensuite parce qu’elle est ronde.
En maternelle, personne ne me parlait, personne ne voulait jouer avec moi, car j’étais «  différente  », c’est-à-dire la seule Noire.

En primaire, à cause de toute cette haine et ce racisme que je subissais, je suis devenue agressive envers les enseignants. Parfois, je me rappelle, certains élèves me promettaient de jouer avec moi. En échange, je devais faire des trucs bizarres, comme crier ou lever mon t-shirt. Mais j’avais beau me plier à leurs exigences, ils ne l’ont jamais fait. Les enseignants, eux, n’essayaient même pas de me comprendre. Ils m’envoyaient chez le psychologue de l’établissement qui me montrait ses images de papillons absurdes, et qui n’a jamais rien résolu.

[...] Maintenant, je suis en classe de troisième. Je ne me fais plus harceler pour l’instant, et, je l’espère, plus jamais.

Faith, 14 ans, collégienne, Grenoble

Extrait de zep.media

 

Métissée, Cathy a entendu toute sa vie les mêmes questions : « Tu viens d’où ? » ; « Tes parents sont-ils en France ? »... Ce qui ne l’a pas aidée à trouver sa place.
« Ching chang chong ! » Petite, je pouvais régulièrement entendre cette expression dégradante dans la cour de récréation, ou être qualifiée de « Chinoise ». Dans ma vie d’adulte, il m’arrive encore d’entendre ce qualificatif. Malgré le fait d’avoir grandi en France et le fait que je m’identifie en tant que Française.

Née d’une mère vietnamienne/indienne et d’un père français aux origines floues, il y a des situations auxquelles je n’échappe pas. Pour certains, le fait d’être bridée se résume à l’appartenance à un seul pays. La question sur mes origines est récurrente lors de mes rencontres. Souvent, elle n’est pas malveillante mais associée à de la curiosité. Cependant, elle renvoie à une particularité et à la remise en cause de ma légitimité à être face à mon interlocuteur. Face à ce racisme ordinaire, je me suis longtemps demandé si les personnes perçues comme blanches me considèrent comme une personne « racisée », et inversement. Où est ma véritable place ?

Extrait de zep.media du 23.05.22

 

En arrivant en France, je suis devenue noire

Noire, d’origine malgache, Maya a grandi en France. C’est le regard des autres, ici, qui a modifié sa perception d’elle-même.
« Deux par deux les amoureux et les gens heureux ! » J’entends encore cette phrase de notre maîtresse d’école pour nous mettre en rang. Un midi, avant d’aller à la cantine, une de mes camarades de classe m’a dit qu’elle ne souhaitait pas se ranger avec moi. Simplement parce que la couleur de ma main était noire, différente de la sienne. Confuse, je me suis questionnée sur la raison de ce rejet. Aussi insignifiant qu’il puisse paraître, cet événement a pourtant marqué le début d’une remise en question.

Ce jour-là, je suis devenue celle que je n’avais jamais vue auparavant. Je n’étais plus simplement Maya, une jeune fille malgache de 6 ans. J’étais devenue différente à travers leurs yeux, au-delà de ce que les miens pouvaient percevoir. À 6 ans, je suis devenue noire.

Extrait de zep.media du 02.01.22

 

Pourquoi il faut parler du racisme avec les enfants
Parce que tous les milieux ne sont pas mixtes

L’enfant perçoit le monde à travers son environnement, et à tendance à préférer les visages qui ressemblent à ceux qu’il·elle connait déjà. S’il n’y a pas de mixité autour de lui, il faut lui en parler pour normaliser les minorités.

Parce qu’ils·elles intègrent le racisme ordinaire

À partir du moment où des insultes racistes ne sont pas proférées dans une famille, les parents ont tendance à considérer qu’il n’y a pas de problème. Ils·elles n’en parlent pas. C’est pourtant le racisme ordinaire qui entretient les préjugés : c’est dès l’enfance qu’il faut le déconstruire.

Parce qu’ils·elles iront chercher l’info

Les enfants n’ont pas peur de poser les questions, et si leurs parents sont gênés d’y répondre, ils·elles iront chercher les réponses ailleurs (autre adulte, dessins animés, livres etc.) Pour éviter qu’un·e enfant reproduise des formes de racisme, il ne faut pas avoir peur d’en parler.

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