Cette attaque dont Alain Bentolila fait ici l’objet est étonnante. Par sa violence d’abord. On voit mal ce que vient faire dans un débat d’idées une phrase tournée de la manière suivante : “Le point de vue de Bentolila participe de ce courant néoréactionnaire, anti-68, où, sous couvert d’opposition à une prétendue ‘pensée unique’, les pires contre-vérités s’énoncent fièrement.” Si Alain Kihm n’était pas chercheur mais journaliste et s’il se trouvait payé pour faire une chronique politique sur Canal+ à une heure de grande écoute, sans doute ne s’exprimerait-il pas autrement. Ensuite sur le fond. L’argumentation d’Alain Kihm repose sur le postulat selon lequel les jeunes des banlieues parleraient une langue qui serait la leur, distincte, consistante, et égale en dignité à toutes les autres (dont le français). Selon lui, en effet, “Ce pays est en situation de diglossie : il s’y pratique plusieurs langues qui, pour être égales en valeur expressive aux yeux du linguiste sans préjugés, ne le sont pas aux yeux de beaucoup de ceux qui font les promotions - maîtres, professeurs, recruteurs, intellectuels, etc.” Or, cette remarque serait exacte si l’on considérait la langue d’origine des jeunes concernés, dont il faut rappeler qu’ils sont, dans leur immense majorité, issus de l’immigration. Mais ce n’est pas le cas. Alain Bentolila ne se plaint nullement d’entendre parler l’arabe, le comorien ou le chinois dans notre pays. Il se plaint que des jeunes, scolarisés en France depuis leur plus jeune âge, parlent si mal encore, quand ils parviennent à l’âge adulte, la langue qu’une foule de professionnels avaient mission de leur enseigner.
Le mot d’immigration décrit un processus, pas un état. Il évoque le sort d’hommes et de femmes qui ont quitté la terre où ils sont nés pour s’acclimater chez nous. Ceux-ci ont accompli un incroyable sacrifice, ils savent que, leur vie durant, ils hanteront des limbes. Mais ils ont l’espoir que leurs enfants connaitront après eux un destin plus léger. Qu’en allant à l’école, ils apprendront la langue et acquerront des droits. Celui, en particulier, de circuler dans divers milieux sociaux, de nouer des amitiés et de trouver du travail.
Je ne sais pas bien sur quelle théorie (qu’il ne nous dit pas) Alain Kihm fonde son concept de “langue”, mais je doute qu’il se soit jamais posé aucune question pédagogique. Quand un enfant ne parle pas le français chez lui, ou quand il parle un français trop pauvre en ressources lexicales et syntaxiques, il n’a pas le sentiment de parler “une autre langue”. Et quand il n’acquiert pas à l’école, dès son plus jeune âge, une maîtrise suffisante du système phonémique de la langue qu’on lui enseigne, eh bien, il y a beaucoup de mots de cette langue qu’il écoutera, le reste de ses jours, sans seulement oser les répéter. Ou sans pouvoir.
Alain Kihm ne semble pas porter dans son coeur les “maîtres, professeurs, recruteurs, intellectuels, etc”. On ne voit pas bien dans quelle catégorie il se range lui-même. Sans doute celle de “savant” ou de “chercheur”. Son raisonnement en tout cas relève du sophisme.
Christian Jacomino
Docteur en sciences du langage
Directeur des ateliers Voix Haute de lecture et de pédagogie du français
Toujours très instructive, la lecture de la revue de presse de l’OZP... J’y apprends donc que la ZEP de Cherbourg Octeville compterait deux collèges en RAR !
Mal informé, le journaliste : si le collège "les Provinces" est bien en RAR, le collège "Le Ferronay" n’y est pas et n’a même jamais été en éducation prioritaire... En revanche le collège Cachin, toujours en éducation prioritaire, attend désespérément depuis mars 2006 de savoir ...s’il est EP2 ou EP3....
La coordonnatrice secrétaire du réseau... bien étonnée !
Bonjour je me permets de poster : enseignante à la ricamarie , nous avons nous aussi eu la grande surprise d en faire parti.
Les rumeurs vont bon train et certaines sont angoissantes
avez vous plus de nouvelles ?
voici mon mail
aurelie.bonnet@ac-lyon.fr
pour compléter votre information ci-dessous le courrier envoyé au recteur de l’académie de Créteil signé par la quasi totalité des personnels enseignants, administratif, santé sociaux et vie scolaire
L’équipe éducative
du Collège Chevreul
à L’Haÿ les Roses
à Monsieur le Recteur de l’Académie de Créteil
s/c de Madame le Principal du Collège Chevreul à L’Haÿ les Roses
L’Haÿ, le lundi 11 février 2008
Nous venons d’apprendre avec surprise - et le mot est faible - par un communiqué de presse (trouvé dans un premier temps sur le site du cafepedagogique) que notre collège était désigné pour faire partie des collèges expérimentaux dans le cadre du projet initié par M. Cohn Bendit.
Nous nous en étonnons car à aucun moment nous n’avons déposé ou même évoqué ce genre de projet avec un de vos représentants et nous n’avons eu aucun contact avec les initiateurs de ces projets.
Nous nous tournons vers vous afin de connaître les critères et donc les raisons qui vous ont déterminé à nous désigner comme collège expérimental.
Nous aimerions connaître les conséquences de cette désignation sur le fonctionnement tant interne qu’externe de notre collège, en particulier au niveau de la dotation et de l’organisation des enseignements, de la mobilité des personnels et des conditions de nominations de nouveaux personnels, du choix des élèves concernés...
A cette fin nous vous demandons de recevoir le plus rapidement possible une délégation de l’équipe éducative ou mieux d’organiser une réunion sur place avec l’ensemble de la communauté éducative.
Soyez assuré, monsieur le Recteur, de notre attachement au service public de l’Education Nationale.
Pour l’équipe éducative
Annick Champeau Jean Sébastien Beugin Hélène Césari
Déléguée SUD éducation délégué SNES-FSU déléguée SE-UNSA
Ainsi que
Merci Monsieur le Président
De vouloir encore et encore.
De vouloir pour ceux qui sont motivés à s’en sortir, de les amener dans les quartiers où ils pourront intégrer un établissement où ils travailleront sereinement, voire de transplanter des classes dans les (beaux) quartiers tranquilles et besogneux.
De faire de l’école de la deuxième chance, une de vos multiples priorités.
Mon cerveau travaillant en ZEP a dû perdre l’usage de quelques synapses, mais j’ai des questions bêtes, d’instit de maternelle :
Les élèves motivés, dès le plus jeune âge, progressent ET contribuent aux progrès de leurs camarades de classes. Je le constate tous les jours. Qu’adviendrait-il sils sont envoyés dans un autre établissement ? Le souci quotidien de l’enseignant (en ZEP ou pas) est l’élève non motivé (ou dévoré d’anxiété), vous ne voulez rien pour celui-ci ? Est-ce que les élèves non motivés du centre ville seront intégrés en ZEP ?
Je ne comprends pas le sens de l’école de la deuxième chance, si celle de la première est inexistante.
Je ne comprends pas que vous n’entendiez pas les demandes des personnes qui travaillent et/ou habitent dans ces quartiers, pour faire des propositions. Puisque ces personnes ont déjà constaté les bienfaits des effectifs de classe allégés, des actions culturelles, des services de transport urbain, des services et des commerces de proximité, pourquoi enlever petit à petit tout cela et le remplacer par des mesures plus coûteuses. Plus coûteuses pécuniairement, humainement, psychologiquement. Beaucoup de familles ont été logées ici, ce qui signifie qu’elles n’en n’ont pas fait le choix, donc qu’elles subissent cette situation. Et vous voulez en plus imposer que les plus "solides" partent ?
Rappel : l’Education Nationale ne concerne pas que le collège. Il y a aussi l’école primaire, dont la maternelle, dont on ne parle que fort peu et fort mal dans les médias. Or, à l’école maternelle, les élèves font de réelles acquisitions, tangibles, ils progressent au niveau de leurs connaissances, compétences et attitudes. Et quand on considère les conditions de vie actuelle et pour beaucoup, la vie que leurs familles ont dû fuir, on ne peut que penser que l’école accomplit sa mission : les enfants ont envie d’apprendre, de bien vivre ensemble et ils y travaillent.
En effet, nous avons fait une erreur et nous avons corrigé le titre.
Merci de votre vigilance.
La rédaction
cet article concerne la vile de la garde et non celle de Toulon comme indiqué
:-/ franchement je trouve ca bizzard :-((
s’il est sans contexte utile que ceux qui réussissent ne soient pas exclus de leur quartier, voire de leur classe, que restera t il à ceux qui demeurent en échec et pour lesquels la seule façon de " sauver la face " mais aussi de garder un reste de valeur et d’estime de soi passait par dévalorisé ce qu’ils ne pouvaient atteindre, comme les raisins de la fable de la Fontaine " ils sont trop verts et bon pour des gougeats". J’espère que nous ne trouverons pas de corrélation avec la hausse de consommation de cannabis, la hausse de suicides et tentatives de suicide des jeunes second point sur lesquels les programmes de santé publique dans l’éducation nationale semblent peu mobilisés. Sans espoir d’une valorisation même négative dans l’espace scolaire, souvent au détriment des autres mieux au fait des règles implicites exigées par l’école, ils iront encore plus vers l’auto destruction.... dur dur mais cela compte peu si nous fisons à nouveau surgir des élites issus des banlieues...
M. Fourier. association capcités
"le budget, monstre énorme, admirable poisson,
auquel de tous côtés on jette l’ hameçon"
VICTOR HUGO (pendant une séance de la chambre des pairs, dont il était membre)
A noter aussi dans ce rapport une décision , la 5 , qui serait d’"évaluer les professeurs sur leur capacité à faire progresser leurs élèves".
A méditer surtout dans les ZEP !
Cet article me fait réagir. Ainsi on pense à revenir aux "vieilles" méthodes qui ont fait leurs preuves. Remettre à l’honneur ceux qui le méritent. Dire publiquement aux familles "L’Ecole est fière de vos enfants et vous aussi vous pouvez être fier d’eux. Voilà une bonne initiative qui devrait se répandre comme une traînée de poudre et être relayée par les médias nationnaux. Cela pourrait contribuer à donner une autre image des ZEP, une image beaucoup plus positive.
L’exemple d’Oullins est intéressant, surtout qu’il ne s’agit pas d’un projet mais d’une réalité qui dure et dont on a pu faire une évaluation. Toutefois, il ne faudrait pas croire que toutes les situations d’écoles ou de collèges en déconfiture peuvent se résoudre ainsi. Si c’est le cas, parfait, on y va. Mais d’une part c’est parfois impossible pour des raisons techniques (temps ou coût de transport) ou politiques (les écoles ou collèges d’accueil dépendent de municipalités ou de Conseils généraux qui s’y opposent), d’autre part, c’est toujours très délicat à mettre en place.
En 1980, une étude a été faite sur un tel "busing" par le centre de formation de Suresnes (Georgette SCHLEICHER, pour le CNEFEI) à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) où, pendant 20 années, 250 enfants ont bénéficié d’une "contre-ramassage scolaire" c’est à dire qu’ils étaient tous pris au même endroit le matin et répartis ensuite dans 12 écoles de 4 communes.
Cette étude a montré à la fois l’intérêt d’un tel déplacement quotidien (sortir d’un ghetto ethnique et social) et ses difficultés, pour les élèves transportés et pour leurs parents (milieu inconnu, considéré a priori comme hostile, éloignement, études du soir et réunions de parents impossibles...) ; elle a montré aussi les effets dans la population d’accueil (élèves, enseignants et parents d’élèves) de l’arrivée d’autobus remplis d’élèves considérés a priori comme difficiles, perturbateurs et en échec scolaire, quelles que soient les réalités.
La conclusion était que les avantages dépassaient les inconvénients mais que c’était le résultat de la présence d’enseignants, de directeurs d’écoles, de responsables d’associations de parents d’élèves... qui avaient compris les enjeux sociaux et pédagogiques et avaient longuement arrondi les angles, expliqué la situation et finalement persuadé le milieu d’accueil qu’il fallait prendre cela du bon côté.
On ne peut mettre en oeuvre un tel dispositif de "busing" sans avoir auparavant l’assurance des préalables techniques et politiques et celle de la présence de professionnels hautement conscients des enjeux éducatifs.
Tiens, tiens ... de l’accompagnement Educatif incluant le primaire (la maman témoigne pour son enfant de CE2). "On" nous a pourtant assuré en haut lieu que c’était absolument impossible lorsque nous avions posé la question en réunion publique !!! Quel gachis pour là où il y avait la volonté !
J’aimerais vraiment savoir combien d’enfants de collège sont réellement présents dans ces ateliers car chez nous, malgré des propositions alléchantes, les collègiens se contentent de l’aide aux devoirs.
Le séminaire RAR pour "la partie centrale de la France" se tient bien à Paris au lycée Louis-le-Grand les 30 et 31 janvier.
Mais je ne sais pas si ce séminaire concerne aussi les académies d’Ile-de-France.
C’est probable puisque l’académie pilote de ce séminaire est celle de Versailles
Une coordonnatrice en région