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Loi d’orientation pour l’école. Le Conseil économique et social souhaite que le dispositif ZEp soit évalué et recentré (Le Monde)

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Extrait du « Monde » du 09.06.04 : le Conseil économique et social et les ZEP

Le Conseil économique et social favorable à un recrutement diversifié : c’est l’une des multiples pistes suggérées en vue de l’élaboration de la loi d’orientation sur l’école au printemps 2005.

Le gouvernement veut élaborer une nouvelle loi d’orientation sur l’école pour le printemps 2005. Lundi 7 juin, le Conseil économique et social (CES) a présenté sa « contribution » à sa préparation, conformément à la demande que lui en avait faite Jean-Pierre Raffarin dans une lettre du 13 février. Le CES s’est d’abord penché sur l’actuelle loi d’orientation, qu’a rédigée Lionel Jospin en 1989. Il a regretté qu’elle n’ait pas été mieux appliquée : l’article 16, qui prévoit un plan de recrutement des enseignants sur cinq ans est resté lettre morte. Tout comme l’article 14 selon lequel les enseignants travaillent au sein d’équipes pédagogiques ; ou encore l’article 18, qui permet à des établissements scolaires de constituer des projets communs. Autant de dispositions que le CES propose de ressusciter.
De manière plus générale, cette instance consultative veut réaffirmer les objectifs de la loi de 1989, dont celui d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du bac. D’autant qu’ils sont loin d’être atteints, en dépit de moyens accrus : chaque année, près de 60 000 jeunes sortent du système scolaire sans même un brevet des collèges (Le Monde du 28 avril 2004), et depuis 1995 le nombre de bacheliers d’une génération plafonne à 62 %.

Mais la loi de 2005 ne pourra se contenter de reprendre les grands objectifs de celle de 1989. Il lui faudra aussi répondre aux défis des quinze prochaines années : forte hausse des besoins en qualifications, construction d’un espace éducatif européen, nouvelle articulation des formations initiale et continue. Dans ce contexte, le CES donne à l’école pour objectif de « qualifier tous les jeunes » et d’augmenter le nombre de bacheliers d’une classe d’âge dans l’ensemble des filières (générale, technologique et professionnelle), alors qu’aujourd’hui seul le nombre de bacheliers professionnels et technologiques tertiaires augmente. Ceux qui, malgré tout, n’arriveraient pas à se qualifier durant leur scolarité bénéficieraient d’un droit à la formation différée financé par l’État.

Pour y parvenir, le CES veut rendre le système scolaire plus performant. Il préconise ainsi que le dispositif de zone d’éducation prioritaire (ZEP), qui concerne maintenant un élève sur 4, (soit) réévalué et recentré sur ses objectifs initiaux. Il souligne que la baisse des effectifs par classe ne produit pas nécessairement plus de réussite, à moins que ce ne soit en groupes très restreints et pour des raisons pédagogiques bien déterminées. Il estime encore qu’il faut cesser de juxtaposer des réformes rarement évaluées.

Le CES imagine une école mieux adaptée à l’élève, où la notion de trajet scolaire se substituerait à celle de classe, afin d’éviter les ruptures entre primaire et collège, puis entre collège et lycée. La scolarité et les programmes s’articuleraient par cycle sans redoublement, et non plus par classe annuelle. A cette réorganisation correspondrait, pour les enfants en difficulté, une pédagogie différenciée, avec soutien scolaire ou accompagnement des parents qui ont du mal à suivre la scolarité de leurs enfants.

Pour faire réussir l’élève, le CES juge également indispensable de réformer l’orientation. Et surtout de rendre les choix réversibles et de fluidifier les parcours entre les différentes filières. L’évaluation de l’élève devrait être repensée, diversifiée, au-delà des seules notes. Les examens terminaux seraient allégés, et se limiteraient aux matières dominantes.

Compte tenu de l’ampleur du budget de l’éducation nationale - 7 % du produit intérieur brut -, le CES juge nécessaire de mener ces réformes tout en modernisant l’administration. L’offre de formation devrait être rationalisée, avec la possibilité pour les établissements voisins de mutualiser leurs moyens. Quant au métier d’enseignant, il devrait être redéfini, et son recrutement diversifié. Au-delà de la transmission des savoirs, l’accompagnement des élèves ou encore les relations avec l’extérieur devraient aussi être de son ressort. La formation des enseignants devrait donc être réformée, et sa durée portée d’un à deux ans. La formation continue devrait, elle, être obligatoire.

Surtout, le CES appelle de ses vœux une véritable révolution culturelle : il faudrait "évaluer la réalisation des objectifs, en tirer des principes d’actions". Il propose donc un débat budgétaire au Parlement approfondi chaque année sur le sujet : "L’éducation nationale représente le premier budget de la nation. Il appartient aux parlementaires d’apprécier quelle part du PIB doit être consacrée à l’investissement éducatif."

Virginie Malingre.

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