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Hervé Le Bras et Emmanuel Todd, dans "Le Mystère français" (Seuil mars 2013) : "Contrairement à une idée reçue, un véritable décollage éducatif s’est produit en France depuis trente ans" (interview de l’Express)

30 mars 2013

E. T. : Contrairement à une idée reçue, un véritable décollage éducatif s’est produit en France ces trente dernières années. Nous sommes passés à une société postindustrielle, où les étudiants ou anciens étudiants d’un type ou d’un autre représentent 40 % des tranches d’âge récentes. Du jamais-vu ! Il faut bien se rappeler qu’au sortir de la guerre la société française était pyramidale, avec, à la base, l’énorme masse des gens simples qui n’avaient pas dépassé la communale, et, plus on montait en niveau d’études, plus le nombre rétrécissait.

Aujourd’hui, cette pyramide s’est inversée : en bas, une pointe constitue la minorité des citoyens sans diplôme, qui ne représentent guère plus de 10 % de la population. Cela existe et reste un problème. Mais, au-dessus, les milieux populaires ont atteint un niveau bien plus élevé qu’autrefois grâce aux formations techniques. Au sommet se trouve le groupe le plus puissant chez les jeunes : ceux qui ont leur bac et qui ont, pour beaucoup, suivi des études supérieures. [...] Avec la crise, chacun a les yeux rivés sur les 10 % de non-diplômés qui ne s’en sortent pas, car c’est le piège dans lequel on a peur de tomber. D’où la droitisation de ce pays.

[...] H. L. B. : Les statistiques montrent que, dès le début de la crise, en 1974, les Français mettent le paquet sur l’éducation, ce qui est positif mais créera effectivement une concurrence. En 1975, l’écart entre diplômés et non-diplômés de l’enseignement supérieur est environ de 1 à 3, et il s’est réduit aujourd’hui à 1 ou 1,5. Ce qui montre que les salaires bas ont monté et les salaires hauts, baissé. Les régions qui pâtissent le plus de ce rééquilibrage sont celles de tradition laïque, qui étaient déjà assez avancées. Tandis que l’Ouest, l’Est ou le Sud-Ouest, de tradition catholique, et qui bénéficient encore de ce rattrapage éducatif et de leur entrée récente dans le monde du tertiaire, de l’urbanisation, souffrent moins.

Extrait de lexpress.fr du 29.03.13 : Hervé Le Bras et Emmanuel Todd : La France ne va pas si mal

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