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Les syndicats sont divisés sur le statut des directeurs d’école (Le Café)

15 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Directeurs : Le Sgen et la Cgt opposés sur la loi
Les positions syndicales s’opposent sur la loi Rilhac, adoptée par le Sénat, qui donne aux directeurs d’école une autorité fonctionnelle. Le Sgen Cfdt "Le Sgen-CFDT salue l’adoption par le Sénat" alors que la Cgt appelle à "combattre" l’autorité fonctionnelle.

"Le Sgen-CFDT attend maintenant que les décrets et arrêtés d’application à venir s’écrivent dans le cadre d’un dialogue social constructif. Ces textes réglementaires devront reconnaître à leur juste hauteur les responsabilités des directrices et directeurs et faire en sorte que l’autorité fonctionnelle qui leur est confiée permette de redonner du pouvoir d’agir pour l’ensemble des professionnels des écoles". Le Sgen souhaite "aller vers un statut juridique" pour les écoles : en faire un établissement.

"Alors qu’il avait extirpé la notion « d’autorité fonctionnelle » du texte présenté à l’Assemblée nationale, le ministre ne s’est pas privé hier, avec l’accord et le soutien de la majorité présidentielle, de revenir sur « ses engagements » et d’affirmer qu’il était désormais "favorable à la délégation de compétences", écrit la Cgt Education. " Il utilise toutes les opportunités politiques qui s’offrent à lui et qui lui permettent d’aller plus loin dans sa volonté d’exploser définitivement le cadre actuel de l’École... Cette décision supprime toute collégialité dans les écoles et donne un pouvoir très clairement hiérarchique aux directrice·teurs. Demain, le Grenelle de l’Éducation et ses conclusions lui serviront tout autant de prétexte pour casser nos statuts, nos missions et nos grilles de rémunération". La CGT "appelle les personnels à se réunir et à décider collectivement des modalités d’action pour s’opposer à cette dangereuse transformation de l’École."

Extrait de cafepedagogique.net du 12.03.21

 

Directeurs d’école : Les syndicats divisés
Après le vote du Sénat, le Snuipp Fsu et le Se-Unsa, les deux premiers syndicats chez les professeurs des écoles marquent leur divergence. Pour G David (Snuipp) c’est un "tournant dans l’histoire de l’école". Pour S Crochet (Se-Unsa) "ce n’est pas un problème".

Un appel intersyndical à rejeter la loi

On a entendu parler des syndicats durant le débat au Sénat. JM Blanquer a affirmé qu’ils étaient d’accord pour rompre avec le statu quo. Pourtant juste avant la séance, une intersyndicale Snuipp Fsu, FO, Cgt et Sud manifestait son opposition à la loi Rilhac. "Depuis des années, nos collègues expriment leur rejet d’un statut pour les directrices et directeurs et l’ont massivement rappelé en décembre 2019 lors de la grande consultation ministérielle sur la direction d’école. L’École a bien d’autres sujets brûlants et urgents en ce moment. Les sénateur·trices seraient bien inspiré·es de rejeter la proposition de loi Rilhac dont nos organisations syndicales demandent l’abandon", disait de façon claire les organisations.

La loi va isoler les directeurs

"La loi va isoler les directeurs et le problème de fond ne sera pas réglé", nous dit Ghislaine David, secrétaire générale du Snuipp Fsu. "Ce que veulent les directeurs c’est du temps, des décharges et de l’aide administrative" Elle voit dans l’adoption rapide de la loi "la marque du ministre" et sa pression sur le législatif (pour faire inscrire la loi à l’ordre du jour). "L’autorité fonctionnelle n’ets pas définie. On peut tout imaginer pour l’autorité du directeur sur les enseignants. Or la profession est largement opposée à cela comme le montre la consultation ministérielle".

G David retourne aussi l’argument de JM Blanquer selon lequel la crise sanitaire nécessite une autorité dans l’école. "Ce qui a manqué dans la gestion de la crise c’est l’anticipation par le ministre lui-même. Il n’y a pas de circulaire sur les tests salivaires, par exemple. Aucune consigne claire".

Un chef d’équipe dans une équipe

Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa, est plus favorable à la loi. "Qu’il y ait un chef d’équipe dans une équipe n’est pas un problème", nous dit-il. "Réaffirmer que le directeur d’école a des prérogatives après la consultation du conseil des maitres c’est normal". Pour lui, "tout montre aujourd’hui que le directeur a des décisions à prendre avec la crise sanitaire et qu’il faut que son pouvoir soit mieux reconnu par tous. Il écarte le risque de voir le directeur évaluer les enseignants. "Il n’y a pas l’évaluation dans les missions du directeur. Il n’y a pas de souci à consolider son pouvoir de dédision".

Propos recueillis par F Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 11.03.21

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