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Inégalités sociales de santé : comment peut-on repenser l’éducation à l’alimentation ? (The Conversation)

15 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Comment peut-on repenser l’éducation à l’alimentation ?
Auteurs
Anthony Fardet
Chargé de recherche, UMR 1019 - Unité de Nutrition humaine, Université de Clermont-Auvergne, Inrae

Louis Lebredonchel
Doctorant en sociologie, Université de Caen Normandie

Dans la mesure où les produits ultra-transformés sont associés à des risques significativement accrus de maladies chroniques, veiller à une alimentation saine est un vecteur essentiel de protection de la santé. La prévalence des maladies chroniques est aussi associée à un accroissement des inégalités sociales de santé, les populations les plus défavorisées étant les plus affectées, et consommant le plus d’aliments ultra-transformés. Notons que la prévalence de l’obésité, favorisant le développement d’autres maladies chroniques, est passée de 8,5 à 15,0 % en France entre 1997 et 2012, pour atteindre 17 % en 2015.

En réaction à cette évolution de l’obésité, les pouvoirs publics agissent depuis une vingtaine d’années, notamment à travers la création du Programme National Nutrition Santé. La question d’une éducation à l’alimentation est également émergente : elle est incluse depuis 2016 dans le code de l’éducation et est encouragée par l’avis n°84 du Conseil national de l’alimentation.

[...] De trop grandes disparités
Ces quelques éléments nourrissent la réflexion à propos de ce que pourrait (et ne doit pas) être une telle éducation à l’alimentation. Mais qu’en est-il réellement aujourd’hui ? Une enquête de terrain sociologique de type qualitative réalisée au sein d’écoles élémentaires de la région Normandie nous a montré que cette éducation est particulièrement compliquée à réaliser pour les enseignants, qui ne disposent pas de formation en la matière.

Elle s’apparente ainsi à diverses formes « d’éducation à », comme « l’éducation au développement durable », ou encore « l’éducation à l’égalité des filles et des garçons ». Celles-ci sont stipulées dans le code de l’éducation, mais ne s’inscrivent pas dans un programme et ne sont pas contrôlées par les inspecteurs de l’éducation. Autrement dit, leur exercice ne dépend que de la bonne volonté des enseignants, de leur sensibilité particulière, mais aussi des ressources dont ils disposent (en termes de temps et d’énergie).

Une multiplication des injonctions d’exercer ces types « d’éducation à » entraîne souvent de la confusion chez les enseignants. Nous avons par exemple pu constater sur le terrain la mise en place d’une « classe du goût » en guise d’éducation à l’alimentation, dans une école située dans un quartier prioritaire  : celle-ci servait davantage la finalité d’éduquer au « vivre ensemble » (les enfants étaient chargés de ramener en classe des aliments et plats provenant du pays d’origine de leurs parents), sans questionner les effets que peuvent avoir la nourriture sur la santé.

Extrait de theconversation.com du 03.05.21

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