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Un rapport parlementaire sur la santé alerte sur les dangers de la sédentarité chez les jeunes et sur les carences de la médecine scolaire (ToutEduc)

20 août Version imprimable de cet article Version imprimable

La sédentarité des jeunes, une “bombe à retardement“ qui fait ressortir les carences de l’activité physique et de la santé scolaire (rapport parlementaire)

“La prise de conscience quant à la réalité de cette ‘bombe à retardement‘ que représente la sédentarité et les actions conduites à tous les âges de vie paraît clairement insuffisante“, tonnent les députés Régis Juanico et Marie Tamarelle-Verhaeghe dans leur rapport d’information sur l’évaluation des politiques de prévention en santé publique rendu fin juillet.

Un rapport assorti de 18 propositions, et qui met l’accent sur le rôle de l’école, au vu de nombreuses données “inquiétantes“ et “concordantes“ puisque la prévalence du surpoids est “estimée à 17 % dont 4 % d’enfants obèses“ pour les 6 - 17 ans, la capacité physique s’est réduite de 25% en 50 ans chez les jeunes de 9 à 16 ans : "En moyenne, un enfant courait 600 mètres en 3 minutes en 1971. Il lui en faut désormais 4 pour parcourir la même distance." Et de rappeler les données de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, ndlr), selon laquelle “66 % des 11-17 ans présentent un risque sanitaire préoccupant caractérisé par le dépassement simultané des deux seuils sanitaires : plus de 2 heures de temps d’écran et moins de 60 minutes d’activité physique par jour“.

Sur ce phénomène d’addiction aux écrans, les spécialistes entendus par les rapporteurs ont indiqué que “plus la prévention était précoce, soutenue, claire (pas d’écrans le matin, pas pendant les repas, pas au coucher, pas dans la chambre), plus elle est efficace ; le seul rempart étant les parents“. Ils soulignent “l’illisibilité de l’offre en termes de structures de prise en charge et de soutien à la parentalité qu’il conviendrait de clarifier“.

Est également étudié l’impact de la période de confinement sur l’activité physique et sportive, en prenant l’appui d’un rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale mentionnant le constat de professeurs d’EPS de plusieurs pays européens “d’une diminution de 16 % de la capacité aérobie et de 13 % de la coordination et de la capacité physique globale des élèves“.

“C’est au plus jeune âge que se prennent les bonnes habitudes comme c’est aussi à l’école que peuvent être transmis des messages de prévention concrets, et développées des activités physiques ludiques à même d’être complétées hors du temps scolaire“ affirment Régis Juanico et Marie Tamarelle-Verhaeghe, expliquant que si “avant la pandémie, en France, 87 % des adolescents de 11 ans à 17 ans ne respectaient déjà pas l’heure quotidienne d’activité physique préconisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS)“, aujourd’hui les effets des confinements seraient très préoccupants, selon une étude menée auprès de 90 élèves de CE1 et CE2 de Vichy et de Riom dans le Puy-de-Dôme en septembre 2019 et 2020. Pour la professeure Martine Duclos en charge du projet, “les chiffres sont catastrophiques“, avec une diminution de 40 % des capacités physiques et intellectuelles.

Pour les députés, “face à ce constat alarmant, l’activité physique et sportive doit retrouver une place importante dans l’enseignement scolaire dès les plus petites classes car ses bienfaits sont multiples“, elle favorise en effet la concentration, les apprentissages, le climat scolaire. Mais ils estiment, à l’instar de la Cour des comptes récemment, que le sport à l’école demeure "une réalité mal appréhendée, à la fois dans son organisation, son financement et ses résultats.“ Pour les rapporteurs, la culture de l’activité physique et de ses bienfaits n’est pas suffisamment diffusée auprès de l’ensemble de la communauté scolaire, les activité physiques et sportives restent en retrait par rapport aux autres matières malgré le temps non négligeable prévu dans les emplois du temps.

S’ajoutent à ces éléments une pratique sportive qui se détériore pour les adolescents : selon le rapport de la Cour des comptes, “l’engagement des élèves du second degré dans les fédérations sportives scolaires représente 29 % au collège mais seulement 16 % au lycée“. S’y ajoutent des inégalités sociales et de genre qui “interpellent“, et une organisation à la peine pour une matière insuffisamment valorisée, le rapport soulignant “la dispersion des acteurs, le manque de coordination et l’absence d’objectifs communs entre les ministères de l’Education nationale et des sports". Il déplore que le contenu des conventions signées entre les fédérations sportives et l’Education nationale reste très général avec une déclinaison locale aléatoire“.

Autre enjeu majeur traité par la mission d’information, la santé scolaire et ses “difficultés récurrentes". L’éducation à la santé est reléguée au second rang, les outils nécessaires au suivi des élèves sont inadaptés, la pénurie de médecins scolaires récurrente.

Les députés estiment le nombre de personnels infirmiers à près de 8 000 équivalents temps plein (ETP) soit 1 300 élèves par infirmier.e fin 2018. Les médecins seraient moins de 1 000 ETP, soit en moyenne un médecin pour 12 572 élèves en 2018 (1er et 2nd degrés du public et du privé). Un tiers des postes (contractuels compris) étaient vacants en 2018 et, pour les seuls titulaires, le taux d’occupation des postes s’élevait à 57 %. “Bien qu’il constitue une condition essentielle de la réussite de la politique éducative et une contribution importante à la politique de santé publique, le dispositif de santé scolaire connaît des difficultés endémiques sur lesquelles l’attention des pouvoirs publics est régulièrement appelée. Une réorganisation complète, assortie d’une révision des méthodes de travail, s’avère indispensable“ estimait déjà la Cour des comptes (voir ToutEduc ici). Entre 2013 et 2018, le taux moyen de réalisation de la visite médicale de la 6ème année de l’enfant a chuté de 26 à 18 % tandis que le bilan infirmier de la 12ème année n’est réalisé que pour 62 % des élèves.

Selon les députés rapporteurs, “dans ce contexte, il est clair que les missions de prévention prévues par les textes ne peuvent être réalisées“. Or la DGESCO (la direction générale de l’enseignement scolaire), dans sa réponse aux parlementaires, "estime qu’il pourrait être possible de recruter davantage de médecins scolaires sous réserve d’une meilleure attractivité en termes de visibilité (en communiquant mieux sur cette profession) et de rémunération. Elle a également indiqué que, dans le cadre du Grenelle de l’éducation, une revalorisation indemnitaire était envisagée et un groupe de travail prévu par la direction générale des ressources humaines. La possibilité d’un statut interministériel de médecins de santé publique et de promotion de la santé pourrait également constituer une piste intéressante.“

Le rapport ici

Extrait de touteduc.fr du 18.08.21

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