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Journée contre le harcèlement : dossiers, témoignages et actions, dont celle du collège REP+ Victor Schoelcher à Lyon

18 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école

Pour sensibiliser la communauté éducative aux phénomènes de harcèlement dans le milieu scolaire, la journée Non au harcèlement est organisée chaque année au mois de novembre. Cette journée est l’occasion de rappeler combien la prévention et la lutte contre le harcèlement sont fondamentales pour permettre aux élèves d’avoir une scolarité épanouie dans le cadre de l’École de la confiance.

Le harcèlement nuit gravement à la vie scolaire des écoles et des établissements
Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école : elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre. Lorsqu’un enfant ou un adolescent est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement. Insidieusement, ces agressions répétées impactent sensiblement l’enfance et l’adolescence de près de 700 000 élèves environ, toutes catégories sociales confondues (source enquête victimation 2015 – DEPP).

Avec l’utilisation permanente des nouvelles technologies de communication (téléphones, réseaux sociaux numériques), le harcèlement entre élèves se poursuit en dehors de l’enceinte des établissements scolaires. On parle alors de cyber-harcèlement. Le cyber-harcèlement est défini comme "un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule". Le cyber-harcèlement se pratique via les téléphones portables, messageries instantanées, forums, chats, jeux en ligne, courriers électroniques, réseaux sociaux, site de partage de photographies, etc.

Sur le quinquennat, il s’agit de faire disparaître des écoles et établissements les phénomènes de harcèlement. L’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège est un élément essentiel de cette lutte contre le harcèlement.

Rendre les élèves acteurs de la lutte contre le harcèlement
La réussite de la lutte contre le harcèlement repose également sur l’engagement des élèves. Les collégiensambassadeurs sont formés pour sensibiliser leurs camarades grâce à des outils qui leur sont mis à disposition.

Phare : premier programme de lutte contre le harcèlement entre élèves
Depuis la rentrée 2021 et après une phase d’expérimentation de deux années, le programme pHARe (Prévenir le Harcèlement et Agir avec Respect) est généralisé progressivement à toutes les académies et dans toutes les écoles et tous les collèges.

Qu’est-ce que le programme pHARe ? Un plan de prévention du harcélement à destination des écoles et des établissements fondé autour de 8 piliers :

Mesurer le climat scolaire
Eduquer pour prévenir les phénomènes de harcèlement
Former une communauté protectrice de professionnels et de personnels pour les élèves
Intervenir efficacement sur les situations de harcèlement
Associer les parents et les partenaires et communiquer sur le programme
Mobiliser les instances de démocratie scolaire (CVC, CVL) et le comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement
Suivre l’impact de ces actions
Mettre à disposition une plateforme dédiée aux ressources
43% des collèges (soit 2 290 établissements) et 8 190 écoles sont d’ores et déjà engagés. Objectif 2022 : étendre le programme pHARe à l’ensemble des écoles et collèges.

A la rentrée 2021, on comptait 22 900 ambassadeurs collégiens (10 000 en 2020).

Le concours "Non au harcèlement" : un clip de campagne réalisé avec les élèves
Le script du clip de sensibilisation 2021 s’inspire du scénario « Voir c’est pouvoir, dire c’est agir », vidéo du collège Gruber de l’académie de Nancy-Metz qui a remporté la mention spéciale « professionnels de la communication » lors de la dernière édition du concours « Non au harcèlement » organisée dans plus de 1 300 établissements scolaires.

Le clip met en scène un enchaînement rapide de photos et vidéos qui représentent des scènes du quotidien des adolescents, qui tournent en général mal, en particulier sur les réseaux sociaux, mais qui vont finalement illustrer des moments de joie, de complicité, de déception, de pitreries, de promesses d’amitié éternelle et de bienveillance. Des commentaires, cœurs, emojis positifs et messages échangés sur les réseaux sociaux se superposent aux images et sont dits à voix haute par des adolescents. Les images et les sons que l’on entend sont forts, joyeux et très vivants. Les différentes scènes s’enchaînent donc avec l’impression que les situations pourraient mal tourner mais qui se passent bien grâce au soutien des autres.

Le but est de montrer ce que pourraient être les réseaux sociaux grâce à la force et au soutien d’un collectif bienveillant. Le clip est filmé au format vertical pour respecter les codes des vidéos qui peuvent être publiées sur les réseaux sociaux et donner l’impression que l’ensemble des scènes se déroulent sur Internet.

Extrait de education.gouv.fr du 18.11.21

 

« J’ai peur d’y retourner » : le sombre quotidien des élèves victimes de harcèlement scolaire
En France, un enfant sur dix serait concerné par des violences verbales ou physiques dans le cadre scolaire. A l’occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, des victimes et leurs parents racontent leur histoire au « Monde ».

Anissa a 12 ans. Pour cette collégienne de Seine-et-Marne, qui ne souhaite pas donner son nom – comme les autres adolescents interrogés – la rentrée en 5e ne s’est pas déroulée comme prévu. Cette adolescente qui se décrit comme « forte » est victime d’insultes sur son poids « depuis la maternelle ». Mais depuis la 6e, où elle est arrivée « très intimidée », la situation s’aggrave.

Anissa se fait régulièrement traiter de « grosse vache », jusqu’au jour où plusieurs élèves, dont certains qu’elle ne connaît pas, la prennent à partie à l’extérieur de l’établissement pour la frapper, en filmant l’agression. Sa famille dépose plainte, un camarade est exclu huit jours, deux autres trois jours. Un harcèlement « avéré » et « pris en compte comme tel », assure le rectorat de Créteil. « Quand ils sont revenus, ils se sont moqués de moi », se souvient néanmoins la jeune fille.

Il y a quelques semaines, à la veille des vacances de la Toussaint, Anissa tombe dans l’escalier du collège. Elle dit avoir été poussée par une camarade, qui ne faisait pas partie de ses harceleurs « habituels ». Elle a une fracture à la cheville gauche, une plaie sur la jambe droite, et plusieurs semaines d’arrêt. « J’ai peur d’y retourner », confie-t-elle, alors que son médecin a prolongé son absence jusqu’au retour des vacances de Noël et qu’une « continuité pédagogique » est mise en place à la maison. « J’ai peur de recroiser cette fille, je ne sais pas comment vous dire… ça va me rendre encore plus triste. » Contacté par Le Monde, le rectorat assure ne pas détenir de preuve que le geste qui a entraîné sa chute était « intentionnel », même s’il indique accorder de l’importance au « ressenti » d’Anissa.

Lire aussi Lutte contre le harcèlement scolaire : l’exemple finlandais

« Sale pute », « grosse vache », « tu pues », « va te suicider ». Ces insultes, certains adolescents les entendent chaque jour, parfois depuis des années. Elles constituent le quotidien du harcèlement scolaire et sont parfois assorties de coups, de brimades, de vol ou de racket, voire d’agressions sexuelles. En France, l’éducation nationale estime qu’un élève sur dix est touché par ce fléau. « Difficultés scolaires, absentéisme, voire déscolarisation, mal-être, angoisse, voire dépression, pouvant aller jusqu’au suicide, l’actualité nous rappelle régulièrement les effets dramatiques de ce phénomène », écrit la Défenseure des droits, Claire Hédon, dans un rapport sur la santé mentale des enfants publié mercredi 17 novembre. A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école du 18 novembre, Le Monde donne la parole à des victimes et à leurs parents.

Alors qu’une proposition de loi créant un « délit de harcèlement scolaire » va être étudiée début décembre à l’Assemblée nationale, les adolescents qui subissent ces situations décrivent tous le même engrenage : ils sont ciblés d’abord par une seule personne, puis plusieurs, puis parfois toute la classe. Ils alertent les adultes, qui tentent des médiations, souvent sans succès. Ils se replient, enfermés dans un statut de victime qui pousse à une hypervigilance parfois jugée comme un excès de sensibilité. Jusqu’à ce que l’on vienne dire à l’enfant, avec une pointe d’agacement, qu’il est décidément « trop sensible », incapable « d’aller vers les autres », voire « parano ». En allant, parfois, jusqu’à lui conseiller de changer d’établissement.

Extrait de lemonde.fr du 17.11.21

 

Reportage
Harcèlement : à Lyon, un collège préfère prévenir que guérir

Ateliers avec les élèves, vigilance des adultes… Depuis plusieurs années, le collège [REP+] Victor-Schœlcher lutte contre le harcèlement.

« On doit compter avec l’explosion des réseaux sociaux, qui déshumanisent. Les élèves ne sont pas éduqués à leur usage », souligne Sébastien Fuoco, directeur de la Section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) de Victor-Schœlcher. (Bruno Amsellem/Libération)

Les mots des élèves s’alignent sur le tableau blanc : « embêter », « insulter », « groupe », « blessant », « pleurer », « honte ». Ce lundi matin, l’heure de maths de la sixième E a été remplacée par un échange sur le harcèlement scolaire avec l’assistante sociale et l’infirmière du collège Victor-Schœlcher du IXe arrondissement de Lyon. Classé en REP +, il compte parmi la quinzaine d’établissements de l’académie lyonnaise à anticiper dès cette année la mise en place du programme national « Phare » destiné à prévenir le harcèlement dans les écoles et les collèges. Cela fait déjà plusieurs années que l’équipe de Victor-Shœlcher accorde une importance particulière à cette problématique : « Nous accueillons 500 élèves, dont environ 130 en sixième à chaque rentrée, détaille son principal, Abdallah Chibi. Nous sommes particulièrement attentifs à ce niveau, il faut pouvoir mettre en confiance les enfants dès leur arrivée au collège car ce qui se joue, c’est de dire les choses, de ne pas les garder pour soi. »

« On doit compter avec l’explosion des réseaux sociaux »
Après avoir cadré la discussion – « On ne se moque pas des réponses des autres et on ne nomme pas de situations personnelles » –, Elodie Blain, l’assistante sociale, projette une vidéo de prévention de l’Education nationale. On y voit Emma, victime de bousculades, de railleries, redouter la récréation – le « pire moment » de sa journée –, et une autre élève, qui se rend compte de cette souffrance, demander de l’aide au numéro d’urgence, le 3020. Le court métrage…

Extrait de liberation.fr du 17.11.21

 

Décryptage
Harcèlement : dépassée, l’école cherche la parade

Alors que la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire a lieu ce jeudi, spécialistes et associations insistent sur l’importance de former les adultes et de faire mieux connaître les solutions qui existent déjà. La création d’un délit spécifique ne fait pas l’unanimité.

Le prénom de Dinah flottera dans l’air ce jeudi pour la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école. L’adolescente de Kingersheim (Haut-Rhin) s’est donné la mort en octobre, tragique dénouement de deux années d’intense harcèlement de la part de ses camarades de classe, selon ses proches. Qui mettent très clairement en cause son collège, en particulier la vie scolaire (CPE et assistants d’éducation), coupables disent-ils de ne pas avoir aidé l’adolescente et même de l’avoir accusée d’exagérer et de mentir. Face à ce drame une question cruciale s’est une nouvelle fois posée : l’école est-elle suffisamment armée pour lutter contre le harcèlement scolaire ? Ne faut-il pas, comme le propose le député Modem Erwan Balanant, créer un délit spécifique dans le code pénal ?

Si tentante soit-elle – l’opinion publique est régulièrement choquée de voir des mineurs se suicider à cause de certains de leurs pairs –, la proposition de loi (PPL) fait grimacer les spécialistes du sujet. « On n’a pas besoin de PPL, ces gens sont hors sol », s’agace la présidente de l’association Marion la main tendue, Nora Fraisse, dont la fille, victime elle-même de harcèlement, s’est suicidée en 2013. « Allez chercher de l’argent, formez les gens », plaide-t-elle plutôt. « Punir les élèves… comme si c’était de ça …

Extrait de liberation.fr du 17.11.21

 

Si de nombreux dispositifs existent, des numéros verts aux campagnes de sensibilisation, ils sont souvent peu connus.

Extrait de liberation.fr du 18.11.21

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