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Le bilan Blanquer du SNUipp (4e épisode) : "une nouvelle gouvernance de l’éducation prioritaire"

18 février

#BilanBlanquer- Episode 4- Une école bouleversée dans sa structuration et sa gouvernance
Les évolutions imposées depuis 2017 en termes de pilotage et de gouvernance ont des conséquences sur plusieurs niveaux. Au niveau du système, elles remettent en cause le principe de l’égalité territoriale. Au niveau de l’enseignement, elles sapent les finalités même de l’école.

EPLESF (établissement public des savoirs fondamentaux), soutien à la loi Rilhac, expérimentation marseillaise... Depuis sa nomination, le ministre n’a eu de cesse de s’attaquer à l’organisation de l’école, basée sur un collectif de pairs dont l’un·e est chargé de direction. Comme le montre la loi Rilhac, l’objectif est d’extraire le·la directeur·trice de l’équipe enseignante pour lui conférer une « autorité », lui déléguer des compétences auparavant aux mains de la hiérarchie, lui donner un rôle dans « l’encadrement de l’enseignement du 1er degré ». Les enseignant·es ont pourtant montré leur opposition à cette évolution qui conduirait à l’isolement et à la « compression » des directeurs·trices entre la hiérarchie et l’équipe. Leur mobilisation contre la loi dite de « l’école de la confiance » a permis l’abandon des EPLESF, contourné depuis par le ministre avec l’aide de la loi Rihlac comme de l’expérimentation marseillaise. Ce dont les écoles ont besoin c’est de moyens pour mieux fonctionner : temps de décharge pour la direction, aide humaine et pérenne au fonctionnement de l’école, allègements des tâches administratives, formation et revalorisation.

En parallèle, l’éducation prioritaire est le terreau d’expérimentation d’une nouvelle gouvernance mettant à mal une politique bâtie sur des réseaux dont la carte est arrêtée sur la base d’indicateurs nationaux. Une dérive est en cours, faisant passer d’une obligation de moyens alloués par l’État à une obligation de résultats des écoles et établissements. C’est le sens des Contrats Locaux d’Accompagnement (CLA), expérimentés dans 3 académies et signés entre une école et le Rectorat, avec des moyens « sur mesure ». C’est aussi le sens de l’expérimentation lancée à Marseille, avec un pouvoir de recrutement annoncé pour les directeurs·trices, l’autonomisation des écoles sur les contenus pédagogiques et les rythmes, et l’attribution contractuelle des moyens. Au sein des Cités éducatives en zones urbaines - dont le nombre augmente – mais aussi des Territoires éducatifs ruraux (TER) qui se développent sur le même modèle, le constat est fait d’un affaiblissement de l’Éducation nationale par le pilotage partagé avec les collectivités locales, dont la place est grandissante.

Le SNUipp-FSU refuse la mutation d’un service public d’éducation national au service de la réussite de tous les élèves, vers une constellation d’écoles prises dans une forme de concurrence et pilotées par des directeurs·trices, chargé·es de diriger les enseignant·es et leurs pratiques. Les évolutions actuelles remettent en cause le principe de l’égalité sur le territoire.

Extrait de snuipp.fr du 15.02.22

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