> ACTEURS et PARTENAIRES > Enseignants et Pilotes. Statut et GRH > Chefs d’établissement : le burn-out n’est pas une fatalité, par Jean-Yves (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Chefs d’établissement : le burn-out n’est pas une fatalité, par Jean-Yves Robin, édit. Le bord de l’eau, février 2022, 223 p. (ToutEduc)

25 février

Chefs d’établissement. Le burn-out n’est pas une fatalité !
le bord de l’eau, 18 février 2022, 232 p. 20.00€

Le 21 septembre 2019, Christine Renon directrice d’une école primaire se suicidait. Elle laissait derrière elle une lettre, cet écrit en dit long quant aux souffrances qu’elle a dû endurer tout au long de l’exercice de sa mission. «  Les directeurs sont seuls ! écrivait-elle […] seuls pour apprécier la situation […] ils sont particulièrement exposés et on leur en demande de plus en plus sans jamais les protéger […].  »
Ce cas tragique vient confirmer les résultats d’une étude parue en février 2019. Elle porte sur un échantillon de 3 000 proviseurs et principaux de l’enseignement public. Un chef d’établissement sur quatre serait en état d’épuisement. Et ces symptômes touchent également les chefs d’établissement du privé comme le montre cet ouvrage. Alors que faire ? C’est précisément l’intérêt de cette recherche, ne pas en rester à l’élaboration d’un diagnostic. Il ne suffit pas d’énoncer ou de dénoncer encore faut-il proposer. Il s’agit donc pour les chercheurs en sciences sociales de prendre le risque d’être force de proposition en élaborant des dispositifs à la frontière de l’action et de la formation susceptibles de réduire la souffrance au travail. C’est précisément l’histoire de cette aventure institutionnelle qui se trouve relatée dans ce livre. Elle a rassemblé des chercheurs de différentes disciplines ainsi qu’une cinquantaine de chefs d’établissement ou de responsables de l’enseignement catholique. On y découvre combien il est primordial d’offrir à ces managers d’un genre si particulier des espaces/temps pour se dire et se faire afin de ne pas être défaits. Par conséquent, cet ouvrage permet non seulement d’identifier les caractéristiques essentielles de l’activité des chefs d’établissement, mais pour eux, le fait d’en parler, c’est aussi un moyen de reprendre la main sur leur quotidien et leur destin. Comme quoi, le burn-out n’est pas une fatalité !

«  Votre livre m’a fait du bien. J’ai envie de le qualifier de chaudoudoux […] Il m’a permis de relativiser ma situation actuelle et peut-être aussi de me déculpabiliser […] Mon souhait serait que cet ouvrage soit diffusé au plus grand nombre […] je me retrouve parfaitement dans ce qui est dit.  »
Une directrice d’école

Extrait de editionbdl.com

 

Chefs d’établissement : les facteurs psychologiques qui expliquent leur épuisement
L’activité d’un chef d’établissement est "souvent marquée du sceau du paradoxe" et l’un d’eux explique : "On fait un métier iceberg (...), la surface émergée est bien inférieure à la surface immergée, l’extérieur ne voit pas tout ce qu’on fait et nous, on n’explique pas forcément (...)." Sa prise de parole intervenait dans le cadre d’un "séminaire résidentiel" organisé par un psychologue clinicien, Jean-Yves Robin, à la demande d’un directeur diocésain à l’écoute de la souffrance des personnels de direction. Son livre, "Chefs d’établissement, le burn out n’est pas une fatalité !" retrace les temps forts de ces journées passées loin du brouhaha habituel...

Y a surtout été décrite "cette partie invisible" du métier, "liée aux ressentiments, à l’inquiétude" et que les personnels ont "le plus de mal à maîtriser", car "c’est bel et bien (un) idéal de maîtrise" qui les amène à "entretenir une image lisse", celle d’une "figure héroïque". D’ailleurs, quand on s’adresse à lui, est-ce à sa personne, ou à ce qu’il représente ? De fait, il est "assimilable à une surface projective sur laquelle peuvent se déverser bien des sentiments ou des émotions". Peut-il déroger à un idéal qui veut qu’il soit "le premier arrivé et le dernier parti" ?

Et "si la surcharge de travail est mise en avant comme l’une des causes de la souffrance au travail de ces personnels de direction, leur solitude se révèle également un facteur déterminant. Face aux nombreuses difficultés rencontrées, les chefs d’établissement ont assez peu d’interlocuteurs auprès desquels se confier (...). Il n’est pas opportun de montrer des signes de faiblesse à sa hiérarchie qui sera amenée à évaluer le chef d’établissement."

"Chefs d’établissement, le burn out n’est pas une fatalité !", Jean-Yves Robin, éditions Le Bord de l’eau, 223 p., 20 €

Extrait de touteduc.fr du 24.02.22

Répondre à cet article