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" Cours dehors", déconfiner la culture dans les quartiers populaires et les collèges à Montpellier (Portrait du jeudi des Cahiers)

31 mars

Se rencontrer pour partager la vie, la beauté

Nourdine Bara vit avec les mots et les textes, les fait vivre, les fait apprivoiser dans des lieux qui leur offre la liberté, les fait respirer en prise avec les beautés surprenantes de la vie. Auteur, comédien, metteur en scène, organisateur d’agoras, avec « Cours dehors », il invente et scénographie des rencontres où la culture crée les liens.

Le projet « Cours dehors » est né pendant la crise sanitaire avec l’idée de déconfiner la culture dans une rencontre entre des habitants des différents quartiers de Montpellier, ceux du centre-ville comme ceux de La Paillade, son quartier, celui où il a grandi, un quartier populaire à la réputation entachée. Le principe est simple : sur un thème, un groupe s’engage sur la route avec cinq invités qui attendent sur le parcours pour incarner le thème du jour. « L’idée est de créer un lien commun, de provoquer la rencontre, de la stimuler par le truchement de la culture, de susciter le goût des autres ».

[...] Ce qu’il fuit, ce sont les approches où l’on se met « au chevet des quartiers populaires ». Dans ces quartiers comme ailleurs, la vie pulse. Alors, il cherche à « aller dans le vif de l’émotion, au cœur de l’humain ».

Attention aux jeunes

Il porte une attention particulière aux jeunes, à ce qu’ils vivent dans le climat anxiogène de l’époque, le visage masqué à l’école et avec des cours suivis à distance, « tout pour désenchanter une scolarité ». « Cours dehors » s’adresse en priorité à eux, pour « malgré tout, provoquer quelque chose qui tempère, pour enthousiasmer les gamins et que ni leurs rêves ni leur idée d’avenir ne sombrent ».

La proposition est de déconfiner les cours, de les mettre à l’abri à l’extérieur, cet endroit sécurisé où le virus se propage moins. Il dit n’avoir oublié aucune sortie scolaire et en a retiré la certitude que « ce qu’on apprend dehors est plus durablement ancré en soi ». Il ne se prétend ni enseignant, ni pédagogue. « Je fais de la mise en espace en trouvant une prolongation dans la vie de tous les jours d’un travail scolaire dont il s’agit de ne rien perdre. » Pour une classe du collège [REP+] des Escholiers de la Mosson, il a imaginé un itinéraire autour du conte avec des interprétations surprenantes. Le vigile du supermarché a raconté des blagues, un rappeur a interprété un texte, une actrice a lu une aventure de Nasreddine Hodja, un habitant a parlé de l’histoire du quartier. « Le plus fabuleux c’est qu’ils découvrent qu’ils sont des êtres culturels, qu’ils habitent d’un quartier culturel avec des habitants qui vivent cette culture. »

[...]

Une démarche volontaire

Des écoles le contactent aussi, mais pour l’heure c’est principalement l’association « Plume et Compas », créée et dirigée par Marie-Hélène Gosse, qui mobilise un grand nombre d’élèves originaires des quartiers populaires vers ces itinéraires qui auront prochainement pour intervenants des avocats puis des médecins. Des policiers et des pompiers sont déjà venus participer.

Pour chaque thème, c’est une démarche volontaire de venir exprimer à la vue de tous son métier, ses passions, sa façon d’incarner la vie.

Monique Royer

Le site de Nourdine Bara

Extrait de cahiers-pedagogiques.com du 17.03.22

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