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A Marseille, sur fond d’expérimentation du plan présidentiel "Ecoles Innovation", des enseignants de REP et REP+ demandent un plan d’urgence pour les collèges (Le Monde)

31 mars

A Marseille, des enseignants demandent un plan d’urgence pour les collèges
Les équipes d’une quinzaine d’établissements majoritairement classés réseau d’éducation prioritaire enchaînent, chacune à leur tour, les grèves depuis le 14 mars pour dénoncer une baisse des dotations horaires. Mardi, une journée unitaire était organisée.

Le mouvement est parti doucement le 14 mars, à l’initiative des enseignants de trois collèges du nord de Marseille classés réseau d’éducation prioritaire (REP). Depuis, la mobilisation fait tache d’huile et a été ralliée par une quinzaine d’établissements qui, durant une journée chacun, ont pris leur tour dans un processus inédit de « grève en chaîne ».

Mardi 29 mars, pour la première journée unitaire du mouvement, près de cent cinquante enseignants, dont certains venus de villes environnantes, ont défilé dans le centre de Marseille, à l’appel cette fois d’une intersyndicale réunissant la CGT, SUD-Education et la CNT. Le cortège accueillait également des représentants de la MPE 13, principale association de parents d’élèves du département, des surveillants de collège (ADE), quelques professeurs de lycées et était soutenu par le SNES-FSU, ainsi que FO.

Tous réclament la mise en place d’un « plan d’urgence » pour les établissements des Bouches-du-Rhône, et la compensation d’une perte de dotation horaire globale qu’ils estiment à 1 900 heures sur la période 2018-2022, soit l’équivalent de 105 postes à temps plein. Des chiffres que la direction des services départementaux de l’éducation nationale, qui a reçu, mardi, une délégation intercollèges, ne commente pas.

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Dans une ville, Marseille, que le président Emmanuel Macron a choisie pour être un de ses laboratoires en matière de politique éducative, en accordant notamment un financement de 410 millions d’euros pour la rénovation des établissements primaires et de 2,5 millions d’euros de crédit pédagogique pour les projets du plan "Ecoles innovation", la revendication prend un écho très particulier.

« Un effet Père Noël »
Membre du conseil d’administration de ce collège du très paupérisé 3e arrondissement de Marseille, Bruno Mathieu estime à soixante-six le nombre d’heures hebdomadaires d’enseignement perdues par son établissement sur les quatre dernières années. Un déficit qui se traduit notamment, explique sa collègue Marine Di Renzo, par « l’arrêt de dédoublements de classes de langue ou de projets pédagogiques comme les classes patrimoine, médias ou théâtre en anglais ». « Avec le plan Ecoles innovation, on a l’impression d’un effet Père Noël. Les moyens tombent sans cohérence avec la situation des établissements. Nous, on ne demande pas d’argent, on veut des heures d’enseignement », poursuit cette professeure d’anglais gréviste.

« Il y a une casse énorme, énormément de décrochages »

Au début de l’année 2020, une mobilisation des enseignants de collèges marseillais avait déjà mis en avant les mêmes problématiques. Le premier confinement l’avait stoppée net. Deux ans plus tard, les revendications sont encore amplifiées par l’effet de la pandémie. « Nos élèves ont d’autant plus besoin d’un encadrement renforcé qu’ils ont perdu les codes de comportement, les rythmes scolaires. Il y a une casse énorme, énormément de décrochages », constate, dépité, Bruno Mathieu.

Extrait de lemonde.fr du 30.03.22

 

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