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Suivi du plan mathématiques (rapport Igésr, janvier 2022)

26 avril

Suivi du plan mathématiques
Rapport Igésr, janvier 2022, 40 p.

Dans un système français caractérisé par un volume annuel de formation continue relativement faible et une pratique rare des visites croisées, le Plan mathématiques Villani-Torossian vise à répondre aux difficultés rencontrées par les élèves en mathématiques au sortir de l’école primaire.

Le contenu du rapport
Ce plan instaure une double rupture par rapport aux plans précédents : par son ambition, tout d’abord, en se donnant comme objectif de former, dans le cadre d’une formation de trente heures, tous les professeurs des écoles, en cinq-six ans ; par ses modalités ensuite, en plaçant au centre de la formation les échanges et les visites croisées entre pairs.

Le premier constat de la mission d’inspection générale est que chaque maillon de la chaîne, administration centrale, académies, départements, a répondu présent et qu’une mobilisation, que la pandémie n’a pas entamée, a permis de respecter les grandes lignes de la trajectoire annoncée en part de personnels formés. Du point de vue des formations à proprement parler, c’est là aussi un constat positif qui s’impose en termes d’adhésion des professeurs eux-mêmes, et des formateurs, au modèle d’organisation en constellations.

Au-delà de ces deux constats favorables, la mission a pu, au travers de visites de classe et d’entretiens, mesurer les effets positifs mais surtout l’ampleur du chemin qui reste à parcourir pour que les pratiques enseignantes, et ensuite les résultats des élèves, soient véritablement impactés.

Les auteurs
Ghislaine Desbuissons, Olivier Sidokpohou, pilotes
Federico Berera, Xavier Gauchard, Ollivier Hunault, Caroline Moreau-Fauvarque, Anne Szymczak, Claudine Picaronny, François Vandenbrouck, Johan Yebbou

Extrait de education.gouv.fr de janvier 2022

SYNTHÈSE
Dans une histoire de la formation continue en mathématiques longue et riche, le Plan mathématiques se distingue par une double rupture :
– par son ambition, tout d’abord, en se donnant comme objectif de former, dans le cadre d’une formation de trente heures, tous les professeurs des écoles, en cinq-six ans ;
– par ses modalités ensuite, en plaçant au centre de la formation les échanges et les visites croisées entre pairs.
Dans un système français caractérisé dans toutes les évaluations internationales par un volume annuel de formation continue relativement faible et une pratique rare des visites croisées, le double défi était de taille et marquait une ambition à la mesure des difficultés rencontrées par les élèves en mathématiques au sortir de l’école primaire.

Le premier constat de la mission menée par l’IGÉSR est que chaque maillon de la chaîne, administration centrale, académies, départements, a répondu présent et qu’une mobilisation, que la pandémie n’a pas entamée, a permis de respecter les grandes lignes de la trajectoire annoncée en part de personnels formés.
On note toutefois que le nombre de personnels formés reste par endroits très inférieur aux attentes et que la promesse des 30 h de formation effective n’a pas toujours été tenue, en particulier pour des absences de remplaçants que l’on peut attribuer, mais pour partie seulement, à la pandémie. D’autres points sont à améliorer, en termes de pilotage ou de prise en compte de la recherche, mais un élan sans doute décisif a
été donné pour installer le plan.
Du point de vue des formations à proprement parler, c’est là aussi un constat positif qui s’impose en termes d’adhésion des professeurs eux-mêmes, et des formateurs, au modèle d’organisation en constellations.

Au-delà de ces deux constats favorables, la mission a pu, au travers de visites de classe et d’entretiens, mesurer les effets positifs mais surtout l’ampleur du chemin qui reste à parcourir pour que les pratiques enseignantes, et ensuite les résultats des élèves, soient véritablement impactés. Ce résultat n’est pas étonnant, tant les difficultés pointées par le rapport Villani - Torossian, à la suite d’autres travaux et rapports, sont profondes et ne sauraient être résolues en deux ou trois ans. Loin d’être un constat d’échec, ce rapport est un appel à persévérer dans la durée, en conservant les modalités et les axes de travail identifiés, et en mettant en synergie tous les échelons du système en s’appuyant notamment sur une exploitation méthodique de l’évaluation des élèves.

 

Liste des préconisations

Préconisation n° 1 : Les académies doivent s’outiller pour piloter le plan sur la durée :
– en s’appuyant sur quelques indicateurs robustes, sur le plan quantitatif (notamment les évaluations nationales de CP, CE1 et sixième) mais aussi qualitatif ;
– en faisant de la mutualisation des supports de formation pour les formateurs une priorité ;
– en favorisant le partage des outils qui ont été produits par les acteurs, qu’il s’agisse d’aide au pilotage ou à la formation ;
– en suscitant le feedback de l’action des RMC en termes d’ingénierie de formation ;
– en organisant un suivi d’impact sur les pratiques pédagogiques.

Préconisation n° 2 : Pour atteindre les premiers effets pour TIMSS 2023 et permettre un plein effet pour TIMSS 2027, conjuguer le travail de fond du Plan mathématiques avec un effort sur l’entrée en cycle 3 :
– au travers de documents et de préconisations ciblés ;
– grâce à la création d’une évaluation nationale exhaustive de début de cycle 3, bien reliée aux programmes et aux difficultés repérées au travers des évaluations TIMSS.

Préconisation n° 3 : Pérenniser et sécuriser les CPC et RMC du Plan mathématiques, à la fois par un effort indemnitaire et par des affectations donnant la latitude aux académies de conjuguer le plan Mathématiques avec les autres actions prioritaires.

Préconisation n° 4 : Faire des évaluations de 6e un élément de suivi des effets du Plan mathématiques, en particulier autour de la résolution de problèmes, en renforçant l’articulation de l’évaluation avec les objectifs du plan, à l’occasion, notamment, de renouvellements annuels de certains items.

Préconisation n° 5 : Mieux préciser l’articulation entre les grandes priorités du Plan mathématiques et la prise en compte des besoins du terrain afin d’éviter les incompréhensions et les frustrations.

Préconisation n° 6 : Tout en maintenant l’encouragement à la pratique de résolution de problèmes, porter, au travers des visites en classe d’IEN et de CPC, une attention particulière à la mise en œuvre des deux points suivants :
– laisser plus de place à l’activité individuelle des élèves ;
– privilégier les supports de manipulation neutres (jetons, gommettes) aux objets figuratifs susceptibles de détourner l’attention des élèves.

Préconisation n° 7 : Concevoir au niveau national la trame d’un guide d’observation, simple et opérationnel, permettant aux IEN et aux CPC de suivre et encourager l’évolution des pratiques induites par le Plan mathématiques.

Préconisation n° 8 : Former les enseignants à la pratique d’une évaluation structurée dont les résultats, combinés avec les observations de classe, fournissent des points d’appui aux élèves et aux équipes pour améliorer les apprentissages.

Préconisation n° 9 : Renforcer encore la place de la recherche dans la conception des actions de formation.

Préconisation n° 10 : Mettre en place dans les académies, des protocoles d’évaluation avec des laboratoires indépendants, nationaux et internationaux pour une évaluation à moyen terme de l’impact du Plan mathématiques.

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