> EDUCATION. Généralités (hors EP) > Education. Généralités (Positions) > Education. Généralités (Positions politiques et syndicales) > Avant les législatives, les demandes des syndicats (Le Café, ToutEduc)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Avant les législatives, les demandes des syndicats (Le Café, ToutEduc)

19 mai

Sophie Vénétitay : Le Snes Fsu attend un ministre de rupture
Du 9 au 13 mai, le Snes Fsu a tenu son congrès national à Montpellier en pleine période d’alternance politique. Dans cet entretien, Sophie Vénetitay, secrétaire générale du premier syndicat du 2d degré, fait le point sur les attentes de son syndicat et aussi sur le bilan des 5 années Blanquer.

Le congrès a lieu alors qu’Emmanuel Macron est réélu président de la République. N’est ce pas décourageant pour le Snes ?

Non. On sort de 5 années difficiles et les projets d’E Macron n’augurent rien de bon. On est à un moment charnière où se préparent des choses compliquées pour le service public d’éducation. Mais il y a beaucoup de dynamisme, d’envie d’aller de l’avant et de gagner. Il y a une prise de conscience des effets délétères des projets d’E Macron pour l’Ecole. Et on va compter sur cette dynamique pour gagner.

Le ministre de l’éducation nationale va changer. Avez vous des exigences sur le choix du prochain ministre ?

On en a sur la méthode et le fond, pas la personne. On veut qu’il rompe avec la méthode de JM Blanquer qui est unanimement décriée : la manque de concertation, le mépris, le refus d’entendre la contradiction. JM Blanquer n’acceptait pas qu’on puisse avoir un autre avis que le sien. Sur le fond,il y a des dossiers très urgents comme la revalorisation et la rentrée 2022. On n’est pas dupes des projets d’E Macron. Mais face à lui il y a les collègues, le Snes qui expriment leurs exigences. Il va falloir que le nouveau ministre les entende.

Quel regard portez vous sur la politique menée par JM Blanquer ?

Il s’est présenté comme le ministre de la revalorisation historique mais il a surtout été le ministre de la rupture historique avec les personnels. Il a été très loin dans la casse du service public d’éducation. Sa méthode, son style ont fait beaucoup de mal. Il porte une lourde responsabilité dans l’état de délabrement du service public aujourd’hui.

Justement quelle part lui revient personnellement ?

Sur le fond, il a suivi la politique d’E Macron. Quand on regarde le programme de 2017, on voit que sa ligne politique est celle d’E Macron. JM Blanquer s’y est inscrit et y a ajouté sa touche personnelle. Il a été plus loin qu’attendu par exemple en favorisant l’enseignement privé. Il y a eu aussi son style personnel.

Les résultats des épreuves d’admissibilité des concours enseignants sortent en ce moment. Ils montrent une véritable crise du recrutement. Comment y remédier ?

Il faut des mesures d’urgence et de moyen terme. Il est nécessaire de décider un concours exceptionnel pour cette année, comme cela s’est déjà produit dans les années 1980. Les listes complémentaires doivent aussi être utilisées. A moyen terme il y a des décisions à prendre :par exemple prendre en charge les frais de déplacement et de logement liés au concours. Il faudra remettre à plat la réforme de la formation. Par exemple la perspective d’entrer dans le métier à temps complet peut effrayer les futurs enseignants.

L’économie française est presque au point mort et la tension internationale est au maximum en Europe. La revalorisation promise par E Macron vous semble t-elle encore réalisable ?

Elle est réalisable mais aussi indispensable. On connait le déclassement salarial des enseignants qui ont perdu 20 à 25% de pouvoir d’achat. Il s’y ajoute pour certains, comme les AED et les AESH, un élément de dignité. On ne peut pas continuer à sous payer ainsi ces personnels. Il y a aussi une question de dignité pour les néo enseignants : en entrant dans le métier ils sont éligibles à un dispositif de lutte contre la pauvreté.

Au delà, on voit bien avec la crise de recrutement que si on ne revalorise pas rapidement c’est l’avenir du service public d’éducation qui est menacé. Si on ne revalorise pas dans les 5 années qui viennent combien d’enseignants titulaires seront encore là ? A quoi ressemblera le service public ?

Quel souvenir gardez vous du congrès de Montpellier ?

C’était un congrès à la fois grave et joyeux. Grave du fait de la période. Et joyeux par l’enthousiasme de se retrouver en présentiel ce qui n’était pas arrivé depuis 2018. Cette convivialité, ces débats, c’est ce qui restera avec la belle organisation des camarades de Montpellier. L’accueil des militants à l’ouverture du congrès m’a beaucoup touché et aussi l’hommage qui a été rendu à Frédérique Rollet. Cela aussi c’est un beau souvenir.

Propos recueillis par François Jarraud

Le blog du congrès

Extrait de cafepedagogique.net du 16.05.22

 

Le Snpden veut la pause
Après Blanquer, "Il faut laisser reposer la pâte". La formule résume la principale attente du premier syndicat de personnels de direction pour l’après Blanquer. Après 5 années de réformes accélérées, les personnels de direction veulent souffler. C’est vrai aussi pour la réforme des maths en 1ère ou celle de la réforme de la voie professionnelle. Pas de chance, Emmanuel Macron a déjà promis de nouvelles réformes. Ce nouvelles années difficiles s’annoncent pour le syndicat.

Maths : Un timing intenable

Alors qu’il fête ses 30 ans, le Snpden Unsa, premier syndicat des personnels de direction, joue la sérénité. A l’couter il serait presque satisfait d’avoir des syndicats concurrents. Et dans le chaos généré par les dernières décisions de JM Blanquer, il affecte de garder la tête froide.

Alors que JM Blanquer a annoncé que la réforme de l’enseignement de maths en 1ère générale s’appliquerait à la rentrée 2022, alors que le Conseil supérieur des programmes publie un projet de programme, le Snpden attend les textes officiels.

Ca ne l’empêche pas de critiquer. "C’est un contre sens absolu de mettre en place un dispositif à la rentrée à cause du timing", explique Bruno Bobkiewicz, secrétaire général. "Le problème majeur c’est l’incapacité de dire des choses claires. Je ne sais conseiller les familles à ce stade". L’annonce ministérielle n’est suivie par aucun texte sur l’organisation du nouvel enseignement, le public ciblé et encore moins les débouchés dans Parcoursup. Cela alors que les élèves de seconde doivent arrêter leurs choix de spécialité début juin.

Crise du recrutement : un vivier introuvable

Autre formule ministérielle qui ne passe pas : le fameux "vivier" où la rue de Grenelle annonce vouloir pêcher des professeurs pour remplacer l’effondrement des candidatures aux concours. "Je ne sais pas où ils vont chercher ce surplus de professeurs", note Bruno Bobkiewicz. Il a son sentiment sur la crise du recrutement. "L’image dégradée du métier ne fait plus rêver personne. Quand on a un bac +5 dans certaines disciplines on n’a pas intérêt à entrer dans le métier au vu du salaire et des discours tenus sur les professeurs".

Rejet des réformes annoncées par E Macron

Bruno Bobkiewicz n’est pas plus emballé par les réformes annoncées par Emmanuel Macron . Alors que le président veut donner plus de pouvoir aux chefs d’établissement, notamment celui de recruter les enseignants, le Snpden n’est pas intéressé. "On ne veut pas davantage de pouvoirs ", dit-il. "On n’est pas favorable à l’autonomie du chef d’établissement mais très favorables à celle des établissements. L’autonomie c’est avoir les marges financières permettant de l’exercer avec le conseil d’administration". Le Snpden déplore que tout ce qui concerne l’autonomie soit en fait déjà fléché. "Tout ce qui est imposé par le système, les LCA, les maths complémentaires etc., doit être financé pleinement". A défaut il n’y a plus de marge d’autonomie.

La réforme annoncée de la voie professionnelle est mal accueillie. "On vient de réformer la voie professionnelle, souligne Laurence Colin, secrétaire nationale. "Cette année, c’est la première terminale en mode réforme. Analysons d’abord ce qui vient de changer. On vient de faire changer les équipes et on parle déjà de tout modifier. C’est la meilleure façon de décourager les enseignants".

Laisser reposer la pâte

"On attend du prochain ministre de la concertation, de la communication, de la confiance", dit Bruno Bobkiewicz. "Qu’il ne démarre rien de nouveau avant d’avoir fait le bilan de l’existant. Les collègues ont besoin de laisser reposer la pâte. On n’est pas obligé de réformer tout le temps". Le Snpden attend aussi du nouveau ministre une autre politique d’inclusion scolaire notamment par rapport aux PIAL qui sont gérés par les établissements. "On aimerait aussi que fut mis plus en avant la mixité sociale et scolaire". Après 5 années très difficiles, les personnels de direction attendent l’arrêt de la réformite. Alors qu’Emmanuel Macron veut en urgence lancer les réformes du système éducatif qu’il n’a pas pu mener lors de son premier quinquennat.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 18.05.22

 

Les syndicats de l’éducation unanimes pour demander à la Première ministre des mesures d’urgence

Les organisations syndicales de l’enseignement unanimes, y compris agricoles (FSU, UNSA Education, FNEC FP-FO, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC, Sud Education, SNCL-FAEN, FO-EA, CGT Agri, SUD Rural Territoires, à l’exception de la CFE-CGC) et la FCPE adressent une lettre ouverte à la Première ministre dans laquelle elles évoquent les "profonds bouleversements" qu’a subis "ces dernières années" l’Ecole publique, la multiplication des réformes, le manque chronique de moyens, une "politique salariale inadaptée", la situation de précarité "inacceptable" dans laquelle se trouvent "la plupart des contractuels", "la chute importante du nombre de présents aux concours de recrutement". Les signataires considèrent que "des mesures doivent être prises de toute urgence" : recourir aux listes complémentaires là "où elles existent" et "renouveler les contractuels". Les organisations demandent aussi "un moratoire sur les suppressions de postes".

Elles exigent "une revalorisation ambitieuse des salaires pour tous les personnels (...), sans conditionnement à des tâches supplémentaires", la revalorisation du point d’indice "dans les plus brefs délais" et elles confirment leur "hostilité à tout nouveau recul de l’âge légal pour pouvoir partir en retraite". Elles précisent qu’elles seront "particulièrement" attentives "à la prise en compte de la voix des personnels et des parents d’élèves dans les premières décisions du gouvernement".

Extrait de touteduc.fr du 18.05.22

Répondre à cet article