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Dans le cadre du programme départemental Agora, le collège REP+ Gustave Courbet de Romainville apprend à lutter contre les fake news

27 juillet

Fake news : quand des collégiens de Romainville apprennent à démêler le vrai du faux

Le 21 janvier, une classe de 4e du collège [REP+] Gustave Courbet, à Romainville, s’est rendue à la Fondation EDF, à Paris, pour visiter une exposition consacrée aux fake news. Une sortie organisée dans le cadre d’Agora, le programme d’éducation aux médias et à la liberté d’expression que le Département a mis en place dans les collèges de Seine-Saint-Denis après le choc de l’assassinat de Samuel Paty.
Reportage.

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Ce groupe d’élèves, comme tous leurs camarades des 130 collèges publics de Seine-Saint-Denis, bénéficie depuis le début de l’année du dispositif Agora, un programme d’éducation aux médias et à la liberté d’expression lancé par le Département après l’émoi suscité par l’assassinat du professeur Samuel Paty survenu en octobre 2020.
Dans le cadre de ce programme, le collège Gustave-Courbet accueille actuellement une résidence de la photojournaliste de l’AFP, Elena Fusco, portée par l’association Citoyenneté Jeunesse, et qui propose notamment des actions ponctuelles chaque vendredi. La classe de 4e option art a par exemple réalisé à ses côtés, lors du premier trimestre, un magazine photo sur le thème de « demain » (la 5G, la crise migratoire, la représentation de la femme dans notre société, l’urgence climatique, etc.). L’établissement scolaire se rend aussi ponctuellement sur différents événements en lien avec l’actualité médiatique, telle cette exposition présentée à la Fondation EDF. Celle-ci réunit les œuvres d’artistes français et internationaux – des peintures, des sculptures, des installations, des photos, des vidéos - qui alertent et interrogent sur la prolifération de fausses informations (via Twitter, Facebook, Instagram et tant d’autres réseaux sociaux) dans notre monde hyper-connecté tout en bousculant notre esprit critique. Les mécanismes de création et de diffusion d’une fake news y sont analysés sous toutes les coutures afin de permettre au visiteur d’acquérir des méthodes et des astuces qui l’aideront par la suite à enrayer leur diffusion et à échapper aux manipulations en tout genre.

Une désinformation devient aussi virale que le coronavirus

« Fake news ». Mais aussi « infobésité », « infodémie » ou encore « Deep fake » La plupart des élèves de cette classe de 4e du collège Gustave-Courbet n’avaient jamais entendu parler de toutes ces expressions et néologismes avant de visiter cette exposition. C’est donc bien souvent avec des yeux ronds qu’ils regardent Guillaume, leur guide d’un jour, quand celui-ci se lance dans des explications, toujours limpides et accessibles, à propos de telle ou telle œuvre. Sur un panneau, les messages, tour à tour encourageants ou anxiogènes, défilent : « Des hélicoptères vont répandre des produits chimiques dans les rues pour éradiquer le nouveau coronavirus. » « Retenir sa respiration pendant dix secondes est un bon test pour savoir si vous avez la Covid-19. » Plus bas, une infographie nous indique qu’il aura fallu une semaine, pas plus, pour que les fake news précitées essaiment sur les cinq continents. « Les fausses informations existent depuis la nuit des temps, rappelle le guide. On les retrouve dans la cour de récréation, chez le boucher, le coiffeur… La grande différence, aujourd’hui, est que le monde entier, ou presque, a accès à Internet. » Résultat : la désinformation devient aussi virale que le coronavirus. On s’arrête ensuite devant l’œuvre de Tsila Hassine et Carmel Barnea Brezner Jonas, deux artistes israéliens. Soit une petite boîte contenant un ordinateur miniaturisé, un routeur wifi et une mini-imprimante thermique. En sort un rouleau de papier sur lequel est imprimé, en temps réel, la référence de tout nouvel article ou message posté sur Internet, et qui contient l’expression « fake truth » (fausse vérité). Les élèves sont intrigués, tournent autour de l’installation, essaient de comprendre ce qui se trame ici, sous leurs yeux. « Les artistes ont voulu démontrer à quel point les flux de désinformation sont aujourd’hui importants et, donc, difficiles à endiguer », nous dit Guillaume. Et de souligner : « Nous sommes ici sur un bel exemple d’infobésité. Cette surcharge d’informations, fausses qui plus est, nous intoxique ». Et devient de fait un obstacle à la recherche d’informations, authentiques celles-ci.
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Extrait de lemag.seinesaintdenis.fr du 24.01.22

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