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Derrière la vitrine de l’autonomie des établissements (Le Monde diplomatique)

10 octobre 2022

Savoir « se vendre » pour attirer les « clients » à l’école

Derrière la vitrine de l’autonomie des établissements scolaires
Adapter la manière d’enseigner à chaque élève en fonction de ses difficultés et de ses spécificités semble frappé au coin du bon sens. Pourtant, l’individualisation pédagogique préconisée par le président Emmanuel Macron recèle bien des pièges. En son nom, on enjoint aux établissements de définir un projet destiné à séduire leur public. Au détriment d’une réflexion sur la transmission des savoirs.

par Clothilde Dozier

L’expression s’est installée en salle des professeurs. Certains continuent de l’exclure tandis que d’autres, pénétrés d’habitudes nouvelles, l’adoptent en s’excusant : « Je n’aime pas dire ça, mais il faut savoir se vendre. » Promouvoir les qualités de son établissement fait désormais partie des préoccupations des enseignants. « Se vendre » : mettre en valeur ses projets, se targuer de partenariats avec des artistes, concevoir des diaporamas séduisants, organiser des journées portes ouvertes. Ou, de manière plus grossière eu égard à l’image du service public, attirer de nouveaux « clients ».

Mettre en avant des spécificités, prétendues ou réelles, est possible en raison de la plus grande autonomie accordée aux établissements. Depuis la réforme du collège menée par M. François Bayrou en 1995, les possibilités en la matière n’ont cessé de croître. Les chefs d’établissement se sont vu attribuer des heures « globalisées » ou des « marges d’autonomie ». Le conseil d’administration, sur proposition du chef d’établissement, décide de leur usage. Le ministre Luc Chatel, dans sa réforme du lycée en 2010, prévoyait jusqu’à neuf heures par semaine non affectées par niveau. En 2014, la réforme du collège de Mme Najat Vallaud-Belkacem attribuait 20 % de la dotation à la décision de l’établissement. Aujourd’hui, le conseil d’administration peut modifier et valider, à chaque rentrée scolaire, le nombre de classes, la répartition des heures entre les langues, l’existence ou non d’une option latin (et son horaire), l’attribution de l’enseignement moral et civique (EMC) à tel ou tel enseignant, l’existence de travail en effectifs allégés dans une discipline plutôt que dans une autre, le nombre de groupes de spécialité. Ces choix sont ensuite valorisés face aux concurrents, publics comme privés, notamment lors de journées portes ouvertes devenues indispensables. On y présente les enseignements, mais aussi les options et les clubs existants, qui fonctionnent comme un « produit d’appel ». Le site Internet de l’établissement (...)

Extrait de monde-diplomatique.fr d’octobre 2022-

Rappelons que les articles sur le pilotage à tous les niveaux et l’autonomie des établissements sont classés dans la sous-rubrique Pilot. local. Autonomie des établissements , qui dépend elle-même de la rubrique EDUCATION PRIORITAIRE (politique d’).

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