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Deux ans après un reportage choc, Envoyé spécial est retourné à l’école REP+ Georges-Bruguier à Nîmes, cernée par le trafic de drogue

5 juin

"Notre école, elle rate quelque chose", le constat amer du directeur d’un groupe scolaire encerclé par les dealers

Fin mai 2021, "Envoyé spécial" diffusait un reportage choc tourné dans une école de Nîmes cernée par le trafic de drogue. C’est à ce moment-là que "la situation était la plus critique", se rappelle le directeur. Les journalistes sont revenus voir Christophe Boissier juste avant que celui-ci prenne sa retraite, après une longue carrière dévolue à l’éducation des enfants des quartiers sensibles.
Un groupe scolaire encerclé par des dealers, les siestes des petits de maternelle rendues impossibles par les "Arah !" hurlés par les guetteurs... jusqu’à des tirs juste derrière les grilles et des intrusions d’individus armés dans la cour de récréation. Au cœur du quartier nîmois dit du "Chemin-bas d’Avignon", l’école primaire Georges-Bruguier vivait au rythme d’une violence continue, qui faisait les gros titres des journaux. "Envoyé spécial" y avait tourné un reportage choc en mai 2021.

Deux ans plus tard, "c’est Alcatraz"
"A l’époque où vous étiez venus, on ne pouvait pas se concentrer 100% de notre temps sur ce qu’on devait apprendre aux élèves", se souvient Christophe Boissier. On pensait à autre chose : on voulait les protéger, les mettre en sécurité." Ces nuisances et ces menaces à répétition, le fait que l’on s’attaque à l’école, "un sanctuaire, le symbole de la République", mais aussi que l’"on empêche les enfants d’apprendre", tout cela mettait le directeur hors de lui. La situation est aujourd’hui plus calme. Un bâtiment a été détruit par les services de la ville et la clôture de l’école a été réhaussée, rendant les grillages infranchissables. " Le revers de la médaille, reconnaît Christophe Boissier, c’est qu’on est cloîtrés."

"De la peine pour ces gamins qui sont tombés dans les trafics"
De ceux qui sont toujours là, de l’autre côté des grilles, ces dealers et guetteurs qui leur ont rendu la vie impossible, Christophe Boissier dit : "Bien sûr, j’ai de la peine pour eux ! Des gamins qu’on a vus au CP, qu’on a aidés à aller aux toilettes, à qui on a appris la lecture !"

Extrait de francetvinfo.fr du 01.06.23-]

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