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Compte rendu OZP de la Rencontre du 17 janvier 2018 : Questions sur la santé en éducation prioritaire

2 février 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

— -LES RENCONTRES DE L’OZP-------
n°132, janvier 2018

Compte rendu de la 161ème rencontre du 17 janvier 2018


(De gauche à droite, Marc Douaire, Michelle Lorrenzi et Françoise Benédict)

« La santé n’est pas un don de la nature mais une conquête de la civilisation » Cette phrase du Professeur Maurice Tubiana, Françoise Bénédict l’a faite sienne. Pour cette rencontre, l’OZP a fait le choix de s’écarter des questions pédagogiques pour se pencher sur celles concernant la santé, avec les interventions de Françoise Bénédict qui fut jusqu’à très peu de temps conseillère technique auprès de la rectrice de l’académie de Créteil et de Michelle Lorrenzi qui lui a succédé.

On ne peut pas parler de santé dans les zones d’éducation prioritaire sans évoquer les textes fondateurs » précise Françoise Bénédict. « Textes et circulaires depuis 2012 ont déterminé les orientations, des missions des personnels de santé à la mise en place du parcours citoyen en passant par la mise en place d’un parcours éducatif de santé. La santé et la citoyenneté réfléchies ensemble dénotent bien que la santé n’appartient pas aux seuls personnels de santé. Le point commun à tous ces textes est le repérage, le dépistage, le diagnostic et la prise en charge des anomalies de santé pouvant avoir une répercussion sur la réussite scolaire de l’élève ».

Quel est le parcours de santé d’un enfant ?
Tout d’abord, un repérage est fait par les personnels les plus proches des élèves, qu’il s’agisse des enseignants, des infirmiers, des assistants sociaux ou bien encore des personnels d’éducation… Donc, tous les membres de la communauté éducative sont concernés. Ensuite, le dépistage est effectué par des personnels spécifiques (psychologues scolaires, infirmiers et médecins de l’Éducation nationale) et il s’exerce dans une relation duelle avec l’élève en utilisant des outils validés ou étalonnés. Enfin, s’établit un diagnostic qui est la spécificité du médecin et qui va permettre de faire la différence entre difficultés et troubles. Le problème sur l’Académie de Créteil porte sur le recrutement des médecins alors que les postes existent.
Dans toutes les académies, les infirmières délivrent la contraception d’urgence et renouvellent pour 6 mois maximum une contraception orale prescrite en première intention. Elles ont été formées à cela et sont accompagnées par des guides. À l’issue de ce diagnostic premier, il peut y avoir orientation vers les partenaires du soin pour finaliser le diagnostic et mettre en place la prise en charge.

Cette démarche, bien définie, s’applique quelle que soit la difficulté repérée (difficultés d’apprentissage, de comportement, de problèmes de sexualité, de conduites à risques…). Elle permet d’éviter un « sur-embouteillage » des structures de prise en charge. Les liens tissés avec nos partenaires (ARS, PMI...) permettent de prendre en charge au mieux les situations les plus urgentes quand on sait que les temps d’attente peuvent être très longs notamment lorsque l’on préconise un accueil au CMPP pour un enfant.

Le parcours éducatif de santé et le parcours citoyen
Malgré quelques difficultés de mise en place sur le terrain, on voit bien que cela commence à prendre. Il va s’agir de travailler tous ensemble, parents, enseignants, médecins avec l’objectif de croiser les différents indicateurs afin de trouver la meilleure réponse possible.
Le parcours éducatif de santé et le parcours citoyen insistent sur le développement de l’élève tout au long de sa scolarité. L’objectif est de développer son autonomie et de renforcer sa capacité à faire des choix responsables en toute connaissance de cause, ce qui nécessite un travail partenarial. On peut travailler sur le climat scolaire, le harcèlement par exemple mais de nombreuses autres thématiques peuvent être abordées et exploitées en fonction du rôle et de la fonction des intervenants. Dans le cadre de l’engagement citoyen, un travail sur le secourisme peut être conduit. À ces parcours s’ajoutent le parcours « avenir » et les parcours « artistiques et culturels ». Les parcours sont en lien étroit les uns avec les autres. En aucun cas, il ne s’agit d’un mille feuilles. Un thème peut donc être travaillé par les enseignants de manière transversale.

Ces parcours permettent ainsi le développement des compétences psychosociales, c’est à dire la capacité d’une personne à répondre aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne en adoptant un comportement approprié et positif dans ses relations entretenues avec les autres en fonction de sa propre culture et de son environnement.

Ces compétences sont au nombre de dix et elles sont couplées :
• Savoir résoudre des problèmes /savoir prendre des décisions
• Avoir une pensée créatrice / avoir une pensée critique
• Savoir gérer son stress / savoir gérer ses émotions
• Savoir communiquer efficacement / Etre habile dans les relations interpersonnelles
• Avoir conscience de soi / Avoir de l’empathie pour les autres
Quand on travaille sur ces compétences, quelle que soit la thématique abordée, quand on donne confiance à l’élève, on améliore forcément son parcours. Cependant, on peut avoir une bonne information et ne pas faire les bons choix pour sa propre santé. Une compétence ne s’acquiert qu’en la pratiquant sinon elle reste dans le domaine de l’intention. Travailler sur les compétences aura un impact alors que jouer sur la peur, par exemple en soulignant les risques liés au tabac ou à l’alcool, ne sert qu’à renforcer un déni. Il faut laisser les personnes concernées trouver elles-mêmes la solution adaptée : chacun a les ressources pour cela.

La promotion de la santé
Elle repose sur trois piliers : l’éducation, la prévention et la protection. Cet ensemble s’inscrit dans le projet d’école, dans le projet du département et dans le projet académique. Au sein du projet académique est venu de manière transversale s’intégrer tout ce qui concernait la santé. Le CESC (Comité d’Éducation à la Santé et à la Citoyenneté) permet de coordonner l’ensemble et d’articuler les différents projets entre eux. Tous les indicateurs qui vont se croiser, ceux de l’absentéisme via la vie scolaire, ceux qui relèvent des apprentissages avec le professeur principal, ceux qui relèvent du nombre de passages à l’infirmerie avec l’infirmière scolaire, etc., permettent d’avoir une action éducative cohérente. Lorsque l’on parle de promotion de la santé, il convient de prendre en compte une triade indissociable : les besoins recensés, les demandes faites et les réponses adaptées.

Des tentatives de réponses aux difficultés repérées en ZEP
Les efforts se concentrent sur l’Éducation prioritaire. En effet, les enquêtes de la DREES (Direction Recherche Étude Évaluation Statistiques) montrent que des conditions de vie et des habitudes défavorables ont des répercussions sur la santé. On sait par exemple qu’il y a davantage d’enfants en surpoids chez les classes ouvrières que chez les cadres. D’autres pourraient venir prendre place dans le tableau. C’est pour cette raison qu’un infirmier a été affecté dans chaque établissement du second degré en REP et qu’il intervient aussi dans les écoles maternelles et élémentaires du réseau. Si la visite médicale de la 6ème année est bien souvent compromise du fait du manque de médecins scolaires, une consultation infirmière permet au moins d’échanger avec la famille, avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative sans oublier les intervenants dans le cadre de la politique de la ville.
On voit bien que la santé devient l’affaire de tous. Pourtant, force est de constater que, dans les territoires situés en Éducation prioritaire, les dispositifs médicaux ne répondent pas aux besoins des habitants. Malgré cette lacune, les acteurs tentent de mettre en place un diagnostic territorial de santé et des réseaux coordonnés de santé. La volonté de travailler ensemble existe. Même si la mise en œuvre est complexe et si l’on ressent parfois un sentiment d’impuissance sur le terrain, il est nécessaire de continuer à mobiliser tous les acteurs de la communauté éducative autour de ces questions de santé.
Compte rendu rédigé par Brigitte d’Agostini

Voir aussi l’enregistrement vidéo de l’intervention

Voir ci-dessous le powwerpoint présenté pendant la Rencontre

Documents joints



  • Powerpoint - 2.2 Mo

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