> 5 - TYPE DE DOCUMENT, ACTEUR, POSITION - PROTESTATION > POSITION > Autres positions : association, journaliste, observateur, personnalité > Le traitement médiatique de l’actualité éducative (notamment sur les (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Le traitement médiatique de l’actualité éducative (notamment sur les établissements de banlieues populaires), entretien de VousNousils avec Daniele Manesse (Paris3)

4 mai 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

« Certains médias parlent de l’école sans la connaître »

Professeure travaillant sur les questions liées à l’école, Danièle Manesse a vu le traitement médiatique de l’actualité éducative se dégrader au cours de sa carrière. Entretien.

Danièle Manesse est professeure émérite de sciences du langage à l’Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle.

[...] Y aurait-il une désinformation au sujet des établissements de banlieues populaires ?
Cette désinformation résulte d’une vision préalable dramatisante. En banlieue, il y a certes des classes difficiles mais aussi des classes et des élèves qui marchent très bien ! J’ai vu des classes tenues d’une main de fer avec des profs experts, qui travaillent en équipe et qui s’intéressent aux enfants sans brader l’enseignement. Dans bien des médias, il y a un regard homogénéisant sur ces établissements. Quand on ne connaît pas, on lisse la réalité. Cette représentation dramatisante des établissements, ça participe de la peur des pauvres, dont on parle depuis le 19ème siècle (par exemple par Victor Hugo). Parce que l’on sait qu’il y a des casseurs qui brûlent des voitures la nuit de Noël, parce que l’économie de la drogue fait des ravages, que des enfants décrochent… mais il n’y a pas que cela !

On est également stupéfait du désordre dans l’information sur certains thèmes. Par exemple, concernant la langue et son enseignement, il y a eu trois moments de passion médiatique sur l’enseignement du français l’année dernière où il s’est dit parfois n’importe quoi : l’une contre des rectifications orthographiques mineures vieilles de 25 ans, l’autre sur le mot “prédicat” dans les programmes et une campagne sur l’écriture inclusive…Dans chacune, l’école est impliquée voire mise en cause.

Les réseaux sociaux aident-ils à la propagation de cette désinformation ?
journaux -

Oui, comme sur tout sujet, ils peuvent répandre de fausses nouvelles, y contribuer ; mais c’est aussi un reflet des différences de conceptions sur l’école, qui divisent également les professeurs . C’est un sujet surinvesti par les opinions !

Les médias seraient-ils globalement négatifs, en occultant les initiatives qui fonctionnent ?
Non, ça dépend, il y a des journalistes professionnels de l’enseignement. La dramatisation résulte de l’ignorance de ce métier. Je trouve très important, pour parler de l’école, de prendre le temps de le connaître et d’aller sur place à la rencontre des profs. Il ne suffit pas de poser quelques questions par téléphone à un proviseur pour comprendre le fonctionnement d’un établissement.

Il y a de moins en moins de reportages sur le terrain, et aujourd’hui, il y a trop de hâte dans l’information. Je suis fille de journaliste et je me rappelle que lorsque mon père faisait une enquête sur un sujet qu’il connaissait peu, il mettait du temps pour la faire. Aujourd’hui, il faut faire vite…Mais attention ! Il y a sur internet des sites intéressants où des professionnels de l’école analysent des situations. De même que dans la presse papier, y compris dans de grands quotidiens, des journalistes spécialistes de l’éducation, informent sur l’école dans toute sa complexité.

Extrait de vousnousils.fr du 25.04.18 : « Certains médias parlent de l’école sans la connaître »

 

Sur le site OZP,
voir le mot-clé *EMI, Medias, Information/

Répondre à cet article