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"Le COD et le coquelicot", film d’animation sur France 3, l’histoire vraie de cinq ins­tits débutants dans une école difficile à Paris (en replay, 24’13)

11 octobre 2014

Le COD et le coquelicot

Disponible en replay sur Viméo

Le vendredi 10 octobre à 0h50, France 3 a pré­senté un court film d’animation inti­tulé "Le COD et le coque­li­cot". Il raconte de façon artis­tique l’histoire vraie de cinq ins­tits dans une école difficile.

Fiche

Ce soir, France 3 pro­gramme (un peu tard ! [0h 50]) dans "Libre Court" un film d’animation dédié à l’école, "Le COD et le coque­li­cot". Réalisé par Jeanne Paturle et Cécile Rousset, ce film ori­gi­nal et esthé­tique retrace l’histoire de cinq jeunes pro­fes­seurs des écoles affec­tés pour leur pre­mier poste dans une école dif­fi­cile de Paris.

On peut lire sur le Blog L’Instit Humeurs de Francetvinfo que ce film raconte com­ment ces ensei­gnants, "cinq hommes de moins de trente ans — ce n’est pas ano­din — vont s’investir ensemble et faire fonc­tion­ner pen­dant des années une école répu­tée ingé­rable, sous le regard atten­tif de Cécile Rousset et Jeanne Paturle", res­pec­ti­ve­ment pro­fes­seur d’arts visuels et ani­ma­trice des acti­vi­tés péri­sco­laires de l’école. Au fil de leurs conver­sa­tions avec leurs col­lègues ensei­gnants, elles décident un jour de "recueillir leurs pro­pos, puis d’en faire un film". Le film est ainsi un condensé des pro­pos des ensei­gnants sur cinq ans, à par­tir de 2009, indique le Blog documentaire.

S’il met en avant la déter­mi­na­tion et l’implication totales des pro­fes­seurs dans leur tra­vail, le film n’en montre pas moins les cruelles réa­li­tés : scènes de vio­lence, situa­tion de détresse sociale extrême des élèves, ou encore sou­ligne le Blog L’Instit Humeurs, le fait "que la simple des­cente des esca­liers consti­tue un vrai tra­vail col­lec­tif et néces­site presque une fiche de pré­pa­ra­tion, sans quoi les élèves partent en vrille avant d’être arri­vés dans la cour... ".

Alors pour­quoi un coque­li­cot ? "Ca m’affecte que per­sonne dans ma classe ne sache ce qu’est un coque­li­cot " dit un des ins­ti­tu­teur dans le film, et se demande-t-il, à quoi bon connaître le COD, si l’on ne sait même pas ce qu’est un coquelicot ?

Extrait

Extrait de vousnousils.fr du 09.10.2014 : A voir ce soir : "Le COD et le coquelicot", film d’animation sur le métier d’instit

 

[...] Le film dit aussi ces soirs noirs, quand après une journée où on a senti, dès le début, que les choses nous échappaient, « on rentre chez soi en se disant qu’on ne sera pas en mesure de tenir l’année, qu’on s’est trompé, on n’est pas capable de faire ce travail ». Comment prendre le recul, garder le cap, montrer aux élèves qu’on n’est pas dépassé par les événements, et construire quelque chose, avec eux, patiemment ?

Ce sentiment d’impuissance, aussi, face à certains élèves qu’on voit souffrir : « Comment tu veux qu’il soit heureux ? Il est en classe et il ne comprend rien. Il ne supporte pas le travail, les gamins en train d’apprendre ça le rend fou ; lui il est en CM1 et il ne sait pas lire ».

Au détour d’une scène, forte, la violence fait son apparition, une baston figurée par des traits de pinceaux rouges et animés (le film, collage sonore et plastique, est bourré de trouvailles visuelles), musique oppressante en toile de fond. « Ces enfants ont des problèmes tels qu’ils ressortent partout où ils vont, et donc, forcément, à l’école », ainsi cet élève « pris dans une espèce d’histoire familiale, à cause du poids des grands frères dans le quartier, qui sont plutôt des caïds, et lui n’arrive pas trop à se défaire de ça ».

Car tout est question de regard, au fond, regard des autres enfants, regard aussi des adultes : « Des fois les gamins peuvent avoir envie d’une sorte de regard vierge sur eux, qui ne prendrait pas en compte le fait qu’ils ont un parent alcoolique ou en taule. Il faut respecter ce barrage, il est tout à fait légitime ».

On sourit quand un des instits dit, dans un passage édifiant – on sourit parce qu’on se rappelle s’être dit la même chose, il y a des années, dans un ailleurs semblable, mais à l’époque on n’avait pas envie de sourire – que la simple descente des escaliers constitue un vrai travail collectif et nécessite presque une fiche de préparation, sans quoi les élèves partent en vrille avant d’être arrivés dans la cour…

A mesure qu’avance le film, on perçoit que, malgré leur volonté et leur détermination, les jeunes instits se heurtent au réel, laissent derrière eux leurs illusions, les idéaux pédagogiques : « Je ne crois plus du tout à ce qui est différencié. Je ne crois pas qu’on peut aider ceux qui n’ont pas compris en leur filant du travail particulier. Je l’ai fait, j’ai passé beaucoup de temps à ça, mais je me suis rendu que ceux qui ne comprenaient pas avaient des problèmes si vastes que ce n’était pas une question de remédiation ponctuelle et de didactique pour moi ». [...]

Extrait de blog.francetvinfo.fr du 08.10.2014 : "Le C.O.D et le coquelicot", enseigner dans une école difficile

 

Corrosif, le contexte social, psychologique, familial, use, et désabuse.

Entretien avec Jeanne Paturle

[...] Et il se trouve que ces profs ont beaucoup d’humour. Quand on discutait pendant les pauses, il y avait des bons moments de rigolade pour détendre les tensions… [...]

Extrait du Blog documentaire du 07.10.2014 : « Le C.O.D et le coquelicot » : entretien avec Jeanne Paturle

 

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