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Un décret relance le Cniré (Conseil de l’innovation pour la réussite éducative). Le second rapport du Cniré

26 septembre 2016

Additif du 29.09.16
Le décret sur la relance du Cniré a été publié au BO du 29 septembre 2016

 

ADDITIF DU 17.09.16

Pour une École innovante : synthèse des travaux du Cniré 2014-2016
Rapport - Ensemble des membres du Cniré sous la présidence de Françoise Sturbaut, présidente par interim.

Pendant deux ans, de 2014 à 2016, le Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative (Cniré), a œuvré avec l’ensemble de ses membres sous la présidence de Didier Lapeyronnie, et pour ces derniers mois, sous la présidence par intérim de Françoise Sturbaut, pour rechercher et construire, in fine, 42 propositions pour promouvoir une école innovante.

Il a audité ou interviewé des acteurs du système éducatif et des élèves, il est allé sur le terrain et a suivi des expérimentations, il a puisé dans les différentes ressources (réseau Canopé, Experithèque, etc.). Il s’est décliné en six ateliers ou fabriques (trois par an) : fabrique de la coopération, de la parole, des parcours, la vie de l’élève, éducation et territoire ou encore opérationnalité des propositions.

La question du numérique mais aussi celle de la formation (initiale et continue) ont traversé chacune de ces fabriques. La réforme du collège dans ses différentes dimensions (d’interdisciplinarité, de liaison premier / second degrés, de focus sur la réussite de tous les élèves...) a été elle aussi un élément commun aux six groupes.

Le conseil a voulu se faire l’écho de ce qui se fait déjà, à bas bruit, dans de nombreuses classes, établissements ou académies, dans le service public d’Éducation nationale. Il a voulu aussi, sans modéliser ni donner d’injonction, faire des propositions pour aller plus loin ou encore tendre à généraliser des innovations qui fonctionnent. Il a voulu enfin mettre ses propositions en système opérationnel, c’est-à-dire solliciter, du plan national à l’échelle de l’établissement, tous les acteurs, qui au travers de quatre grandes thématiques – pratiques professionnelles, organisation scolaire, développement professionnel, gestion des ressources humaines- jouent un rôle dans la réussite de tous les élèves.

Le rapport du Cniré se clôt donc sur un tableau à double entrée - acteurs et thématiques - qui permet à tout un chacun de se sentir concerné quel que soit son niveau d’action. L’innovation n’est pas une fin en soi, elle génère réflexions, interrogations et recherche de nouvelles modalités ou de nouvelles pratiques. Elle est, le plus souvent, au service de problèmes auxquels elle tente d’apporter une solution enrichissante. Elle est multiple, source de bonheurs pour celui qui la pratique et celui qui la vit. Le choix du Cniré est de la rendre durable dans une École plus juste, moins figée et plus à l’écoute du terrain.
Françoise Sturbaut, présidente par interim du Cniré

Extrait de La présentation du rapport sur le site du MEN

 

En visite à Grenoble le 26 septembre, la ministre a reçu le rapport du Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative (Cnire) comme le Café l’avait annoncé. Fruit de deux années de travail du Conseil, ce rapport léger se regroupent sur trois thèmes et 66 propositions qui survolent largement les réalités scolaires...

Littérature rose
"Il ne sert à rien de préconiser sans se préoccuper des conditions du changement et de transformation durable dans le système lui-même. Dans l’innovation, il y a une composante temporelle essentielle, c’est-à-dire une nécessaire ingénierie du changement inscrite dans une durée suffisante". Clairement cette ingénierie du changement est absente du rapport du Cnire, à moins de considérer comme telle une préconisation reprise du rapport 2014 : " Développer dans toutes les académies, des équipes d’accompagnateurs des innovations et des expérimentations". Ces équipes existent déjà : ce sont les Cardie, dont le rôle est diversement apprécié.

Le rapport du Cniré met l’accent sur trois domaines. Le plus intéressant c’est "développer la coopération". Mais sa déclinaison fait l’objet d’une proposition très floue : " Faire de la coopération un enjeu et une pratique collective ; développer une culture de la coopération entre les élèves, entre les enseignants et tous les acteurs de la communauté éducative, afin que chacun assume des responsabilités et prenne des initiatives pour répondre aux défis actuels de l’école".

Le second axe traite du développement de l’oral et aboutit à 3 propositions de la même eau : "développer l’usage d’outils numériques pour favoriser l’apprentissage de l’oral... Mieux évaluer les compétences orales, de manière positive... Favoriser l’apprentissage de la parole dès le plus jeune âge, afin que les générations futures se sentent à l’aise dans les prises de paroles présentielles et vidéos". On fera grace du chapitre sur le "parcours" et la différenciation.

De nombreuses propositions relèvent du domaine des B.A. et de la psychologie positive : " Favoriser les occasions de convivialité et de plaisir d’être et de faire ensemble", " Inciter les acteurs du système éducatif à « aller voir ailleurs ", " « Vivre une semaine dans la peau d’un élève », proposer à un professeur stagiaire de suivre une semaine de cours dans les mêmes conditions qu’un élève de collège", " Faciliter la prise de fonction des nouveaux arrivants dans un établissement (débutants ou entrants), par des échanges sur les questions concrètes", " Que les professeurs devenus chefs d’établissement puissent, s’ils le désirent, conserver un service d’enseignement", "Mettre en place des « équipes d’amélioration de l’école »" par exemple. On pourra ranger au même rayon la proposition 67 qui demande d’utiliser le même mot "lycée" pour désigner les lycées généraux et professionnels.

Un rapport fort mince
On retiendra quelques propositions plus fortes. Le Cniré souhaite une gestion commune des personnels du 1er et du 2de degré dans le cadre de l’école du socle. Il demande l’entrée dans le monde scolaire "par la langue première dans les COM, c’est à dire l’enseignement en créole ou en langue locale. Il souhaite aussi l’introduction de la philosophie en série professionnelle.

Au total ce rapport, résultat de deux années, est fort mince. Cela tient aussi à son positionnement. Au lieu de s’effacer derrière les enseignants innovants, le Cnire ne sait que dire ce que l’innovation doit être. Mais sans remuer vraiment l’institution.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 27.09.16 : Un rapport pour rien ?

 

L’éducation nationale est-elle capable de susciter l’innovation en ses rangs ? A l’occasion du lancement des Instituts Carnot de l’éducation, des structures de construction de projets communs entre monde scolaire et monde de la recherche, le 26 septembre, la ministre annoncera une relance du CNIRE (Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative). Un décret publié le 25 septembre montre une ré-institutionnalisation de cette structure.

CNIRE : qui connait le sens de cet acronyme ? Lancé en mars 2013, le Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative est vite devenu une structure morte. Sa dernière apparition a eu lieu en 2014 où le CNIRE a publié un rapport sur l’inspection. Depuis son activité s’est limitée à un communiqué de soutien à la réforme du collège.

En mars 2013, G Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative à l’initiative du CNIRE, nous avait dit que " Le conseil encouragera les gens qui n’osent pas affronter la hiérarchie". Elle avait fixé u cadre au conseil : la réussite éducative dans les quartiers populaires. Et organisé l’équilibre à l’intérieur entre ses membres pour que ce cadre soit présent : siégeaient au conseil le DG de l’Agence nationale de cohésion sociale, un préfet à l’égalité des chances aux cotés des représentants de différents ministère.
"Notre conseil traite de la réussite éducative. C’est pour cela qu’on a confié la présidence à un sociologue qui ne travaille pas pour et sur l’éducation nationale, à quelqu’un qui connait bien les quartiers populaires. Il aura un regard extérieur sur ce que l’éducation nationale doit faire pour assurer la réussite des jeunes en difficulté. Nous avons voulu quelqu’un qui ait une totale liberté de pensée, quelqu’un qui ne soit pas du sérail", précisait-elle.

Pourquoi modifier le Cnire ?
Cet équilibre est modifié par un décret publié le 25 septembre. Le texte diminue le nombre des membres hors éducation nationale pour renforcer celui des chefs d’établissement secondaire et faire entrer le directeur de l’ESEN et un directeur d’ESPE. Il associe le Conseil supérieur des programmes et le Conseil Economie Education (CNEE) aux travaux du Cnire.

Pourquoi ces modifications ? L’initiative de N Vallaud-Belkacem a probablement plusieurs origines. D’abord la commande de F Hollande. Le 8 septembre, le président de la République a lancé le thème de l’innovation pédagogique. "L’ambition qui doit nous guider, c’est de permettre à l’école d’accomplir pleinement sa mission, en la rendant plus juste, plus innovante, plus ouverte sur la société, parfois plus autonome même pour décider de ce qu’elle a à engager", a-t-il déclaré.

Mais une autre urgence accompagne ce mouvement. La rentrée st marquée par plusieurs livres à succès qui dénoncent l’immobilisme de l’Education nationale et se présentent, souvent à tort, comme porteurs d’innovation. Le ministère réagit à cette pression en se portant sur ce sujet.

En même temps, la ministre annonce vouloir confier à un universitaire, ancien membre du HCE, François Taddei, une mission "afin qu’il propose de nouveaux modes d’organisation et de coordination pour développer et piloter des politiques de recherche et d’innovation dans notre système éducatif".

Ce qui compte c’est comment l’innovation arrive
L’histoire des rapports entre l’innovation et le ministère de l’éducation nationale a toujours été compliquée. Un premier conseil, le CNIRS, n’avait pas survécu à l’alternance politique et à Luc Ferry. Jugé trop indépendant, le ministre l’avait fait passer sous contrôle de la Dgesco ce qui avait entrainé sa disparition.

Le Cniré a toujours été sous contrôle de la Dgesco qui en assure le secrétariat. Le renforcement de la part des fonctionnaires du ministère va le renforcer et l’isoler davantage des acteurs sociaux.

Pourtant l’innovation pédagogique est bien présente dans les classes. Le Café pédagogique en donne chaque jour des témoignages. Mais elle a de la peine à exister officiellement dans un ministère avec une culture hiérarchique aussi forte que l’Education nationale. Elle est aussi confondue avec les expérimentations officielles. Enfin elle doit faire face au mythe des "bonnes pratiques" duplicables qui sévit rue de Grenelle.

"Ce qui compte c’est comment l’innovation arrive", a écrit l’OCDE dans une réflexion de 2014. "Le déficit de pouvoir donné au acteurs de terrain explique l’échec de nombreuses innovations", expliquait Dirk Van Damme, responsable de l’innovation à la Direction de l’éducation de l’Ocde. Pour lui, le controle bureaucratique accentué dans les systèmes éducatifs peut conduire à des changements temporaires mais s’oppose au changement durable. Pour permettre l’innovation, les ministres doivent trouver de nouvelles façons de diriger que la voie bureaucratique, estime l’OCDE...
François Jarraud

Le décret (JO du 25 septembre 2016)

Extrait de cafepedagogique.net du 26.09.16 : La ministre ressuscite le Cniré

Voir aussi
A Grenoble, Najat Vallaud-Belkhacem annonce, outre la relance du Cniré, la création officielle des instituts Carnot de l’éducation pour rapprocher la recherche et le système éducatif

Le second rapport du Cniré (26 sept. 2016, 34 p.)

Le Cniré sur le site OZP

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