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"Attention au roman scolaire de la réforme de gauche", tribune de Jérôme Martin, historien, dans Le Monde de l’éducation

17 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Débats sur l’école : « Attention au roman de la réforme scolaire de gauche »
TRIBUNE
Jérôme Martin
Professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis, historien de l’éducation, chercheur associé au CRTD-CNAM

« Les mythes, totems et simplifications historiques peuvent empêcher de réfléchir sereinement aux questions scolaires », prévient, dans une tribune au « Monde », l’enseignant et historien de l’éducation Jérôme Martin.

Tribune. Comme souvent dans les périodes préélectorales, tribunes, appels ou collectifs commencent à fleurir depuis quelques semaines pour appeler à une vraie politique de gauche. Le système scolaire n’échappe pas à ce marronnier, bien au contraire. Un texte récent publié par Libération le 29 janvier sous le titre « Jean Zay, reviens vite, ils sont devenus fous ! » en fournit un nouvel exemple. Car à côté du roman national que les historiens déconstruisent régulièrement, il en existe un autre, le roman de la réforme scolaire de gauche, avec aussi ses mythes, totems et simplifications historiques, qui peuvent empêcher de réfléchir sereinement aux questions scolaires d’aujourd’hui.

Le texte mobilise à plusieurs reprises le terme générique d’« école » (« Notre école va mal », « L’école devrait être une promesse d’égalité sociale et d’émancipation pour tous les enfants », « bâtir le projet d’une école démocratique, progressiste, laïque, républicaine »), qui charrie toutes sortes de représentations mythiques et, finalement, joue le rôle de mot écran.

[...] Des questions importantes sont trop souvent négligées dans les débats : le chantier de l’école primaire, le projet d’un collège davantage affranchi du modèle du « petit lycée », l’articulation du système scolaire aux enjeux de formation professionnelle et de qualification, l’articulation entre le secondaire et le supérieur, l’élaboration d’une culture commune, y compris technique, à tous les élèves du primaire à la fin du secondaire, le relâchement de la pression sélective qui mine le système scolaire, la mise en œuvre d’une orientation éducative.
Derrière la question scolaire se profile finalement la question sociale, surgie brutalement avec les « gilets jaunes » : celle des promesses non tenues de la démocratisation scolaire. Plutôt que d’en brandir le drapeau à la veille d’échéances électorales, cherchons plutôt, modestement, à en tisser les formes et les couleurs par la démocratisation du débat sur le système scolaire avec l’ensemble des usagers et des acteurs.

Extrait de lemonde.fr/education du 16.03.21

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