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Le point sur l’apprentissage (Conseil des ministres) - Le confinement a modifié le rapport des élèves au lycée professionnel et les taux de décrochage (interview ToutEduc)

18 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

L’apprentissage se maintient aux niveaux CAP et baccalauréat (Conseil des ministres)

Brigitte Klinkert a présenté au Conseil des ministes de ce 17 mars un bilan "positif" de l’apprentissage. En 2020, "le nombre d’apprentis a progressé de 40% par rapport à l’année 2019" et dépasse "le seuil symbolique de 500 000 contrats, en y incluant le secteur public". La ministre déléguée chargée de l’insertion précise que "le nombre de contrats au niveau bac et infra bac s’est maintenu en volume" et que la croissance "nette" de l’apprentissage (c’est-à-dire hors substitution des contrats de professionnalisation), "est tirée par l’enseignement supérieur, et notamment le niveau bac+2 qui compte pour le tiers de cette augmentation.

Elle ajoute que la loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" simplifie la procédure de création de centres de formation d’apprentis : "au mois de mars de cette année, 2 326 centres CFA ont fait une déclaration d’activité" contre 950 précédemment. L’augmentation du nombre des apprentis s’explique aussi par la substitution des contrats d’apprentissage aux contrats de professionnalisation et par la mise en place de la prime à l’embauche d’apprentis "dans le cadre du plan #1jeune1solution, financée par France Relance".

Brigitte Klinkert précise que c’est après avoir "pris en considération l’avis des partenaires sociaux" que le Premier ministre a annoncé le maintien jusqu’à la fin de l’année des primes exceptionnelles à l’apprentissage et pour les contrats de professionnalisation. Des "actions ciblées" sont par ailleurs envisagées pour poursuivre la promotion de l’apprentissage cette année, "notamment dans le secteur sanitaire et médico-social ainsi que dans le monde associatif et sportif" tandis que "les possibilités d’accueil d’apprentis dans la sphère publique seront développées".

 

Extrait de toutEduc.fr du 17.06.21

 

Le confinement a modifié le rapport des élèves au lycée professionnel, et les taux de décrochage (interview)

Alors que le ministère publie aujourd’hui les IVAL (indicateurs de valeur ajoutée) permettant d’évaluer les "qualités" des lycées en 2020, et la presse d’en tirer de nombreux"palmarès des lycées", ToutEduc a choisi de s’intéresser au décrochage en lycée professionnel, une réalité complexe tant il relève de multiples facteurs et divers aspects (personnes sans aucune formation ou emploi, personnes quittant le système scolaire..). En lycée professionnel, selon les chiffres de l’Education Nationale pour 2019, il aurait atteint 19% en fin de première CAP, 10% en seconde professionnelle et 11% en fin de première.

Avec la pandémie et une année 2020 troublée, hachée (confinement, ponctuation de présentiel/distanciel), les conséquences pour les élèves pourraient s’être encore aggravées. Pascale Le Flem, proviseure à la cité scolaire Beaumont-Redon (lycée Général, Technique et Professionnel, académie de Rennes) donne son témoignage.

ToutEduc : A quoi attribuez-vous le décrochage habituellement ?

Pascale Le Flem : Il existe plusieurs facteurs : certains élèves n’ont véritablement pas choisi leur section, c’est plus un choix par défaut, il n’ont pas eu les formations qu’il souhaitaient, parfois même, sans projet d’orientation bien réfléchi, ils ont choisi une formation à proximité de leur domicile, et après ils se rendent compte qu’ils sont là par hasard. Dans ces cas-là ça fonctionne très rarement.

En général il y a environ 1 à 2% de départs précoces (décrochage), sur 500 élèves cela représente entre 5 et 10 élèves.. Le phénomène se voit au fil de l’eau, dans le courant de l’année, et nous tentons d’aider les jeunes à se réorienter assez vite, notre travail est alors de leur trouver une place dans une formation adéquate.

ToutEduc : Comment cela s’est passé l’année dernière avec la pandémie ? Il y a eu beaucoup de décrochage, c’était catastrophique ?

Pascale Le Flem : Oui c’était assez catastrophique, les jeunes ne s’en sortaient pas (avec le confinement et le distanciel, ndlr), il nous a fallu leur apporter beaucoup de soutien, mais la reprise des cours à la fin de l’année a sauvé la situation et ça leur a permis une prise de conscience sur la nécessité d’être à l’école. Ceux qui n’étaient pas en dernière année sont revenus, dès qu’ils pouvaient ils revenaient.

ToutEduc : Cette année, paradoxalement, le ministère parle d’une forte baisse du décrochage en lycée professionnel à la rentrée (13,4% en fin de première CAP, 7,8%, en fin de seconde professionnelle et 8,6% en fin de première). Confirmez-vous cette tendance et comment l’expliquez-vous ?

Pascale Le Flem : Je ne peux parler que pour mon lycée, mais effectivement, nous constatons une diminution du décrochage en lycée professionnel. Nous avons privilégié le présentiel depuis la reprise de septembre, même pendant le second confinement, tous les élèves sont présents à l’atelier et le plus possible pour les enseignements des disciplines générales, afin qu’ils n’en voient pas les effets sur leur quotidien.

Pendant le premier confinement, les jeune ont mieux compris l’intérêt d’aller au lycée. Mais paradoxalement à cette prise de conscience, s’est ajoutée une plus grande pression : les parents comme les élèves sont davantage soucieux que tout soit au mieux, tout doit faire objet de justification. Par exemple si un enseignant est absent, les parents réagissent très vite, veulent savoir si c’est une absence qui risque de durer, si on met en place du distanciel, ils ont peur d’un retour au confinement. Ils veulent savoir si leurs enfants seront prêts pour les examens, se tournent vers nos équipes pédagogiques. Il y a une demande de performance, et même de l’anxiété chez certains jeunes et parents.

ToutEduc : Sentez-vous d’autres difficultés dues à la pandémie que l’on verrait arriver cette année ?

Pascale Le Flem : Nous recevons beaucoup plus qu’auparavant les échos des difficultés dans les familles, les personnels infirmiers et sociaux reçoivent des demandes d’aide qui vont bien au-delà du domaine scolaire, les élèves se confient davantage aux enseignants. L’établissement scolaire est l’institution la plus présente sur le terrain, l’école redevient le lieu du lien collectif et plus que jamais, le lieu privilégié du lien social et pas seulement éducatif.

Les données du Ministère de l’Education nationale sur les taux de sorties de la voie professionnelle ici

Extrait de touteduc.fr du 17.03.21

 

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