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Laïcité. La misère du débat public sur l’école (après l’audition de Jean-Pierre Obin au Sénat (Les Cahiers pédagogiques)

21 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Misère du débat public sur l’école
Le mercredi 10 mars 2021, la commission de l’éducation, de la culture et de la communication du Sénat auditionnait Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, dans le cadre de l’examen de la « loi séparatisme ». Olivier Vincent réagit ici aux propos tenus pendant cette audition, et notamment à son postulat que ce serait à l’État de dire quels sont les auteurs et les références acceptables dans la formation des enseignants en matière de laïcité.
Depuis son rapport de 2004 sur « les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires », Jean-Pierre Obin répète sur la scène médiatique que l’école de la République serait menacée par le fondamentalisme religieux de certains élèves. Il reprend les mêmes anecdotes, les mêmes situations depuis une quinzaine d’années.

Ce fut encore le cas devant les sénateurs lors de son audition du 10 mars dernier, sans qu’il ne dise un mot des recherches empiriques récentes menées sur le sujet des religions ou de la laïcité en milieu scolaire. Hélas, son point de vue est désormais ancré dans le débat public.

[...] LE FORMATEUR, SIMPLE AGENT D’EXÉCUTION ?
Dans le continuum de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, cette immixtion du politique dans le champ de la formation des enseignants nous interpelle. Le formateur est tenu pour un simple agent d’exécution des politiques ministérielles. Pourtant, dans l’enseignement supérieur, la notion de liberté académique est centrale. Elle pose le principe d’une autonomie de la recherche et d’une liberté de parole des enseignants. Pareillement, « penser, concevoir et élaborer » sont trois des compétences centrales du référentiel de formateur de l’Éducation nationale.

Rappelons enfin que la liberté pédagogique est inséparable de l’indépendance intellectuelle. C’est le gage d’une vie des idées dynamique. Et ce principe d’indépendance, comme le pluralisme des façons de former ou de faire la classe, nourrissent, indubitablement, les progrès des Inspé comme de l’école.

Olivier Vincent
Professeur Lettres-Histoire en lycée professionnel et formateur académique (Aix-Marseille)

Extrait de cahiers-pedagogiques.com du 20.04.21

 

Jean-Louis Bianco : « Une laïcité de contrôle risque de s’imposer »

Alors que le très controversé projet de loi dit séparatisme arrive au terme de son examen parlementaire, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la citoyenneté, veut mobiliser la société civile et organise, à compter du 20 avril, des « Etats généraux de la laïcité ». Ils dureront jusqu’à l’été, avec l’ambition de « toucher la jeunesse », via notamment une consultation sur la plateforme make.org. L’occasion de recueillir l’analyse de Jean-Louis Bianco, président, jusqu’au 4 avril dernier, de l’Observatoire de la laïcité que l’exécutif a décidé de supprimer. Sans langue de bois, il tire le bilan de ses 8 ans de mandat, et s’inquiète de l’évolution de la perception de la laïcité dans la société française.

Clap de fin ! Après huit ans de mandat, Jean-Louis Bianco a quitté la présidence de l’Observatoire de la laïcité, le 4 avril dernier. Une page se tourne pour l’homme politique socialiste, ex-secrétaire général de l’Elysée pour François Mitterrand, qui aura incarné, en tandem avec Nicolas Cadène, la défense d’une laïcité s’inscrivant dans les règles de droit en vigueur.

Crée en 2007 par Jacques Chirac, l’Observatoire de la Laïcité pourrait vivre ses derniers jours. Son sort est désormais entre les mains de Jean Castex.
L’occasion de revenir sur son bilan, mais aussi sur l’hystérisation du débat public autour du respect de la loi de 1905. Depuis 2013, Jean-Louis Bianco, aidé de son rapporteur général, d’une vingtaine de bénévoles et de ...

Extrait de lagazettedescommunes.com du 20.04.21

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