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B* Découverte de la science avec les blobs [petites créatures unicellulaires] à l’école REP+ Garcia Lorca à Vaulx-en-Velin (entretien du Café avec l’enseignant)

22 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Avec le blob à la découverte de la science à l’école

2000 classes de primaire, collège et lycée étudient le comportement du Physarum polycephalum, plus communément connu sous le nom de blob. Avec l’appui du CNES – Centre National d’Études Spatiales - et du CNRS, les classes participantes sont invitées à mener la même expérience que celle menée en micropesanteur par Thomas Pesquet à bord de l’ISS, la station spatiale internationale. Thomas Héniart et Bruce Demaugé-Bost, tous deux enseignants de cycle trois, l’un à l’école Notre Dame de la Paix de Calmont (Haute Garonne), l’autre à l’école élémentaire REP+ Federico-García-Lorca de Vaulx-en-Velin (Rhône), ont inscrit leurs élèves, transformés le temps d’une année scolaire en apprentis scientifiques du CNRS.

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Bruce Demaugé Bost : Une initiation à la démarche scientifique

Pour Bruce, travailler sur les blobs n’est pas nouveau. Déjà en 2017, à la suite de la lecture du livre d’Audrey Dussautour « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans jamais oser le demander », il avait proposé à sa classe d’élever des blobs. Avec ses 24 élèves, il a donc renoué avec ces petites créatures unicellulaires. « J’ai retrouvé avec plaisir le soin que certains d’entre eux peuvent prendre de leur boîte de pétri, la recherche de noms amusants - Blob Marley, Dumbleblob, Blob l’éponge, Voldeblob, Harry Blobber...-, le test de différents aliments, la gestion des tentatives d’évasion des blobs - qui adorent sortir de leur boîte, les échanges sur l’anthropomorphisme et ses limites... Au passage, cela nous a permis de vérifier l’importance du lavage des mains car la gélose d’agar-agar sur laquelle le blob se déplace facilement ne pardonne guère les contaminations : on en est quitte pour récupérer le demi-blob d’un camarade plus soigneux. On a finalement affaire à une sorte de Tamagotchi 2.0 que l’on peut rendormir, sous forme de sclérote, et, avec un peu de chance, réveiller quelques semaines plus tard, tout en s’initiant en douceur et avec un imprescriptible droit à l’erreur à la méthode scientifique, sur un sujet inconnu de la plupart des adultes ». En complément des expérimentations proposées par le CNRS, Bruce et ses élèves ont placé quatre sclérotes dans une boîte en carton équipée d’un smartphone qui prenait des photographies toutes les dix minutes pendant une semaine. « Nous avons pu ainsi observer la poussée, les déplacements et le retour à l’état de sclérote des quatre blobs, en essayant de nous rapprocher du protocole utilisé par Thomas Pesquet dans l’ISS. Dans deux boîtes de Petri les blobs n’avaient rien à manger et dans les deux autres ils pouvaient se déplacer d’un flocon d’avoine à un autre ». Tout comme les élèves de la classe de Thomas, les cycles trois de Bruce ont pu échanger avec les autres classes investies dans le projet #ElèveTonBlob.

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Une expérimentation en deux temps

« Il s’agit de deux expériences baptisées « exploration » et « exploitation ». La première consiste à observer le comportement d’un blob dans une boite de pétri à la recherche de nourriture. La seconde, porte sur le développement du blob quand il exploite plusieurs sources de nourriture. L’avantage, c’est que le blob se développe extrêmement rapidement et que l’on peut observer les premiers résultats en moins de 24h. Cependant, c’est un organisme parfois capricieux qui préfère les milieux sombres et humides. Il a donc fallu lui prévoir un espace dédié à l’intérieur d’un carton pour qu’il se réveille dans de bonnes conditions » explique Thomas. Grâce à Twitter, et à l’hashtag #elevetonblob, les élèves de Thomas et Bruce, et des autres classes participantes, peuvent régulièrement discuter et comparer leurs résultats. « Nous avons également pu poser nos questions à Audrey Dussutour qui y a très gentiment répondu. Beaucoup de classes ont fait l’expérience cette semaine car c’est le moment prévu pour la publication des premiers résultats obtenus dans l’ISS. Cela permet d’être dans l’actualité. En réalité, on a quelques semaines de délai pour réaliser les expériences ou se lancer dans d’autres manipulations qui sont également proposées. Une mise en commun des résultats obtenus dans les classes participantes est prévue et le CNRS devrait publier les résultats une fois qu’ils auront été passés en revue » ajoute Thomas.

Élève ton blob est donc un projet particulièrement riche mais aussi propice à une entrée dans les apprentissages par l’expérimentation. Évidemment lié aux sciences en cycle 3, les deux enseignants nous expliquent travailler aussi la lecture et la production d’écrits, en rédigeant le compte-rendu d’expérience par exemple. « Certains élèves se sont retrouvés surpris de devoir faire de la géométrie pour tracer les cercles sur les papiers filtres que l’on devait découper pour mettre dans les boites de pétri. C’est un projet qui invite à la curiosité et au transfert de compétences, et je pense que nous sommes encore loin d’en avoir fait le tour… » conclut Thomas.

Lilia Ben Hamouda

Extrait de cafepedagogique.net du 20.10.21

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