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"J’écris donc je pense", dossier de Fenêtres sur cours, octobre 2021, Fenêtres sur cours

29 octobre 2021 Version imprimable de cet article Version imprimable

J’écris donc je pense,
Fenêtres sur cours, n° 477, 08.10.21
pp. 14-19

Alors que la place de la production d’écrits fluctue dans les programmes, chercheurs·ses et PE soulignent le rôle essentiel de cet enseignement complexe dans la construction de la pensée de l’enfant et la réduction des inégalités scolaires et sociales.

[...] Face à cette situation, les recherches menées en sciences de l’éducation peuvent constituer des pistes permettant aux PE d’affiner leur pratique professionnelle. « Écrire, c’est tout à la fois maîtriser un geste physique et technique (graphier), maîtriser une langue et sa construction (l’orthographe, la grammaire…), mobiliser des connaissances, construire une pensée structurée, être créatif… », selon Nathalie Mons, présidente du Centre national d’étude des systèmes scolaires (CNESCO) (page 16).
« L’écriture est le plus puissant des moyens pour organiser et penser le monde », estime l’autrice Danielle Alexandre ajoutant que les écrits scolaires permettent à l’enfant d’apprendre à construire « une pensée ordonnée et un rapport exigeant au
monde… » (page 19).
Les élèves progressent davantage quand ils écrivent beaucoup. Il est nécessaire que,
dès le début, ils écrivent tous les jours et même plusieurs fois dans la journée. 14 dossier dossier 15

EN CP, ON ÉCRIT DEUX FOIS MOINS QU’ON NE LIT Cette étroite interrelation entre lecture et écriture est, par ailleurs, soulignée par le professeur des Universités Roland Goigoux, qui a piloté la recherche « Lire et écrire au CP » (page 15).
Si les PE sont convaincus des apports de la production d’écrits sur la construction
de la pensée de l’enfant, ils éprouvent toutefois souvent des difficultés à dégager le temps nécessaire pour ce travail essentiel. Ainsi, Roland Goigoux a observé que les élèves de CP écrivent presque deux fois moins qu’ils ne lisent. Selon une étude réalisée en 2016 par son équipe, 4 heures et 11 minutes seulement sont consacrées pour les activités d’écriture. Seul un tiers de ce temps est dédié à la production écrite.
« Il existe des études qui ont évalué l’effet, sur l’apprentissage de la production écrite, des différentes manières de l’enseigner, affirme le professeur Jacques Crinon. Un des enseignements est que les élèves progressent davantage quand ils écrivent
beaucoup. Il est nécessaire que, dès le début, ils écrivent tous les jours et même plusieurs fois dans la journée » (page 17).
Sur le terrain, les exemples visant à replacer la production d’écrits au cœur du
travail pédagogique ne manquent pourtant pas. Ici, les élèves écrivent les mots
d’imagiers, là, ils légendent une expérience scientifique. Ailleurs, ils produisent des articles pour un journal ou LIRE ET ÉCRIRE, ENSEMBLE
Contre l’intuition selon laquelle l’apprentissage préalable de la lecture conditionnerait la rédaction écrite, la recherche montre comment lire et écrire sont pris dans
une relation d’élaboration réciproque. Dès la maternelle, la pratique de l’écriture tâtonnante favorise l’appropriation du principe alphabétique. Elle est considérée
comme un bon prédicteur pour l’apprentissage de la lecture par le Centre national d’étude des systèmes scolaires (CNESCO).
Plusieurs recherches soulignent également l’étroite inter-relation entre lecture et écriture. Pour André Ouzoulias, professeur agrégé honoraire et psychopédagogue,
« quand l’enfant est en situation d’émetteur, pour pouvoir exprimer sa pensée par écrit, il est conduit à s’approprier le langage écrit dans toutes ses dimensions. »* Écrire beaucoup, souvent et de manière diversifiée renforce ainsi les apprentissages. De même, passerdu temps à planifier une tâche d’écriture puis revenir sur l’écrit
produit améliorent significativement la compréhension des textes lus. * Article pour le Nouvel Éducateur, disponible sur le site Alain Savary. ©Millerand/NAJA

Pour Jacques Crinon, l’écrit est, en outre, un moyen pour l’enfant de mieux appréhender la société. « L’écrit marque une rupture avec le registre de l’expérience
et de l’immédiateté et fait accéder à un rapport au monde plus distancié et réflexif,
nécessaire aux apprentissages scolaires, observe-t-il. C’est un enjeu particulier si
l’on veut réduire les inégalités socio-scolaires, certains enfants y sont familiarisés
dans leur milieu familial, mais d’autres ont besoin de l’école pour le découvrir ».

Extrait de snuipp.fr du 08.10.21

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