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La situation des écoles à Marseille et le plan Macron (Le Café)

18 novembre 2021

Le premier ministre annonce une garantie d’emprunt pour les écoles marseillaises
Le premier ministre confirme le 16 novembre une subvention de 254 millions, déjà incluse dans la loi de finances 2022. Il annonce une garantie d’emprunt de 850 millions pour la réhabilitation des 174 écoles marseillaises. La mairie avait estimé la dépense totale à 1.2 milliard. La réhabilitation sera pilotée par une société crée spécialement associant la ville et l’Etat. Les autres points des annonces d’E Macron restent encore à préciser les déclarations de la Ville , de l’Education nationale et de l’Elysée ne concordant pas exactement.

Extrait de cafepedagogique.net du 17.11.21

 

Plan Macron : Cacophonies à Marseille
A Marseille "le plan 50 écoles" voulu par E Macron décolle mal. Non seulement les syndicats et de nombreux enseignants n’en veulent pas. Mais aussi la cacophonie règne chez les porteurs du projet. La Mairie et l’Etat ne sont pas d’accord sur l’embauche des enseignants par les directeurs. Le recteur, l’Elysée et le ministre de l’Education nationale portent des projets qui ne sont pas vraiment concordants. Sur le terrain, l’opposition est toujours déterminée même si elle souhaite aussi plus de transparence...

L’annonce du 2 septembre

" On doit pouvoir aller plus loin... En fait, donner plus de liberté en même temps qu’on donne plus de moyens. Il faut qu’on ait des directeurs d’école à qui on permet d’avoir un peu plus d’encadrement. Il faut que ces directeurs d’école ils puissent choisir l’équipe pédagogique... On doit permettre peut-être d’avoir des aides en plus des enseignants en plus, d’être doté de moyens, d’adapter les rythmes scolaires pour les enfants, de penser le temps sportif différemment grâce aux infrastructures qu’on veut aussi mettre en place, de penser le temps culturel à côté de l’école différemment et de permettre de le faire, et en quelque sorte d’avoir une équipe qui n’est pas simplement faite d’enseignants mais de pouvoir d’abord choisir les enseignants qui y sont, être sûr qu’ils sont pleinement motivés, qu’ils adhèrent au projet, ce qui est je crois normal parce que c’est dur, et de pouvoir aussi y associer des acteurs extrascolaires qui partagent l’objectif", annonçait E Macron le 2 septembre.

Emmanuel Macron voulait révolutionner l’Education nationale en multipliant des écoles à projet pédagogique particulier, portées par de vrais patrons qui choisiraient leur équipe. C’était introduire en France les Academies britanniques ou les Charters Schools américaines, une forme de privatisation de l’école publique. Et il ne faisait pas mystère de sa volonté d’étendre le modèle au delà de 50 écoles marseillaises de l’éducation prioritaire.

Un début de mise en oeuvre

La réaction ne se fit pas attendre. 40 écoles marseillaises Rep ou Rep+ concernées par le projet présidentiel appelaient le 22 septembre à refuser l’expérimentation. Une pétition hostile au projet a été signée par plus de 2000 enseignants marseillais. Le Snuipp Fsu, le Se Unsa, la Cgt Education marquaient dès le 6 septembre leur opposition ou leurs distances avec le projet.

Deux mois plus tard, l’Etat a commencé à mettre en oeuvre le projet. Un préfet en charge du plan a été nommé. Et un crédit de 254 millions a été adopté par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de Finances 2022 comme aide de l’Etat à la réhabilitation des écoles marseillaises. La Mairie a présenté le 11 octobre son plan de rénovation des écoles, portant sur 174 écoles pour 1.2 milliard.

Cacophonie sur le choix des professeurs

Mais, si la réhabilitation des écoles semble bien partie, il en va tout autrement pour la libéralisation de l’école publique voulue par E Macron.

Le 30 octobre, le maire PS de Marseille, Benoît Payan, fait connaitre son opposition au choix des enseignants par les directeurs d’école. "Les directeurs d’écoles qui recruteraient leur équipe pédagogique c’est une mauvaise idée. Je le lui ai dit (à E Macron). Je crois que c’est une idée oubliée. Ca ne se fera pas", déclare t-il.

La réponse est donnée par JM Blanquer lui-même le 8 novembre sur France Info. " Le maire de Marseille est sorti de ses compétences", dit Jean-Michel Blanquer. "C’est l’Education nationale, jusqu’à nouvel ordre, qui gère ces questions-là. Et donc, ce qu’il a dit n’est pas exact. Vous savez, en général, quand le président de la République dit quelque chose, nous le faisons derrière. Nous faisons un travail pour que cette expérimentation se fasse au service des élèves. On va créer des postes à profil pour les écoles concernées. Mais le plus important c’est d’avoir un projet éducatif école par école".

Cacophonie sur le nombre de projets

Et voilà qu’on entre dans d’autres cacophonies. Le ministère aura t-il assez de projets pédagogiques ? Apparemment il en aurait reçu 62. Mais il n’est pas certain que tous viennent d’écoles pouvant prétendre au projet Macron, c’est à dire des écoles prioritaires. Et il n’est pas certain que toutes aillent au bout du projet. D’abord parce que dans certaines écoles, le directeur seul a construit le projet sans rien dire à son équipe. Ca ne va pas faciliter les choses... Ensuite parce que la demande de retour des projets a été si rapide que beaucoup sont bâclés.

Mais ce n’est pas le seul problème. Selon Virginie Akliouat, secrétaire départementale du Snuipp Fsu des Bouches du Rhône, il apparait, à l’issue du CTA qui s’est tenu le 9 novembre, des contradictions dans la gestion du projet.

Selon le recteur, les 50 écoles retenues dans le cadre du plan Macron, doivent obligatoirement être des écoles concernées par le plan de réhabilitation. Or cela n’avait pas été précisé lors de l’appel à projet. On connait déjà au moins une école ayant répondu à l’appel qui est une école neuve et donc en dehors du plan. Il y en a peut-être d’autres.

Cacophonie sur le type de postes

Plus grave, l’Elysée et le ministère de l’éducation nationale se semblent pas d’accord sur la désignation des postes dans les écoles du plan Macron. Le préfet nommé par l’Elysée parle de "postes à exigences particulières". JM Blanquer de "postes à profil". La procédure de nomination n’est pas la même : dans le premier cas un barême et une liste, dans le second un candidat par poste. Dans les deux cas, la volonté du président, que le directeur participe au choix, devrait être respectée.

A l’heure actuelle on ne connait pas encore le nombre des écoles qui seraient concernées par le projet Macron. On parle de 18 écoles pour la rentrée 2022. Encore faudrait-il que l’opposition syndicale faiblisse. Or, Virginie Akliouat nous l’assure : "on ne démord pas de l’abandon de ce projet".

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 12.11.21

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