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Deux collèges REP et REP+ de Sévran lauréats du concours d’éloquence sur l’égalité entre les filles et les garçons (Semaine de l’égalité, mars 2022)

4 mai

La semaine de l’égalité entre les filles et les garçons à l’école 2022 : retour sur des actions menées en Seine-Saint-Denis

La première édition de la Semaine de l’égalité entre les filles et les garçons à l’école https://www.education.gouv.fr/semaine-de-l-egalite-entre-les-filles-et-les-garcons-l-ecole-annonces-partenariats-et-evenements-340607 s’est tenue du 7 au 11 mars dans les écoles et les établissements scolaires de toute la France. Elle avait pour objectif de renforcer la mobilisation autour du respect du droit des femmes dans les classes, et par là, l’éducation à l’égalité dans toutes ses dimensions : éducation contre les représentations stéréotypées, éducation au respect mutuel, sensibilisation aux enjeux de mixité et d’égalité professionnelle, sensibilisation à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Vers une plus grande prise en compte des droits des femmes

En 1977, les Nations Unies officialisaient la Journée internationale des droits des femmes et invitaient "Tous les États à proclamer […] un jour de l’année Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale". En France, c’est en 1982 que la journée du 8 mars fut célébrée pour la première fois.

Depuis cette reconnaissance au niveau international, nombre de droits ont été acquis mais restent encore aujourd’hui fragiles. Et c’est là tout l’enjeu de cette semaine de l’égalité entre les filles et les garçons à l’école : sensibiliser dès le plus jeune âge à l’égalité des sexes afin que disparaissent les stéréotypes et leur poids, notamment dans le contexte scolaire en ce qui concerne l’orientation et la réussite des élèves.

Des collégiens de Sevran défendent les droits des femmes avec éloquence

Mme Kuehn, directrice académique adjointe en charge du dossier "Valeurs de la République et construction citoyenne" a assisté, vendredi 11 mars 2022, à la finale d’un concours d’éloquence proposé aux élèves de 3e volontaires de la ville.

Ce concours d’éloquence est initié par l’association Sunshine http://sunshineasso.org/#aboutSun qui agit au niveau de la commune pour la promotion des droits des femmes, l’égalité femmes-hommes et pour prévenir les violences sexistes.
Le concours a pour objectif de libérer la parole des jeunes, de les encourager à s’impliquer et à agir pour l’élimination des comportements sexistes et de lutter contre les violences faites aux femmes.
Il s’inscrit dans le cadre du dispositif des cités éducatives, une mesure gouvernementale qui consiste à fédérer les acteurs éducatifs dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (parents, services de l’État et des collectivités, associations, habitants).

L’action est ambitieuse : il s’agit pour des adolescents d’apprivoiser l’art de s’exprimer avec aisance tout en convainquant un auditoire sur un sujet difficile : celui des droits des femmes. Au-delà du rôle de locuteur, ils doivent également devenir acteurs de leur discours.

Pour le collège [REP] Georges Brassens de Sevran, c’est déjà la 3e participation au concours sous l’impulsion de Mme Busson, enseignante de français, et, cette année, un autre collège de la ville a décidé de se joindre à l’aventure : le collège [REP+] Evariste Galois, dont les élèves de 3e ont été guidés par Mme Haurat, formatrice en communication.
Cette année, la finale du concours d’éloquence était donc une finale inter-collèges.

Les hommes doivent-ils être féministes ? Les féministes sont-elles des folles hystériques ? Distribution des sujets

En début d’année, les élèves volontaires ont découvert les sujets, et chaque mercredi après-midi, pendant 2h, ils ont organisé la structure du discours qu’ils allaient présenter – les arguments ont été dans un 1er temps discutés en commun puis chacun a travaillé sur son propre sujet.

Les sujets de cette année étaient :
 La journée de lutte pour les Droits des femmes le 8 mars est-elle encore nécessaire ?
 L’égalité des sexes est-elle possible ?
 Faut-il continuer le mouvement "metoo" ?
 Les femmes doivent-elles élever seules les enfants ?
 Le corps de la femme lui appartient-il ?
 Les hommes doivent-ils être féministes ?
 Les violences faites aux femmes sont-elles encore taboues dans notre société ?
 Les féministes sont-elles des folles hystériques ?
 Une société matriarcale peut-elle voir le jour ?

Une fois le discours organisé, chaque élève a dû appprendre à le jouer et à le faire vivre. Pour ce faire, ils ont été assistés d’un comédien professionnel, J.C. Allais de la compagnie Roquetta, très heureux de "se mettre au service des élèves" et de voir des acteurs naître sous ses yeux : "une expérience magique".

Une vingtaine d’élèves a pu ainsi éprouver le pouvoir des mots et travailler les compétences de l’oral, tout en s’engageant dans une réflexion sur l’égalité fille-garçon et plus largement sur la défense des droits des femmes.

"Avant j’étais timide, je n’osais pas prendre la parole"
La grande finale s’est tenue à la salle des fêtes de Sevran. À l’intérieur de la salle, l’ambiance était détendue même si on sentait l’importance que revêtait cet évènement pour les élèves et les équipes pédagogiques des deux collèges en lice.

Les participants des deux précédentes éditions étaient également au rendez-vous : ils ont eu envie de revivre ce moment particulier qui leur avait tant apporté au niveau personnel : « Avant, j’étais timide, je n’osais pas prendre la parole, ce concours m’a beaucoup aidé dans ma vie », « Cela m’a aidée à créer des liens, à travailler en collaboration, j’ai rencontré des gens vers qui je ne serais pas allée naturellement » ont raconté Amar et Julie. Les mots de Fatima, la grande gagnante de l’année dernière qui avait ému tout le public, ont dit tout le chemin parcouru : ses propos étaient fluides, clairs et posés alors qu’il y a deux ans Fatima ne parlait pas encore français.

D’anciens élèves qui sont maintenant au lycée étaient venus en coup de vent : « Je vais à l’entraînement, mais je voulais dire bonjour ». On sentait combien l’évènement avait contribué à resserrer les liens entre les équipes éducatives et les élèves, à leur créer un parcours de vie en commun.

Neuf participants, des talents neufs

Mme Naoussi, la fondatrice de l’association Sunshine, a ouvert la finale de l’édition 2022 du concours en soulignant tout le travail effectué en amont par les jeunes participants.
Se sont alors enchaînés les discours des 5 filles et 4 garçons des collèges Brassens et Galois.

Étonnant, étonnant d’entendre s’exprimer avec autant de détermination des voix aussi jeunes, d’entendre leurs discours aussi structurés, de constater la capacité des élèves à transmettre des émotions sur des sujets aussi sérieux, de les voir incarner leur sujet avec autant de facilité.
Les registres étaient variés, les voix affirmées, les élèves avaient même appris à "jouer les blancs", ils ne se sont pas laissés décontenancer par un trou de mémoire et ont suivi le fil de leurs propos. Ils étaient convaincus et donc convaincants et surtout impressionnants d’assurance.

L’émotion du public était palpable devant ces jeunes talents en herbe qui savaient si bien susciter l’émotion ; et c’était là la magie de ces jeunes orateurs : une sincérité qui faisait toute la force de leurs discours. Les voix étaient jeunes mais les propos étaient matures et les arguments sonnaient même encore plus fort quand ils interpellaient leur audience :
 "À votre avis, est-ce la faute des femmes qui ne prennent pas le temps pour elles ou celle des hommes qui ne prennent pas leurs responsabilités ?"
 "Où sont passés les pères ? Ou plutôt les géniteurs ?"
 "Mais jusqu’à où la société va nous forcer à être des citoyennes parfaites dans un monde imparfait ?"
 "N’oubliez pas que vous êtes une femme et que votre corps vous appartient !"
 "Nous sommes en crise ! Pendant que les femmes se battent, les hommes en profitent !"
 "Moi, ce que je veux, c’est qu’on avance main dans la main, vers un monde d’égalité hommes-femmes."
 "Être une femme, ça parait très compliqué, et il y a vraiment de quoi devenir folle et hystérique !"
 "Nous les hommes, levons-nous et prenons la flamme que la femme nous tend. Donnons le pouvoir aux femmes que l’on aime et qui nous aiment."

Les yeux des équipes éducatives qui avaient encadré les élèves brillaient de fierté. Lors de la proclamation des résultats par le jury composé de membres de la ville, de l’éducation nationale et du milieu associatif, Mme Kuehn a remercié les élèves pour leur engagement et pour le rappel des valeurs qui doivent être portées par tous, ensemble.

La gagnante de l’édition 2022 est Christivie, du collège [REP+] Evariste Galois, dont le sujet était : "Les violences faites aux femmes sont-elles encore taboues dans notre société ?"
► Extrait du discours de la gagnante du micro d’or du concours d’éloquence Sunshine 3e édition
https://tube-creteil.beta.education.fr/videos/watch/d66de27f-9d18-489a-82f1-987a80c0b9b4

Pour M. Marchal et M. Campos, chefs d’établissement des collèges Brassens et Galois, cette soirée est venue confirmer une décision qui était pour ainsi dire déjà prise : oui, leurs classes participeront à l’édition du concours d’éloquence 2023.

Mme Kuehn remet son diplôme à Christivie, accompagnée de M. Marshal et M. Campos et la grande gagnante du micro d’or avec Mme Naoussi.

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