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Témoignages d’enseignants quittant l’Education nationale, et de personnes du privé devenues enseignants

4 août

TÉMOIGNAGES. "La France ne mérite pas ses profs..."

Enseignantes, elles ont décidé de quitter l’Éducation nationale

Trois enseignantes ou professeures franc-comtoises ont accepté de répondre à nos questions et nous expliquent pourquoi elles ont choisi de quitter l’Éducation nationale.
Témoignages.

- "Lorsque je suis entrée dans l’Éducation nationale, j’étais très heureuse l’année où j’étais stagiaire : classe à mi-temps, tuteur disponible, école et collègue sympas... J’ai déchanté dès ma 1e année" confie Clarisse*, enseignante franc-comtoise en disponibilité de l’Éducation nationale depuis maintenant deux ans pour préparer sa reconversion, avant une démission prochaine.
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"Des enfants rois, qui ne reconnaissent pas l’autorité de l’enseignant et ne le respectent pas, tout simplement parce que leurs parents ne nous respectent pas. Les menaces de certains parents, les classes hétérogènes, trop d’ailleurs", détaille-t-elle, citant des exemples concrets notamment sa dernière classe de CE1-CE2, composée d’élèves en grande difficulté, parfois violents, associés à certains enfants porteurs de handicap, dyslexiques ou avec des troubles de l’attention.
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Clarisse, enseignante future démissionnaire de l’Éducation nationale

- Quitter l’Éducation nationale et changer de métier, c’est aussi le choix de Nina*, ancienne enseignante dans le professionnel dans l’académie de Besançon. "Il y a énormément de raisons qui m’ont poussées à quitter l’Éducation nationale. Principalement le sentiment d’être inutile, nous explique-t-elle. On est maltraités par l’institution, qui donne toujours plus de tâches, plus de responsabilités, des élèves de plus en plus difficiles ou en difficulté, sans qu’on ait aucune aide, ni aucune reconnaissance."
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Je reste très solidaire de mes collègues enseignants, et je suis très inquiète de ce qui est fait dans l’Éducation nationale et pour l’avenir de nos enfants. C’est une inquiétude permanente. La France ne mérite pas ses profs.

Nina*, ancienne enseignante

- Caroline* a également souhaité répondre à notre appel à témoignages. Elle est professeure certifiée de français en Lettres Modernes. Elle se dit "usée" à cause du stress, du manque de sommeil et de la fatigue que génèrent ses conditions de travail.

La particularité de son poste au sein de l’Éducation nationale engendre des difficultés supplémentaires. Elle est ce qu’on appelle dans le jargon "TZR", c’est-à-dire titulaire en zone de remplacement. "J’adore mon métier, mais à bientôt 45 ans je n’arrive pas à me fixer dans un établissement à cause des suppressions d’heures et de postes. J’ai enfin obtenu un poste "fixe" il y a 4 ans, mais c’était en fait un tiers de poste, voué à être supprimé. Je ne savais pas que ça existait auparavant" explique-t-elle.
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Extrait de france3-regions.francetvinfo.fr du 28.07.22

Pourtant, à 40 ou 50 ans, repartir de zéro , diviser son salaire par deux - voire plus -, relève du petit parcours du combattant. Ces habitués du travail d’équipe et du système évaluations/promotion/rémunération se retrouvent face à un métier aux antipodes, solitaire et où les évolutions de carrière et de salaire se jouent essentiellement à l’ancienneté.

Alors que trouvent-t-ils au bout du chemin ? Où trouvent- ils la reconnaissance et la motivation ? Que reste t-il de leur ancien monde ? Les témoignages de ces reconversions plus ou moins réussies - épanouissement pour les uns, désillusion pour les autres - viennent souvent balayer nombre d’idées reçues. Le métier d’enseignant serait même, à certains égards, assez proche de celui de chef d’entreprise voire de la profession libérale.
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Extrait de 19.07.22

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